Rencontre avec Irvin Yalom

Si vous ne le connaissez pas encore, j’aimerais partager avec vous l’interview d’un de thérapeutes que j’admire profondément.

C’est une star aux États-Unis. À 80 ans, Irvin Yalom, psychiatre, psychothérapeute, essayiste et romancier, continue de consulter et d’écrire du fond de son fief californien, à Palo Alto. Rencontre avec un des papes de la psychothérapie contemporaine qui ne souhaite pas être un thérapeute distant.

L’un de vos textes les plus connus en France, un essai qui s’intitule « Thérapie existentielle », développe cette notion que vous avez créée et que vous utilisez dans votre pratique de thérapeute. Pourriez-vous expliquer de quoi il s’agit ?

La thérapie existentielle n’existe pas en tant que telle. Pour la pratiquer, il faut maîtriser plusieurs techniques et être sensible aux questions existentielles, à savoir : que signifie vivre ? Comment affronter la mort ? Comment trouver un sens à sa vie ? Comment accepter l’idée que, même si vous avez réussi à faire couple avec quelqu’un, vous mourrez seul, de la même manière que vous êtes venu seul au monde ? Si vous commencez à vraiment réfléchir à votre propre existence, vous en arrivez forcément à ces questions de la mort, de l’isolement et du sens de la vie. La thérapie existentielle, c’est cela : se pencher sur ces questions métaphysiques dans le cadre d’une thérapie. J’ai toujours été passionné par la philosophie, pas celle qui se préoccupe de logique mathématique, mais celle qui se penche sur la question du sens de la vie. Et je ne vois pas pourquoi philosophie et psychothérapie devraient être opposées. Toutes deux se préoccupent des mêmes enjeux essentiels.

Est-ce que la prise en compte de ces questions métaphysiques a modifié votre pratique et les rapports avec vos patients ?

Absolument. Si vous avez en tête l’idée que nous, humains, sommes tous embarqués dans le même bateau, que nous sommes tous confrontés à la perspective de notre disparition, alors vous empruntez une route différente en tant que thérapeute. Je ne suis pas détaché, neutre. Je m’engage avec le patient. J’essaie de comprendre exactement ce qu’il veut dire, de le conseiller sans pour autant jouer le rôle de guide spirituel. Mon objectif n’est pas de laisser les gens céder à la tentation de la soumission à un être « supérieur », à une idéologie ou à une religion. Il ne s’agit pas d’enchaîner, mais de libérer en dialoguant.

Quelques informations  en français où vous pouvez trouver le lien vers son site d’auteur en anglais : http://www.mondalire.com/yalom_irvin.html#hp

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