La psychothérapie existentielle d’Irwin Yalom

La psychothérapie existentielle de Yalom se fonde sur quatre enjeux essentiels : l’angoisse de mort, la liberté, l’isolement fondamental de l’être humain et l’absence de sens existentiel.

La fréquentation de patients dont le pronostic vital est engagé a donné la conviction à Irvin Yalom qu’une réflexion sur la mort, loin d’appauvrir ou de causer une dépression chez le patient, lui apprend la valeur de la vie et lui redonne même le goût de l’existence.

Il est nécessaire de parler de la mort et de bien diagnostiquer, quel que soit le mécanisme de défense qui peut la rendre moins évidente, l’angoisse de mort.

L’épreuve de la liberté passe par la reconnaissance de sa propre responsabilité. Admettre que notre vie n’est pas le seul fait d’une contingence qui nous échappe apporte à l’être humain confiance en lui et stabilité.

Le déterminisme de la psychanalyse freudienne qui rend ses patients victimes d’un passé sur lequel ils n’ont aucune prise est ici mis en défaut. Prendre conscience de ses problèmes ne suffit pas, selon Yalom, à donner à l’individu l’élan du changement ; seule la reconnaissance de sa responsabilité peut provoquer l’impulsion nécessaire.

Mais l’exercice de cette liberté responsable peut engendrer un profond sentiment de culpabilité, en nous donnant pleine conscience de nos échecs, aussi la réponse thérapeutique consistera à prévenir et à modérer les extrêmes que sont l’impuissance apathique d’un côté, la surpuissance culpabilisante, de l’autre.

La prise de conscience de l’isolement fondamental permet également à l’être humain de se construire : « notre sentiment de futilité, de vulnérabilité et de solitude décroît alors que, paradoxalement, nous commençons à appréhender que chacun de nous est fondamentalement vulnérable et seul face à l’indifférence cosmique ».

Dans une société où la surconsommation donne un sentiment de satisfaction que l’on peut répéter indéfiniment, apprivoiser cette vulnérabilité est difficile : cela induit la remise en question des artifices dont nous nous entourons pour éviter cet isolement.

La vie a-t-elle un sens ? La réponse à cette inexorable question révèle l’influence de notre culture. La vision occidentale contemporaine impose un pragmatisme matérialiste, la réussite d’une vie s’évaluant dans l’accomplissement, la réalisation ou le travail. La philosophie orientale, en revanche, préconise une expérience d’harmonie avec la nature.

Irvin Yalom suggère que la solution est peut-être de substituer à cette quête illusoire de sens un engagement relationnel. L’investissement altruiste ou tout acte d’interaction, en diminuant notre angoisse et faisant taire notre questionnement sur le sens de la vie, sont selon lui des sources de bonheur potentiel.

 Cet essai est un outil précieux pour le futur thérapeute existentiel. D’une façon pragmatique, Irvin Yalom énonce les quatre notions essentielles et les théories de l’école existentielle, avec une évidente simplicité. L’esprit français, naturellement défiant vis-à-vis de la clarté pédagogique, ne manquera pas de soupçonner cette approche intuitive de simplifier abusivement cette approche clinique. Se pourrait-il que le métier de vivre ne soit pas plus compliqué que cela ?

 

 

 

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