Arouna Lipschitz : Des clés pour mieux aimer

Arouna Lipschitz, écrivain et « philosophe de la relation », a longtemps été professeur de yoga et swami (femme prêtre dans la culture indienne). Elle enseigne aujourd’hui la « Voie de l’amoureux », qu’elle décrit notamment dans son livre 52 Clés pour vivre l’amour (éd. Dervy).

De la case départ (chagrins et plaisirs d’amour) à l’accomplissement des « amants pour la vie », qui ne cessent de se quitter et de se retrouver, en spirales ascendantes, elle y trace les grandes étapes d’une nouvelle carte du Tendre, illustrée par les calligraphies de Luc Templier.

Entre ces deux extrêmes, se déploient toutes les étapes intermédiaires : préparer le terrain quand on rêve d’une rencontre, la transformer en relation, cultiver l’éros, dépasser « la grâce hormonale » pour que ça dure, renoncer à la perfection, se jouer des obstacles, faire bon usage des crises, oser la rupture, apprendre à bien se quitter…

En ces temps de « consommation rapide », le moment n’est-il pas venu d’accorder un véritable statut à l’amoureux ? De prendre au sérieux l’éros, la pulsion amoureuse qui nous habite, de trouver sage finalement d’ajouter un parfum d’infini au plaisir ?

Nouvelles Clés : Ce n’est pas votre premier livre sur l’amour…

Arouna Lipschitz : Non, mais les autres étaient un peu plus autobiographiques, alors que celui-là ressemble plus à une synthèse, à une série de petites clés sur la carte du chemin amoureux. L’idée m’est venue par Nicole Lattès, qui me disait qu’il était temps, que j’avais l’âge d’aider les gens à mieux vivre la relation amoureuse.

C’était dur, parce que j’aime écrire et travailler mes textes comme des romans, alors que là, il m’a fallu sortir la boite à outils. Aider les amoureux sur la nouvelle Carte du Tendre. J’ai puisé dans mon histoire personnelle, sans compter mon parcours psychanalytique, mon chemin spirituel, tout ce que j’ai appris et compris sur la relation amoureuse.

N.C. : Il y a 52 clés, une par semaine, et on parcourt une rencontre entre un homme et une femme de bout en bout. Ça commence par la partie « Avant la rencontre », qui offre dix clés. Puis vient la partie « De la rencontre à la relation »…

A.L. : Parce que souvent on gâche ses rencontres, parce qu’on n’arrive pas à transformer la chance qu’on a eue, parce qu’on a peur, parce que mille et une raisons et que donc il y a un passage très délicat, pour aller de la rencontre à la relation. Ensuite, « Comment faire durer une relation » ou comment faire qu’elle demeure une relation amoureuse dans la très longue durée. L’usure du temps nous interpelle beaucoup.

Comment maintient-on l’éros, comment on maintient une vraie relation pendant cinq, dix, vingt ans. Puit vient l’état de crise, parce qu’il n’y a pas de relation sans rupture, changement à l’intérieur du couple. Quelquefois il faut rompre pour recommencer plus haut ailleurs, pris dans une spirale ascendante. Et c’est vrai qu’on ne peut pas faire l’économie du « bon usage des crises », pour reprendre la formule de Christiane Singer.

N.C. : Reprenons quelques exemples. Une des premières cartes, c’est « Aimer, ça s’apprend ».

A.L. : Ah, c’est le credo de base ! Si on prend le livre, si on pense que l’amour n’est qu’une question de battement de cœur et que certaines personnes sont douées de naissance, on confond alors l’amour initial et la vraie conjugaison du verbe aimer au quotidien. C’est vrai que l’amour ne se force pas et nous tombe dessus. Savez-vous que l’expression « tomber en amour » est entrée dans le Littré et le Grand Larousse ?

On commence donc par tomber en amour. Mais on n’est pas tout de suite un amoureux ! Pour le devenir, et maintenir cette pulsion amoureuse, qui est la traduction même du mot éros, tout le long d’un chemin, là, il faut apprendre le verbe aimer au quotidien. Je trouve que ça devrait être inscrit dans les programmes de toutes les écoles. C’est de l’apprentissage et de l’aide à la relation. Ça s’apprend, oui.

N.C. : Je me souviens d’une conversation avec une femme plus âgée que moi, quand j’avais 25 ans, qui me disait que c’était plus facile à comprendre pour une femme que pour un homme…

A.L. : Tout à fait ! Alors là, on entre dans un point très délicat que je souligne souvent : c’est vrai qu’il faudra peut-être admettre un jour que les femmes sont, pour des raisons à la fois culturelles, archétypales, biologiques, psychologiques, plus douées que les hommes dans la relation. Les hommes ont été des guerriers, des chasseurs, et ce sont les femmes qui, depuis l’origine des temps, étaient plus dans le champ relationnel.

Du coup, les femmes savent beaucoup mieux de quoi on parle quand il est question de relation. Et un homme a donc encore plus besoin qu’une femme d’accepter qu’il a à apprendre, que ça n’est pas une évidence, qu’on apprend à être en lien, à créer un lien, à l’entretenir et pas le détruire. Et là arrive la grande idée, souvent difficile à accepter, qu’un homme peut apprendre d’une femme. Votre histoire n’est pas rare. Ça donne une grande chance au couple quand un homme accepte qu’il a à apprendre d’une femme dans le domaine de la relation.

N.C. : En général, on apprend qu’il faut apprendre au moment où ça s’écroule…

A.L. : Eh bien c’est ça ! C’est donc la première clé : on apprend malheureusement plus de nos souffrances que de l’envie d’apprendre, j’allais presque dire qu’on aurait besoin d’une réflexion avant d’aller sur le terrain. Il faut préparer le terrain, mais nous n’avons pas été éduqué dans ce sens et nous n’y pensons pas spontanément. Il n’existe pas d’éducation à la relation.

N.C. : Quand ça s’écroule, on se dit : « C’est décidément une jungle bien cruelle ! » Et la réponse arrive : « Ce n’est pas une jungle, c’est un jardin. »

A.L. : Absolument. C’est tout un art de passer de la jungle au jardin. Il y a énormément de choses à apprendre et j’aime beaucoup cette métaphore naturelle. La nature obéit en partie aux mêmes lois. Par exemple, on ne peut pas récolter des roses si on a planté des orties. Si on comprend que c’est la même chose en amour, on n’est déjà plus dans le même couple. On est responsable de sa rose et de ce qu’on sème.

N.C. : De temps en temps on tombe sur une carte magique, comme celle qui dit : « Demandez, vous recevrez ! »

A.L. : J’y crois beaucoup. Très souvent, on n’est pas clair avec ses désirs, et après on s’étonne de ce qu’on reçoit ! Alors qu’il y a un jeu d’énergie d’inconscient à inconscient avec l’univers, qui fait que, quelque part ce qu’on a demandé clairement se trouve exaucé.

Si on a réussi à formuler son souhait, plus on a de chance d’entrer en résonance avec ce qu’on a attiré. De plus, je vais vous dire mieux : souvent, on refuse même de demander, parce que c’est reconnaître qu’on a besoin de l’autre et donc se mettre en situation de vulnérabilité. C’est l’une des premières règles du chemin amoureux. J’ai besoin de toi. On n’est donc pas désirant, et du coup, il ne faut pas s’étonner qu’éros se fasse des sacs de nœuds.

N.C. : On nous conseille généralement de ne pas nous retrouver « en demande », de ne pas nous avilir à mendier.

A.L. : L’idée du mendiant d’amour remonte au Moyen Age, mais c’était quelque chose de très noble. Il fallait oser mettre un genou à terre et dire : « J’ai envie, j’ai besoin, je souhaite une rencontre ! » Il ne faut pas confondre la main tendue et la main avide. C’est une attitude réceptive, ouverte, « je supplie tous les dieux de me l’amener ! » Dans mon parcours, j’ai traversé dix années de vie spirituelle, en robe orange.

J’étais dans un état de chasteté volontaire complète. Et je peux vous dire que pendant ces dix ans, personne ne m’a regardée. Pourtant j’étais dans ma trentaine et je n’étais pas la personne la moins regardable. Mais je n’ai pas attiré le moindre geste, le moindre bouquet de fleurs. Mais le jour où j’ai décidé qu’il était temps de mettre ma robe orange au placard et de vérifier ma spiritualité dans la relation amoureuse et de me remettre en quelque sorte « sur le marché », eh bien, il ne s’est pas écoulé plus de quinze jours avant que je rencontre quelqu’un, alors que j’avais déjà dépassé la quarantaine.

N.C. : Donc l’intention profonde oriente notre vie ?

A.L. : L’intention est une énergie. En hébreu, le mot qui veut dire réalisation, itgachmout, de la racine geshem, signifie que, quand la pluie tombe, elle ne s’écoule que dans le sillon qu’on a tracé, parce qu’elle va suivre la rigole. L’intention est une manière de creuser le sillon. Ça ne veut pas dire qu’il faille courir pour tout contrôler, non, on creuse le sillon et après, on attend tranquillement. Et il pleut des bénédictions – c’est-à-dire des « bonnes dictions », on a bien dit les choses et de ce fait, il y a résonance avec la réalisation. C’est quelque chose que je crois profondément.

Dans la relation amoureuse, je le vois bien. Quand on a des échecs et que des gens disent : « Au début, c’était formidable, et après ça a capoté. » On leur demande : « Qu’attendiez-vous vraiment ? », on découvre qu’ils avaient surtout besoin de consolation, ou de compensation, de soins à certaines blessures. Du coup, si la personne ne répond pas à ce besoin de guérison, on va dire : « Je ne l’aime pas. » Mais en fait, ça n’était pas de l’amour. La vraie demande était de guérir d’une part blessée.

N.C. : Mendiant d’amour peut être compris comme ça.

A.L. : Mais je vais vous dire : si quelqu’un a ce besoin et parvient à être clair avec lui, il va rencontrer la bonne personne. Ça ne sera peut-être pas une relation qui durera toute une vie et se transformera en « relation d’amour » au sens le plus sublime du terme, mais la relation de guérison aura fait son travail.

Et quand on est clair, on ne se trompe pas d’amour. Nous avons tous des blessures et il est normal de vouloir en guérir. Si on nomme juste, si l’intention est juste, si le désir est juste, on ne mettra pas du mercurochrome pour un mal de tête et on trouvera la bonne personne pour ce cycle de guérison dont on a besoin. Très souvent d’ailleurs, quand la partie blessée commence à se guérir, on voit la personne désirant s’affirmer qui part le faire ailleurs.

N.C. : Il y a plusieurs cartes sur masculin/féminin. Vous dites bien que la réalité n’est pas du tout aussi simple que le fameux partage « Mars et Vénus ».

A.L. : Non pas si simple ! Cette dichotomie ne nous aide pas, en maintenant le vieux rapport de la guerre des sexes, avec la nécessité pour les femmes de comprendre que les hommes ont besoin de s’enfermer dans leur grotte, qui aujourd’hui s’appelle Internet, et pour les hommes de comprendre que les femmes sont émotionnelles et qu’elles ont besoin de parler et, donc, ils vont leur accorder dix minutes par jours pour s’exprimer, etc.

Je trouve que ça reproduit un schéma vieux comme le monde, au lieu d’ouvrir à un renouveau de la relation, qui partirait du fait qu’on est tous masculins et féminins. Si les hommes viennent de Mars, le côté masculin des femmes vient de Mars aussi, et si les femmes viennent de Vénus, le côté féminin des hommes, vient de Vénus aussi. Un couple, c’est donc au moins deux Mars et deux Vénus, ce qui complique beaucoup l’affaire ! On est quatre, on n’est pas deux. On n’est pas duel.

N.C. : Nous sommes nombreux à ne pas nous reconnaître dans le schéma duel !

A.L. : C’est le mariage, de notre côté masculin et de notre côté féminin, qui rend chacun de nous unique. Du coup, face à l’autre, dans le couple, c’est ça qui va faire une très grande aventure, encore plus unique. On n’est plus dans des dichotomies bien cloisonnées, mais dans une quête d’harmonie jamais achevée, à l’intérieur de chacun des partenaires, et a fortiori entre eux. Il faut toute une vie pour harmoniser le masculin et le féminin, en nous et entre nous !

Et pour bien réussir votre propre mariage intérieur, il est indispensable de sortir de ces clichés Mars et Vénus ! C’est comme si on cloisonnait votre cerveau, en vous décrétant soit cerveau droit, soit cerveau gauche. Nous avons tous un double cerveau, avec une double identité psychique. Et tant qu’on ne l’aura pas reconnu, on ne pourra pas réussir ses relations.

N.C. : Une utopie se dégage, très belle, d’une humanité où la puissance serait féminine et la douceur masculine.

A.L. : Absolument et, en s’inversant, ça équilibrerait les deux. La douceur ne serait plus de la mièvrerie et la puissance ne serait plus du rapport de force dominant/dominé. À partir de là, la paix pourrait s’installer non seulement dans le couple, mais dans le monde. « Tant que le féminin sera piétiné, il ne faut pas rêver de paix conjugale, et encore moins de paix sur terre ».

C’est vrai que, quand l’homme saura reconnaître son propre féminin, il piétinera moins celui de la femme et, la guerre des sexes s’atténuant, on risque de réussir quelque chose pour la paix dans le monde. C’est pour ça que je m’intéresse à ce sujet. Pas seulement pour des raisons sentimentales. Je pense que les amoureux ont une grande responsabilité pour transformer le monde. Dans la Kabbale, on dit que quand un homme et une femme font l’amour, ce qu’ils dégagent transforme le monde.

N.C. : On pourrait prendre les 52 cartes, vous avez chaque fois quelque chose d’intéressant à dire. On va en prendre encore deux : «  La Réciprocité » et «  Refaire connaissance régulièrement ». La réciprocité, c’est la règle d’or, non ?

A.L. : Je le pense, oui. On dit que l’amour est enfant de Bohème et ne connaît pas de loi. C’est vrai, puisque ça peut nous tomber dessus et que nous pouvons nous retrouver amoureux de quelqu’un d’horrible. Par contre, une fois que l’on décide d’entrer en relation avec quelqu’un, la règle d’or, c’est en effet la réciprocité.

Donner et recevoir. Recevoir et donner. On retrouve nos deux polarités masculine et féminine : donner correspond à la première, recevoir à la seconde. Un couple où c’est toujours le même qui donne et l’autre qui reçoit, court à l’échec.

Ça donne des relations de « sauveur », de « pédagogue », de « mentor ». L’ultime réciprocité est dans l’engagement à faire plaisir. Alors, on croit toujours que ça veut dire « devoir plaire ». Mais s’il y a réelle réciprocité, on évite tous ces pièges, parce qu’on est tous les deux là, sciemment engagés à rendre l’autre heureux. La vraie réciprocité, c’est le paradis sur terre !

N.C. : C’est aussi la règle d’or en général. Même si elle est plus légitime quand on la dit négativement : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse. » Par contre, le maître de l’altérité, Emmanuel Levinas, dirait que la version positive : « Fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fasse », risque de poser un problème d’intrusion… Dans un genre beaucoup moins délicat, des hommes venus de cultures machistes se sentiraient humiliés d’accepter la réciproque !

A.L. : De toute façon, la dissymétrie n’exclut pas la différence, qu’il est indispensable de préserver. Mais cette-ci est trop souvent comprise comme un rapport dominant/dominé. De toute façon, je n’ai pas de point définitif sur la question. Je suis pragmatique : je sais que, s’il y en a un qui prend une position de dominant, ça ne marchera pas. Aucune relation ne peut durer si les protagonistes ne travaillent pas sur eux-mêmes, pour s’ajuster à la différence. Si cet ajustement est réciproque, il n’y a pas d’humiliation.

N.C. : Dernière carte : « Faire régulièrement connaissance ». Comment ? Vous avez déjà réussi ?

A.L. : C’est une règle d’hygiène (rire). C’est une discipline que je me force à avoir dans la relation. Parce que c’est vrai que dans l’habitude et le quotidien, on a vite fait de lancer à l’autre : « Je sais ce que tu vas dire, tu peux t’en dispenser, je te connais ! » Et l’autre est figé sur le mur, comme un papillon de collection. Ça ne peut pas fonctionner.

D’abord parce que c’est faux : on change tout le temps. Pourquoi ? Parce que nous vivons chaque jour mille événements, rencontres, échanges, petits ou grands, qui font que nous ne sommes pas les mêmes le soir que le matin précédent.

Même biologiquement et cellulairement, on est jamais le même. Les petits couples qui s’épuisent en deux ou trois ans, avant de partir vers de nouveaux partenaires, quelque part, ne prennent pas le temps de s’ajuster au fait que l’autre change tous les jours et donc que la routine est une illusion aussi.

Elle est réelle dans le poids du quotidien, mais si l’on comprenait cette chose profonde qui est l’impermanence générale de tout ce qui existe, eh bien, on apprendrait à prendre l’autre comme un étranger tous les jours, au lieu de le prendre pour acquis.

Alors comment fait-on pour refaire connaissance ? Par exemple en posant et en reposant des questions ouvertes : « Qu’est-ce que tu penses ? » « C’est quoi, ton opinion là-dessus ? » « Qu’est-ce que tu sens aujourd’hui ? » et non pas « Je savais que tu allais dire ça » ou « Je sais d’avance ce que tu vas dire. »

C’est très important. La règle que je propose pour cette carte-là est la suivante : plus on devient intime, moins on doit se laisser aller à la familiarité. Il faut se laver le regard qu’on a sur l’autre, comme on se brosse les dents ! Sinon, c’est très difficile de tenir dans la durée.

N.C. : Vous dites que cela peut aller jusqu’à retomber amoureux…

A.L. : Plus que ça, je dis qu’il faut oser des ruptures pour mieux se retrouver. Des ruptures subtiles. On parle beaucoup des ruptures amoureuses, mais pas des ruptures internes, invisibles de l’extérieur. Il s’agit de savoir achever un cycle avec son partenaire et passer à un autre cycle, pour repartir en spirale ascendante, plus amoureux encore.

Mais pour ça, il faut avoir le courage d’oser des ruptures, donc de vraiment se remettre en question à certains moments. Certains vont jusqu’à se séparer physiquement un petit moment, pour se refaire régulièrement des « demandes en relation ». C’est plus fin que la demande en mariage.

On se rencontre, on fait connaissance, on commence un chemin et alors on se pose la question : et si on entrait en relation ? Je pense que dans un couple, il faut oser la rupture et renouveler cette demande régulièrement. Le lien, c’est comme un élastique : à la longue, il peut devenir trop souple, alors il faut le retendre. Plus on le fait, plus ça devient subtil et délicat, et moins on a besoin de grandes bascules théâtrales, mais je pense que c’est inévitable sur la très longue durée.

Mais ça s’apprend. On oublie trop les questions ouvertes, innocentes… Il faudrait s’imaginer combien l’homme ou la femme avec qui l’on vit, en rencontrant x personnes dans la journée, a vécu de choses nouvelles, de désirs nouveaux, éventuellement très troublants.

Cela devrait titiller nos fantasmes et nous inciter à lui reposer des questions ouvertes. À rester curieux, voire un peu jaloux, au sens positif du terme : avoir envie de savoir. L’envie maintient en vie. Et l’on continue à courir derrière l’autre.

Il faut juste un minimum d’imagination, pour visualiser à distance tout ce que l’autre vit et fait, ailleurs. Et vouloir s’approcher et faire connaissance avec cette personne qu’il ou elle est dans cet ailleurs. Ces Clés ne sont pas des absolus universels, mais elles peuvent aider, donner des repères, sur la carte du parcours amoureux.

N.C. : Point subsidiaire : vous avez fait ce livre à deux…

A.L. : Oui, c’est un très beau livre, avec les calligraphies de Luc Templier, calligraphe belge, avec un dialogue permanent entre le texte et l’image. On peut méditer sur une pensée, mais aussi dans la contemplation du dessin, qui redonne le message sur le plan du subconscient, d’autant que le texte lui-même est calligraphié. Ce qui permet de faire dialoguer le conscient et l’inconscient, le cerveau droit et le cerveau gauche, le masculin et le féminin. Avec un côté ludique…

Propos recueillis par Charles Ben Aarsil pour la revue Clé

A lire aussi sur ce blog : https://tarotpsychologique.wordpress.com/2012/01/26/arouna-lipschitz/

5 réflexions sur “Arouna Lipschitz : Des clés pour mieux aimer

  1. Pingback: Pleine #lune du 27 Janvier 2013 sur les pas de la conscience d’#Eros « L'actualité de Lunesoleil

  2. Excellent article Élisabeth que j’avais manqué, pour mieux le retrouver que j’ai beaucoup aprécié malgré sa longueur
    Très intéressant aussi la conscience d’Éros; à ce propos tu sais ou il se trouve ton Éros ? , il existe sous forme d’astéroïde …

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  3. absolument magnifique, et tellement vrai, ma fille après beaucoup de souffrance vient de faire une rencontre, je lui ai fait suivre cet article il est criant de vérité, encore merci
    une belle journée à tout le monde

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    • Chère Domy,
      Merci pour votre commentaire, rien de tel que la confrontation de l’écrit avec la vraie vie. Tous mes vœux du bonheur tant mérité à votre fille…
      Belle journée à vous, toujours très touchée par vos messages

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