Marc de Smedt : Calmer nos peurs

Marc de Smedt, né en 1946, est un éditeur, écrivain et journaliste français, spécialiste des techniques de méditation et des sagesses du monde.

Chez Albin Michel, il dirige et co-dirige plusieurs collections : Spiritualités Vivantes, Espaces libres, Carnets de sagesse et Paroles de. Il dirige aussi les Éditions du Relié.

Directeur de la rédaction de la revue Clé, un magazine spécialisé dans l’exploration des traditions spirituelles qui peuvent aider chacun, croyants mais aussi incroyants, à faire le point sur les différentes sagesses, mais aussi sur la santé du corps et de l’esprit ainsi que sur l’écologie au sens large.

En entrevue avec Jacques Languirand, il a déclaré avoir été formé dans le métier par Louis Pauwels et Robert Laffont. Il a suivi un maître zen, Taisen Deshimaru de 1970 à 1981. Il est membre du jury du prix Alexandra David-Néel/Lama Yongden.

Un adage dit que la peur du mal fait plus de mal que le mal. Et Sénèque affirmait même qu’« il y a plus de choses qui nous font peur que de choses qui nous font mal ». Or, la période actuelle s’avère propice aux peurs de toutes sortes – concernant l’emploi, l’avenir, la santé de la planète et de ses habitants, le devenir de la démocratie, les tensions nationales, internationales, familiales et professionnelles.

Cette inquiétude omniprésente, faite d’un aujourd’hui instable et de la perspective de lendemains qui déchantent, crée un climat délétère, une sinistrose qui pollue nos capacités d’action et de réaction. Un vieux proverbe dit que la peur est mauvaise conseillère : elle nous rend faibles et indécis dans des situations qu’il faudrait au contraire affronter l’esprit serein, le regard clair, le courage chevillé au corps.


Peur et stress font bon ménage et pourrissent nos vies entières. Ce sont donc nos premiers ennemis, ceux qu’il faut combattre au quotidien, avec vigilance et détermination. Quelques petits trucs pour contrebalancer nos frayeurs chroniques…

D’abord, apprendre à respirer. Dès que l’on se sent perturbé, voire paniqué par une angoisse, remarquer combien notre respiration se bloque et la rendre à nouveau fluide, ample, réelle. Respirer en conscience a un effet salutaire, dès que des pensées grises ou noirâtres nous envahissent. Ensuite, il faut savoir se donner des moments personnels de ressourcement et mettre le holà à la sarabande des activités, conversations, e-mails et autres sollicitations de la course folle qui mène nos vies.

Il est vital de se ménager des instants de pause pour retrouver le calme et pratiquer un quelconque exercice qui nous aère, au propre comme au figuré. Peu importe l’activité : méditative, sportive, culinaire, ludique – choisir celle qui nous fait du bien et nous ancre dans notre corps.

Déposer le fardeau de ses préoccupations – ce qui ne signifie pas les fuir – apporte une perception nouvelle des choses et des événements, comme si nous prenions de la hauteur pour respirer l’air pur des sommets. Une parabole orientale compare d’ailleurs tout acte de méditation et de concentration, passif ou actif, à une montagne. Celle-ci est environnée de nuages : ce sont nos agitations mentales et émotionnelles. Mais le vent, celui de notre respiration, déchire les nuages et fait apparaître du ciel bleu.

Descartes disait que se trouve en nous une « conscience qui nous fait prendre conscience de notre conscience ». Cette formule, qu’approuverait un maître zen, nous invite à savoir retrouver en nous la zone de calme qui se trouve au-delà de toutes les peurs.

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12 réflexions sur “Marc de Smedt : Calmer nos peurs

  1. Ah I am so happy that I read this! How true it is that fear sort of cuts the breath, I forget all the time that stress and fear are more evil than the evil itself, thankyou so much for introducing me to Marc de Smedt! Also, everything that you have written, it brings such peace of mind,your post reminds me that tranquility is essential 🙂

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  2. Je suis tout à fait d’accord …et je pense vivre de cette façon , mais bien entendu je ne suis pas à l’abri de « peurs » que je contrôlerais moins facilement …, disons que dans l’ensemble je me retrouve assez bien en tous cas , je ne me laisse pas gagner par les médias qui distillent un climat de peurs …sur lesquelles bien souvent nous n’avons de toute évidence aucun « pouvoir » de toute façon…alors ? à quoi bon se martyriser pour rien ?
    Oui respirons , vivons …
    Bonne soirée Elisabeth et merci …ton blog aussi est une source de découvertes.. (j’ai un ou deux livres de lui « Eloge du silence », La sagesse de l’éveil, etc)
    Bisous…

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    • Personne n’est à l’abri de la peur, Maïa, nous avons déjà assez à faire avec nos propres « démons » qu’il vaut mieux apprivoiser mais ne sommes nullement obligés d’en rajouter celles véhiculées par les médias. D’autant que c’est une politique bien orchestrée de la manipulation de masses, si bien décrite par Chomsky. Les gens sous l’emprise de la peur sont si dociles et faciles à manipuler…
      Plus que jamais, par ces temps troubles, il nous est demandé de réfléchir, trouver la force en nous, vivre, respirer, espoir garder.
      Un autre monde est en train d’émerger, celui des gens qui pensent que le changement ne peut venir que par les personnes conscientes.
      Merci pour ta visite, pour ton beau commentaire, c’est si agréable d’échanger avec ceux qui sont sur la même longueur d’ondes.
      Bisous, Maïa…

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