La Papesse

Le Bateleur, au commencement de sa quête, taraudé par toutes ses questions, se présente devant le premier maître, La Papesse. Cette rencontre évoque notre première relation, celle avec notre mère, qui déterminera nos rapports futurs avec les autres.

La Papesse représente l’éducatrice, celle qui apprend à apprendre. Dans ses mains un livre, couleur chair. Le livre de la vie, déjà écrit en partie (l’incarnation, le lignage, le karma), dont nous ne pouvons rien effacer, uniquement transformer car si nous effaçons, nous nous privons de ce que nous avons déjà expérimenté. Si nous transformons, nous devenons co-créateurs. 

Et La Papesse dit au Bateleur : « il n’y a que dans ton corps de chair que tu pourras faire toutes les expérience de la vie et apprendre à te connaître ».

Les réponses, nous les avons dans la peau mais personne ne peut expérimenter à notre place, vivre pour acquérir des connaissances. Agir, poser les actes, s’éprouver.

La Papesse va transmettre les clefs mais c’est à nous de trouver la bonne serrure. Elle nous donne la culture, le savoir, le support, la théorie mais la pratique nous incombe.

Enseigner, c’est « rendre seigneur », il n’y a que l’expérience vécue qui apportera la véritable co-naissance, celle qui nous appartiendra.

Elle nous permet  de naître au monde, nous accompagne, pour nous rendre libres, telle une mère qui doit se séparer de son enfant, par amour, pour le rendre autonome.

Sa coiffe déborde dans l’invisible, c’est une prêtresse, une initiée et une initiatrice. Le voile blanc parle de son expérience de celle qui protège le sacré dont elle connaît les Lois.

Elle lève le voile devant celui qui est prêt à recevoir mais le cache pour en protéger l’histoire sacrée devant les profanes.

« Si tu demandes en toute sincérité, je te le dis, sinon, je garde le livre et je remets le voile. »

La Papesse est représentatrice du pouvoir intemporel.

Dans le mal vécu : n’exister qu’à travers quelqu’un, ne pas avoir de destin personnel car c’est l’autre qui donne un sens à ma vie. L’autre est tout pour moi ou bien c’est un ennemi.

Repli sur soi, fuite devant la relation ou bien l’agressivité, les conflits. Les donneurs des leçons, les ignorants, ceux qui s’occupent des affaires du voisin vivent leurs vies par procuration.

Ici encore, ce ne sont que quelques généralités de cette Lame qui ne sera jamais vécue de la même façon par différentes personnes..

La place qu’elle occupera dans un thème, comme ses interactions avec d’autres Arcanes déterminera aussi ma manière de l’interpréter.

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10 réflexions sur “La Papesse

  1. La Papesse
    tient le livre, le livre de chair, en connaissance, le voile devant l’épaule droite, mais l’autre voile derrière l’épaule gauche, parce qu’il faut demander pour le lire et parce que la connaissance doit passer d’abord par le cœur et y revenir après.
    À droite un linge blanc sur l’épaule, pour les mystères et le tout possible.
    La Papesse rêve et réfléchit mes rêves.
    Son intelligence harmonieuse a sondé et pour le coup dompté les forces aveugles.
    Peu de décor : sobriété, rectitude de la maison blanche où l’on respire la propreté, le croisement en biais des branches de manifestation. La beauté du « tout est bien » en toute rigueur et en toute justice (colonne de gauche), la beauté peut alors s’épanouir dans le cœur de bonté (colonne de droite).
    Sophia est habillée (la nuque, couverte de blanc sans hachures, la poitrine cachée) mais nue pour qui demande à soulever les deux voiles : révélation. Elle est habillée de rigueur et d’amour.
    La Papesse est bien assise dans ma maison de terre. Son dossier est solide. La Papesse féconde l’esprit de l’homme en connaissance. Elle garde et entretient le Livre dans le secret,
    Telle la Vierge Noire, La connaissance est nourriture pour l’esprit lorsque le cœur la féconde et la vivifie. Elle permet le meilleur choix possible. La liberté si blanche et le choix du chemin, pourvu que la volonté soit rendue juste et bonne par la voie cardiaque, voie privilégiée pour accéder à la prière, chemin de retour vers la divinité.
    la tiare à deux étages, l’un rouge (manifestation de la vie) l’autre vert (émeraude divine, réceptacle du non révélé en propension divine) comme son complément, et le troisième étage qui donne accès là-haut.
    Cette lame respire, cette lame marie, cette lame apaise, cette lame recouvre notre vie terrestre du manteau de l’amour divin. J’ai ressent si souvent ce mouvement de nuit chaude, quand elle recouvre amoureusement la terre, en mon paysage intérieur. Je me trompe peut être mais pour moi c’est plus la nuit (à cause de la féminine lune), que le jour (le soleil dans ce cas précis, même si l’aurore monte doucement, je le ressens trop vif )
    Encore une fois quel enchantement.

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    • Chère Prunelles, ton ressenti et ta description de la Lame m’émerveillent encore. Tu as trouvé TA Papesse et elle est magnifique. Belle comparaison avec la Vierge Noire et sa symbolique si profonde, surtout à travers son lien avec Isis.
      A ce propos il me vient toujours la nouvelle de Gérard de Nerval où un chevalier très fier se présente devant la déesse qui lui dit : « Je suis Isis la Grande et personne n’a jamais soulevé mon voile ». Le chevalier le fait tout de même et recule, effrayé car derrière, il voit son propre visage.
      Ce fut un enchantement pour moi que te lire, comme d’habitude, tu rends les Arcanes si vivants.
      Merci, ma douce et toute ma tendresse.

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  2. la papesse, la maternité, celle qui rend féconde la vie…
    un repère, de l’affectif, un tuteur pour bien grandir…
    une proposition, un enseignement, les premiers pas…
    je comprends pourquoi je n’ai pas grand chose à dire sur elle : elle m’est évidence, pas une leçon à apprendre ou apprise, elle était déjà là !
    souvent, je la mets ensemble avec l’impératrice (je passe la voir juste après !), ne me demande pas pourquoi, pour moi, elles sont inséparables !
    donc tu vois, je ne peux mettre que quelques mots sur cette carte, c’est tout
    sourire
    et puis il y a des cartes qui me parlent, d’autres pas, et ça fait quand même plus de vingt ans que je ne les ai pas fréquentées, ceci explique sans doute cela !

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    • Il est normal que certaines Lames te soient plus familières car tu les as assimilées à ta façon et tu les vis pareil.
      Comme cette Papesse que tu vois comme une mère tout d’abord. Elle l’est, bien sûr mais c’est aussi une initiatrice pour l’enfant ou bien pour l’Homme.
      Elle veille à ce que l’enfant grandisse mais elle doit aussi savoir le libérer, pour qu’il puisse vivre sa vie en autonomie, ce qui ne rompt en rien le lien de l’amour.

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