Marie Lise Labonté : Se libérer de nos cuirasses 1

Marie Lise Labonté, qui souffrait depuis l’adolescence d’arthrite rhumatoïde, a entrepris une démarche psycho-corporelle avec l’anti-gymnastique qui l’a conduite à la guérison. Elle a appris à « lire » un corps et à y découvrir les cuirasses qui l’entravent. C’est cette théorie des cuirasses que l’auteur nous présente dans ce livre.

Nous avons, dans la profondeur de notre corps, un cœur, un centre, un lieu où repose notre essence, notre être. Le cœur de notre corps n’est pas notre cœur physique, il est le noyau. Le cœur de notre corps n’est pas une métaphore, il existe vraiment, anatomiquement, musculairement et physiologiquement.  Enlevez les pelures d’un oignon et qu’allez-vous trouver ? Le cœur. Pelez une pomme, coupez-la en deux, et qu’allez-vous trouver ? Le cœur, le noyau. Mangez une pêche, et qu’allez-vous trouver en son centre ? Le cœur, le noyau.  Notre corps est ainsi fait, il possède son cœur, son noyau, son centre. Le noyau est entouré des différentes couches de tissu conjonctif tissées tout autour, telle une toile d’araignée dans laquelle reposent nos organes, nos viscères, nos veines, nos artères. Le noyau est aussi entouré des différentes couches musculaires qui se forment de l’intérieur vers l’extérieur, de l’intrinsèque à l’extrinsèque. 

Dans le cœur de notre corps reposent la sérénité, l’harmonie, le bonheur, tout comme la profondeur et la légèreté de l’être. Entrer dans le cœur de notre corps c’est vivre le pèlerinage intérieur de la surface à la profondeur, du paraître à l’être, de l’ego à l’âme, du « moi » au « soi ». Pour faire ce voyage vers la profondeur, il suffit de se dégager de ses différentes cuirasses. 

Ces cuirasses se sont formées pendant la vie intra-utérine ou dès la naissance et au fur et à mesure que se construit notre personnalité, dans notre relation aux autres et à nous-mêmes. 

Elles se sont formées au fur et à mesure que nous avons dit «  non » à la vie, « non » à l’amour, que nous avons dit « oui » à la peur, « oui » à la résistance et « oui » à la négation de nous-mêmes. 

Ces cuirasses se sont formées au fur et à mesure de nos mâchoires crispées, de nos mains resserrées, de notre respiration bloquée, de notre dos courbé, de nos jambes raidies par la peur, la colère, la rage et l’impuissance. 

Ces cuirasses se sont aussi formées au fur et à mesure que se sont développées nos certitudes sur nous-mêmes, sur les autres, sur la vie et sur l’amour. 

Ces cuirasses peuvent ressembler à des armures, à des murailles, à des murs, à des rideaux de théâtre ou à des voiles légers. 

Au centre de notre corps se trouve son noyau, le cœur de notre vraie nature, libérée de ses armures, de ses cuirasses. Au centre de notre corps se trouve notre corps retrouvé. Pour l’atteindre, il suffit de lui enlever son armure, de permettre que se creuse une faille dans la muraille, d’enlever les briques du mur, de tirer le rideau ou de soulever le voile. 

Cette expérience est quelque peu à l’opposé de certains enseignements de notre société où l’on nous propose de « bâtir » notre corps. C’est oublier que notre corps est déjà bâti, beaucoup trop bâti, et qu’il tient par ses propres cuirasses. Pourquoi donc devrions-nous bâtir sur du déjà bâti ? Il ne peut en résulter que l’isolement de l’esprit dans un corps rigide, l’éloignement de l’amour dans un cœur emprisonné par sa cage thoracique rigide, la séparation de soi avec soi dans un corps qui n’est pas le sien. 

Où avons-nous perdu notre corps ? À quelle cuirasse l’avons-nous abandonné? Est-il possible de le retrouver ? 

Par cet ouvrage, je viens vous proposer d’enlever les couches, les pelures, d’oser secouer les armures intérieures et d’oser retrouver la spontanéité du geste, de la respiration, de l’expression, de retrouver le mouvement de la vie. 

Après avoir enlevé une pelure, puis une deuxième et troisième, le mouvement du corps et de son cœur se fait seul. Nous sommes happés par l’énergie de nos profondeurs pour nous retrouver au centre du centre et, de là, il nous sera facile de retrouver ce corps qui nous appartient, du cœur à la surface. J’espère que mon témoignage vous aidera à retrouver, corps et à apprécier en vous le mouvement de la vie… 

La cuirasse physique

La cuirasse physique comprend le tissu conjonctif, les artères, les veines, les os, les organes internes et les muscles. Elle se bâtit par une retenue de la spontanéité du mouvement. Elle cache l’histoire de nos tensions, l’histoire des mouvements spontanés que nous avons retenus. Elle cache aussi l’histoire de nos compensations, de nos postures copiées sur celles de nos parents, des postures prises pour nous défendre, des postures prises pour nous cacher. La cuirasse physique est à la fois musculaire et affective.

L’inhibition extérieure

La cuirasse physique peut être créée par une action inhibitrice venue de l’extérieur. À titre d’exemple, imaginons que nous avons envie de courir pour exprimer notre joie, notre allégresse, notre excitation et que, pour une raison ou pour une autre, l’on nous dise «  non ». Plusieurs solutions s’offrent alors à nous : nous pouvons courir quand même et faire fi du « non » , mais notre course sera-t-elle aussi spontanée? Nous avons aussi le choix d’accepter le «  non » et d’arrêter le mouvement spontané de courir.

Mais quel est alors le prix que nous allons payer pour arrêter ainsi notre expression spontanée? Nous avions le plaisir de courir pour exprimer notre grande joie. Notre cerveau a donné la commande et nos muscles se sont mis en action mais nous arrêtons notre action, nous l’inhibons pour répondre à la demande extérieure. Notre muscle arrête son mouvement d’expression créant une tension. Si ce geste est répété pendant 10 jours, 10 semaines, 10 mois ou 10 ans, la tension devient une cuirasse, une armure, une défense à la vie qui voulait s’installer. La vie étant « Je veux courir », entravée par l’inhibition extérieure du « non ».  

L’inhibition intérieure

La cuirasse physique peut aussi être créée par une inhibition intérieure. Si nous reprenons l’exemple du « non » qui s’oppose à l’envie de courir pour exprimer la joie, l’inhibition et la retenue qu’elle engendre peut être créée par nous quand nous disons « non » au mouvement de la vie en nous. Il est possible que nous ayons intégré le « non », que ce « non », fasse partie d’un réflexe conditionné devant la joie.

Ainsi, chaque fois que nous revivons la même situation, ce « non », intérieur nous retient. Cette inhibition intérieure s’est faite inconsciemment. Le corps retient son expression, car il sait maintenant que cela est « non », Ce « non », intérieur est tout aussi puissant que le « non », extérieur et quelquefois plus puissant, car il est toujours présent, il fait partie de notre psyché et de son expression affective. Ainsi, la cuirasse physique est l’assise d’une cuirasse qui provient d’un niveau affectif exprimant émotions et formes pensées…  

Les muscles

Nos muscles fonctionnent de façon autonome, commandés par le cerveau et en réponse à la demande qu’on lui fait. Prenons l’exemple de la lecture. Lorsque nous nous asseyons pour lire un livre, cela se fait naturellement. Nous ne demandons pas consciemment à notre cerveau, de nous faire tenir le livre pour pouvoir le lire. Nous avons tout simplement, dans un geste spontané, pris le livre pour le lire.

Nous avons agi et nous avons pris pour acquis que notre corps allait remplir sa fonction. Savons-nous combien de muscles entrent en action pour nous aider à faire ce geste ? Non, nos muscles agissent de façon autonome sans l’apport de notre volonté. Ils sont reliés au système nerveux autonome de notre corps et agissent seuls, naturellement. Dès que nous décidons de lire un livre, le cerveau accomplit sa tâche, les muscles entrent en action et le livre se retrouve là, devant nos yeux.  

Nos muscles autonomes sont nombreux et sont répartis dans notre corps en plusieurs couches : en profondeur, les muscles intrinsèques et, à la surface, les muscles extrinsèques. Petits, courts, collés aux os, les muscles intrinsèques adhèrent au squelette, la structure osseuse du corps. Ils permettent les micro-mouvements et font le lien entre chacune de nos vertèbres. Ils sont la structure physique du cœur de notre corps, le noyau. Quant à eux, les muscles extrinsèques sont longs et relient le bas du corps avec le haut.

Les muscles autonomes vont de la profondeur à la surface, des couches profondes aux couches superficielles en passant par la couche moyenne. Plus les muscles s’approchent de la surface, plus ils sont grands, allongés et effilés. Alors que les longs muscles superficiels ont pour fonction l’union, l’élégance, la grâce et la spontanéité du geste, les muscles moyens permettent de relier l’élégance du mouvement et son équilibre dans l’espace et enfin, les muscles profonds assurent la solidité, l’alignement de la structure et l’harmonie entre l’intérieur du corps et l’extérieur, la terre et l’attraction terrestre. Idéalement, les couches profondes, moyennes et superficielles musculaires travaillent constamment en synergie et en interaction les unes avec les autres.

 Nos muscles sont dits autonomes parce qu’ils peuvent agir sans notre volonté. Toutefois, ces mêmes muscles peuvent aussi être activés consciemment. Nous pouvons contracter le muscle de notre fesse et le relâcher. Les scientifiques s’entendent sur le fait qu’à quelques exceptions près, nous pouvons contracter la majorité de nos muscles autonomes. La seule chose qui nous empêche de contracter un muscle à volonté est la cuirasse musculaire qui fige le muscle dans une position chronique de contraction ou de relâchement. Le muscle a perdu sa fonction. 

I’intelligence musculaire

Nos muscles ont une intelligence appelée l’intelligence musculaire. C’est cette intelligence qui permet à la cuirasse musculaire physique de s’installer, qui réagit à la vie affective et psychique en nous. Nos muscles peuvent conserver pendant des années la mémoire d’expériences auxquelles ils ont été associés. Nos muscles enregistrent dans leurs cellules musculaires la vie, la mémoire, les émotions, les images, la représentation entière d’une expérience physique ou psychique, ce que nous appelons le langage musculaire.

L’intelligence cellulaire

La cuirasse physique touche aussi l’intelligence cellulaire logée dans notre tissu conjonctif appelé le fascia. Il s’agit d’une membrane qui enveloppe tout, nos os, nos artères, nos veines, nos organes internes, nos muscles de la profondeur jusqu’à la surface. Elle possède aussi son langage.

Nous retrouvons dans le tissu conjonctif de notre corps cette même mémoire, cette même intelligence, cette même expression de vie qui se révèle nous différemment de la mémoire musculaire. Le langage du issu conjonctif et sa mémoire est un langage encore plus subtil. C’est un langage de perception qui existe au-delà des mots et qui provient de la mémoire de la vie intra-utérine, dès les premières heures de la naissance et jusqu’à la mort.

Tout comme les muscles peuvent agir d’une façon autonome, la cuirasse musculaire s’installe sans notre permission, d’abord en profondeur puis dans la couche moyenne et enfin la surface. Elle rejoint tous les muscles autonomes du corps et elle les tend jusqu’à une rigidité extrême. Le résultat est la perte de la fonction musculaire. Le muscle ne peut plus réagir, ni se contracter ni se détendre.

La cuirasse musculaire est créée de tensions musculaires qui vont de la surface du corps à la profondeur. Ces tensions proviennent d’une retenue du mouvement de la vie et sont enregistrées par l’intelligence du muscle. Elles entravent ainsi la fonction naturelle du muscle qui est de se contracter dans l’action et de se relâcher dans le repos.

Selon les muscles qu’elle touche, la cuirasse musculaire est localisée à différentes profondeurs du corps. Elle est l’aboutissement de la cuirasse affective. Elle agit comme une prison pour le muscle et pour son action. Elle est l’empreinte, dans le muscle, de la retenue émotionnelle et psychique… 

La cuirasse affective

Tout comme l’histoire de nos tensions se cache dans la cuirasse physique, l’histoire de nos émotions et l’histoire personnelle qui est à la source de ces émotions se cachent dans la cuirasse affective. À la différence de la cuirasse physique qui est très concrète – « J’ai mal, je suis tendue, mon dos est raide »,  -, la cuirasse affective est plus subtile. Elle défie les lois de la logique et du rationnel. Elle défie les lois de la thérapie verbale.

Combien de fois ai-je rencontré dans mes classes d’anti-gymnastique quelqu’un qui, malgré sept ans de psychanalyse ou quatre ans de psychothérapie, lorsqu’il contactait la cuirasse émotionnelle d’une région de son corps, avait l’impression de n’avoir rien accompli sur lui-même. Cette perception venait du fait qu’il découvrait à nouveau un monde d’émotions cachées, enfouies dans son corps, émotions dont il ignorait la présence. La psychanalyse ou la psychothérapie aident à libérer les mots, mais derrière les mots se cache le monde du langage corporel.

Ce langage du corps est inconscient et donc inconnu de la personne qui utilise le langage verbal, mais le corps, lui, ne ment pas, son langage est vrai, collé aux expériences qui l’ont façonné.

Le corps et ses manifestations cachent le langage de notre inconscient. Ce que nous avons refoulé, ce que nous avons mis aux oubliettes mais que notre corps sait, que notre inconscient connaît – c’est la mémoire du corps. Les mots peuvent servir de défense à l’émotion, au souvenir et à la mémoire.

Nous pouvons dire «  oui » avec la parole alors que notre corps affiche « non ». Nous pouvons dire « je t’aime » alors que notre corps exprime «  je te hais ». Qu’est-ce qui est vrai? Les deux le sont. Une partie consciente de nous dit «  je t’aime » et une partie inconsciente dit « je te hais » et chacune a son langage. 

La cuirasse affective est facilement détectable pour l’œil averti du thérapeute corporel, mais pour l’individu qui possède cette cuirasse, elle n’est pas facile à déceler, à reconnaître et à accueillir. Son langage est différent du langage verbal de nos émotions, il est l’expression de la vie émotionnelle inconsciente enregistrée dans notre corps.

Nous aurons souvent tendance à juger et à nier ce langage. Nous pouvons en tout temps nous dire « Comment est-ce possible d’avoir tant de colère dans mon dos ou dans mon bassin? » et choisir en tout temps d’en arrêter l’expression.

La cuirasse affective est reliée au mouvement de la vie, elle est l’expression affective de l’expérience de l’interdit qui a emprisonné le corps physique. 

Reprenons l’exemple de l’envie de courir pour exprimer la joie. Si nos jambes ont été arrêtées dans l’expression du mouvement spontané, non seulement une tension physique (cuirasse physique) se crée dans les muscles des jambes mais des tensions émotionnelle et psychique s’installent également.

La joie ou l’excitation qui n’ont pas pu être exprimées lors de la retenue du mouvement se retrouveront inscrites dans la mémoire musculaire de cette région de notre corps. Cette mémoire émotionnelle musculaire fait partie de la cuirasse affective.

Ce qui fait aussi partie de la cuirasse affective est la retenue psychique, l’interdit qui est inscrit dans la psyché et qui se rend au corps par l’émotion. Ainsi, à la tension physique s’associe une tension émotionnelle, affective et psychique.

Autre exemple. Le petit garçon que la famille a conditionné à ne pas pleurer, a intégré cette notion et l’a fait sienne. Chaque fois qu’il lui vient l’envie de pleurer spontanément, il se retient, car il a intégré cet interdit. Plus tard, il constatera qu’il ne pleure jamais et qu’il ne peut plus exprimer sa peine.

Il va en thérapie pour explorer son incapacité à pleurer. Il retrouve les conditionnements familiaux qui l’ont coupé de l’expression de sa douleur. La connaissance de l’origine de son blocage ne suffira pas à déprogrammer son corps de la contrainte de l’interdit. Seul le travail psycho-corporel permettra cette libération.

La seule façon de libérer le corps est de pénétrer la cuirasse affective et de laisser exprimer son langage de vie qui fut réprimé. La volonté n’est pas suffisante. Au contraire, ce n’est que par l’abandon et le lâcher-prise que cette retenue psychique peut être libérée. Cet abandon, ce lâcher-prise n’est pas une action qui peut être commandée par la volonté.

Il ne peut provenir que du corps qui se relâche de ses tensions et libère ainsi l’énergie de vie. La cuirasse affective est très subtile et elle ne fonctionne pas avec la volonté. Elle suit l’expression de la vie et le mouvement de libération de l’énergie de vie.

La cuirasse affective est bâtie par l’expérience et par l’émotion qui en découle. Elle se présente sous la forme d’un courant d’énergie. La langue anglaise exprime bien ce qu’est l’émotion. Émotion est traduit par « emotion » et l’on pourrait poursuivre par «  in motion ». L’émotion est l’énergie en mouvement. Si nous suivons la piste de cette énergie en mouvement – l’émotion (in motion) – sans la juger, viendra une représentation visuelle, auditive, kinesthésique ou olfactive envoyée par la mémoire musculaire affective du muscle, du tissu conjonctif, du corps lui-même.

Pensées, opinions, jugements, idée que l’on a de soi ou des autres, souvenirs, perceptions vagues, impressions diffuses, images voilées sont l’aboutissement de la piste des émotions et l’expression de la cuirasse affective.

Cette cuirasse est collée aux expériences douloureuses vécues et enregistrées dans notre corps depuis la vie intra utérine jusqu’à la vie adulte. Les expériences qui ont marqué notre vie et qui ont créé notre histoire personnelle se sont inscrites, d’abord dans notre psychisme pour se transformer en courant d’énergie émotionnelle, puis dans le physique pour s’y loger et s’y inscrire.

Cette cuirasse n’a pas besoin d’être composée de mots ou d’images claires pour emprisonner la cellule, le tissu ou le muscle. La cuirasse affective est souvent inconsciente, car les expériences douloureuses qui y sont contenues viennent de loin et se sont enfouies dans l’inconscient, dans l’occulte, pour être remisées dans notre corps. Ce corps qui ne ment pas.

Extraits du livre Au cœur de notre corps – Se libérer de nos cuirasses Les Éditions de l’Homme,

http://www.marieliselabonte.com/spip.php?page=accueil&id_rubrique=3

http://www.mlcfrance.asso.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=2&Itemid=21

A lire aussi dans ce blog: https://tarotpsychologique.wordpress.com/2012/05/21/marie-lise-labonte-jai-gueri-en-visualisant-des-images-de-sante/

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20 réflexions sur “Marie Lise Labonté : Se libérer de nos cuirasses 1

  1. Pingback: Nouvelle #lune du 28 Mai 2014, sous la #vibrance d’une #illusion #métaphorique | L'actualité de Lunesoleil

  2. Coucou Eliza,

    et que firefox me fait pouet-pouet ! refuse ton blog, il a bouffé mon com en plus ! grrrrr !

    alors je disais :

    que nous « engrangeons » aussi les cuirasses de nos aieux, ce qui est un bien, ainsi l’homme de Cro magnon est devenu….. Nous !

    Mais je te rassure avec le temps, un tas de cuirasses tombent d’elles-mêmes !

    Je suis « vachement » à la bourre avec tous tes articles : au secours ! lol !

    Belle semaine, le froid ne fait que passer, qu’ils disent à météo France .

    bisous -bisous Lili

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    • Bonsoir Lili,
      Alors tes ennuis informatiques recommencent, désolée pour toi.
      Oui, bien sûr, nous portons en nous la mémoire de nos ancêtres, ainsi que celle de l’humanité. Parfois elle est précieuse mais souvent elle nous bloque.
      Quant aux cuirasses qui tombent d’elles-mêmes, je ne suis pas si sûre, à mon avis le désir de s’en débarrasser en conscience est tout de même nécessaire.
      Ne t’inquiète pas de ton retard, je t’ai déjà dit, il n’y a aucune obligation 😀
      Belle semaine à toi et gros bisous.

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  3. Bonjour Elisabeth, je réponds d’abord au numéro 1, un peu de temps et comme à chaque fois où je passe chez toi, c’est si interpellant, cela nous le savons toutes les deux 🙂 Surtout toi qui passent ces mots si intelligents au-travers de témoignages.
    Voilà la phrase qui m’interpelle :
    « Où avons-nous perdu notre corps ? »
    Je m’y suis arrêtée et n’ai pas pu lire la suite de ton texte, car j’ai commencé à gamberger et à chercher. Tu me connais 🙂
    En ce qui me concerne, c’est le début de mon labyrinthe de santé actuel. Un vrai casse-tête ou casse-noix 🙂 c’est de saison lol
    Je reviens sur la réponse de Constellation à qui je fais un coucou en passant, car mon fils m’a dit les mêmes mots en parlant de mes maux, comme lui des siens, sauf qu’il se fait soigner par une kyné super géniale et également dans la même démarche que la tienne Elisabeth. Il s’en sort bien souvent complètement à l’aise et « remis en place ».
    Pour répondre à ma question personnelle, je n’ai pas conscience de mon corps, car je n’en suis pas un bon parent.
    Pourquoi ne puis-je pas me faire, ce que j’ai pu accomplir avec mes enfants au niveau physique ? Je ne parle pas du coeur, mais des carapaces ?
    Si je réfléchis, j’ai la réponse qui est peut-être cruelle et dure. Maman m’ayant transmis tant d’informations négatives à propos de ma conception, de l’attente de ma naissance et surtout du moment où mes parents sont venus me chercher à la maternité après y être restée deux mois, j’étais prématurée à l’époque, et sans aide médicale. J’ai sur-vécu de par ma volonté et ainsi de suite. La lutte pour la vie.
    Je pense que c’est à ce moment que j’ai perdu ce corps à la naissance et ensuite de par les nombreux évènements très négatifs. L’inceste en fait partie. Si tu permets de l’écrire, je n’ai pas honte, c’est l’auteur qui est le coupable, pas moi. C’est une piste qui me convainc qu’à moitié tout de même. Bien entendu, il y a les différentes couchent qui se mettent l’une au dessus de l’autre. Tient une image me vient à l’esprit, celle d’un tronc d’arbre découpé et tu vois les nombreux cercles qui s’ajoutent aux années. Et pourtant l’arbre résiste, reste droit ! Parfois les vents le font tomber même s’il est centenaire c’est la loi de la nature.
    Lorsque je faisais mes crises de spasmophilies, que je n’ai plus, j’avais cette envie de fuite, de courir à ce moment là. Puis vinrent les colères qui m’ont libérées de ce mal là !
    Voilà une légère participation à ton article, et je suis toujours aussi bavarde mdr !!!
    M’en vais lire la suite….que je ne commenterai pas, enfin je dis cela, j’en sais rien lol
    Bisous et passe un bon week-end.
    Geneviève
    ps : Merci pour tes visites, tu es une femme pour qui j’éprouve beaucoup d’amitiés. J’espère qu’un jour nous nous verrons.

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    • Chère Geneviève,
      C’est un tel bonheur de te revoir ici, je lis ton témoignage avec une grande émotion et tendresse. Si tu t’es arrêtée à cette phrase là, ce n’est pas seulement que tu aimes gamberger (oui, je te retrouve bien :D) mais peut-être aussi, parce qu’elle a redéclenchée cette immense brisure que tu portes en toi, depuis ta naissance, voire même de ta période fœtale. Les brisures sont des atteintes à notre identité profonde, donc bien plus puissantes que les blessures, déjà suffisamment douloureuses.
      Tu as subi la pire, celle de l’atteinte au corps. Alors tu en portes la marque qui te fait tant souffrir.
      Je rends grâce à ton immense courage, de venir en témoigner ici et je te félicite car tu as déjà fait un grand pas vers ta guérison en réfutant la culpabilité. L’enfant se sent toujours coupable de ce qui va mal dans la famille, même et surtout s’il en est victime. En passant par les querelles, le divorce, il a tendance à croire qu’il a fait quelque chose de mal. Et tu as surmonté cette croyance…
      Mais tu te demandes pourquoi tu ne peux pas être un bon parent pour toi…
      Je dirai que la cause en est la souffrance de ton enfant intérieur, blessé, depuis sa naissance et jamais consolé. Nous tous, adultes et responsables, portons en nous cet enfant qui va mal. Si je puis te faire une suggestion, cela serait de faire un travail sur ton enfant intérieur qui se rappelle à toi par les maux d’aujourd’hui.
      Notre corps nous envoie sans cesse des messages, à travers ses maladies (le mal a dit) et si nous ne sommes pas à son écoute, il « augmente le volume », en quelque sorte, pour qu’enfin nous lui prêtions notre attention. La partie du corps qui souffre a aussi son importance dans le décodage biologique et nous donne la piste de l’origine de la souffrance.
      Tu as pris conscience de la cause de la tienne et tu l’a verbalisée. Cela est très important car tout ce qui ne s’exprime pas par les mots devient les maux.
      Mais la prise de conscience mentale n’est point suffisante car, comme le souligne bien Marie Lise Labonté, la souffrance est engrammée dans nos cellules et puisque sa cause s’y trouve, il n’y a qu’à travers le corps que la véritable guérison puisse venir.
      Nous avons une multitude de choix de méthodes, celle de la libération de cuirasses est très efficace mais il y a en a tant d’autres.
      Même les simples activités ludiques et gratifiantes sont une sorte de thérapie. Faire ce que nous aimons : danser, chanter, peindre, écrire, comme tu le fais si bien. Ton besoin de coucher par écrit tes émotions t’apporte un soulagement, ainsi que la beauté de ton blog que tu cherches sans cesse à améliorer.
      Pour revenir à ta brisure, le passage vers la guérison se fait à travers cet enfant intérieur. Déjà tu le fais « jouer », en exprimant ta créativité mais un bon moyen serait aussi le fait de devenir son « parent ». Toi, la Geneviève adulte, tu peux visualiser la petite fille que tu étais, la prendre dans tes bras, la bercer tendrement, lui dire qu’elle n’a plus à avoir peur car tu es là, pour la défendre et l’aimer.
      A toi de voir si cela te parle, il y a différentes sortes de visualisation…
      Ces paroles cruelles et dures de ta mère sont bien enregistrées et tu les as faites tiennes. Et tu continues à vivre selon ce schéma de pensée qui n’est pas le tien, c’est juste celui qui t’a été inculqué et tu continues à le répéter.
      Voudrais tu jeter aux orties toutes ses croyances erronées et faire parler ton vrai cœur doux, tendre et aimant ? En te donnant l’amour que tu n’as pas reçu, sans attendre qu’il vienne de l’extérieur…
      Tu évoques l’arbre et la comparaison avec ses couches est juste. Mais l’arbre tient surtout par ses racines profondes et les tiennes sont manquantes, depuis ton enfance. Donc c’est à toi de les implanter, par les soins que tu apporteras à ton corps, en acceptant d’être là, ici et maintenant, avec le pouvoir de faire les choix qui sont bons pour toi.
      Te souviens tu de la fable sur le chaîne et le roseau ? Le roseau plie mais ne rompt jamais, tandis que l’arbre peut être déraciné.
      La réaction de fuite c’est le premier réflexe du cerveau reptilien, celui qui assure notre survie. Mais si le danger n’est pas physique, le stress généré empoisonnes les cellules.
      Quant à la colère, c’est excellent de l’avoir exprimée, sinon elle t’aurait étouffé.
      Si tu as envie de me dire comment tu ressens ma réponse, je serai ravie.
      Et je te remercie de tout cœur d’avoir déposé tes difficultés ici, je suis certaine que nombreux sont ceux qui ressentent les mêmes.
      Je t’aime aussi, Geneviève, tu es une belle personne si généreuse, j’aurais tant aimé que tu te vois avec mes yeux…
      Je t’embrasse très fort, ma chère amie.

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  4. « l’interdit qui est inscrit dans la psyché et qui se rend au corps par l’émotion. »
    J’ai pris mon courage à bras le corps et je me suis lancée dans la lecture de cet article Élisabeth.
    Je dois reconnaître qu’il est passionnant, oui tu as eu raison de partager cet extrait de ce livre
    Cela me rappel un texte « Lettre a mes cellules » qui a été largement diffusé sur le web. Je ne sais pas si tu le connais et qui peut compléter cette méthode sur la libération de nos cuirasses

    http://www.lespasseurs.com/Lettre_a_mes_cellules.htm

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  5. J’aime bien cette auteure, je l’ai découverte malheureusement sur le tard…
    Ainsi… j’ai lu de ses livres sur ce qu’elle a vécue pour se libérer. Je trouve cette femme forte d’esprit… en fait, les mots me manque pour décrire cette femme. Je suis bien contente d’y retrouver un article ici, d’ailleurs ton espace est empli de trouvailles que j’aime y lire et souvent je peux m’y retrouver.

    Merci Elisabeth pour ce partage qui une fois de plus nous porte à nous regarder intérieurement, nous porte à plusieurs choses… en effet.

    Tu sembles avoir acquis une belle sagesse de l’Âme avec un Immense  »A ».

    Bravo ma chère !

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    • Marie Lise Labonté est une femme au nom prédestiné. Je la connais depuis longtemps et j’aime ses livres et ses conférences car elle a vécue tout ce dont elle parle, et sa vie a été jalonnée d’épreuves très difficiles. Oui, elle possède une grande force mais je crois, que l’essentiel de celle-ci vient de sa foi profonde, en l’aide qui nous est accordée, si nous acceptons ce qui nous arrive et demandons à être soutenus.
      Je suis si heureuse, quand les articles que je partage trouvent un écho chez les lecteurs et si cela incite à nous regarder à l’intérieur et à nous questionner, alors c’est ma plus belle récompense.
      Je te remercie de tout cœur, quand à ma sagesse tu es bien trop gentille… je suis juste un être sur le chemin, qui tente d’apprendre toutes les leçons que la vie met sur ma route.
      Toutes les âmes possèdent une sagesse innée, faut-il encore la retrouver.
      Tu le fais aussi, à travers tes magnifiques poèmes.

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  6. Au delà du fait que je suis le principal intéressé, j’ai transmis cet article à quelqu’un de ma famille qui se bloque de temps en temps. Cette personne a beaucoup de mal à se lever de sa chaise parfois, beaucoup de mal de dos. Elle fait des chutes, etc…

    Lorsque j’ai lu ton article, tout était limpide. Cela fait un peu prétentieux mais c’est comme si tout était évident. Cela résonnait dans ma tête. Je ne m’entendais plus tellement les cloches tintaient :-).

    Merci à Marie-Lise Labonté. Quel nom prédestiné !!!! Merci à toi, merveilleuse Elisabeth de nous éveiller à d’autres horizons. Je t’embrasse.

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    • Cher Constellation,
      Si cet article a été si limpide pour toi, malgré son apparente complexité, ce que, avant de le lire, tu avais déjà assimilé son message.
      Il n’y a aucune prétention dans tes paroles, juste de la compréhension profonde car tu as déjà conscientisé ce phénomène.
      Oui, cette femme qui a vécu et guéri ces carcasses dans son corps, peut en parler en profonde connaissance de cause.
      Et ne me remercie pas, je ne fais que partager la sagesse de ceux, auprès de qui j’ai tant appris.
      Et tes horizons sont déjà très larges, donc c’est à moi de te dire ma joie, à chacun de tes commentaires. Ils sont toujours si riches et ce n’est pas de la science livresque, juste un vécu profondément humain.
      Je t’embrasse aussi avec gratitude.

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  7. Le détachement, le renoncement, et la clairvoyance sont l’armure de l’esprit. Une fois revêtue, elle est légère et résistante. Si vous la portez, vous réussirez………….Le zen le dit………Amicalement Bruno

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  8. Un peu long cet article mais si tu là publié c’est qu’il mérite le détour
    Connais-tu Élisabeth Lise Bourbeau ? , j’ai son livre « QUI ES-TU , un best-seller vendus à 200 000 exemplaires . Une autre version de la mémoire du corps , suivant nos maux qui nous habitent ….

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  9. Bonsoir Elisabeth,
    Je crois que je relirai plusieurs fois l’article, car selon moi, il y a pas mal de choses à intégrer. Si je fais une petite synthèse de ce que j’ai retenu, je dirai que notre corps et notre psychique ont une mémoire et que même inconsciemment, notre être entier conserve en lui toutes nos émotions. Ces émotions, en particulier, les négatives nous amènent à construire des cuirasses qui entravent notre liberté. Dis-moi, s’il te plaît si j’ai bien compris. N’hésite pas à m’éclairer si je suis à côté de la plaque…

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    • Non, chère Yveline, tu as parfaitement saisi le sens. La mémoire du corps, inscrite dans toutes ses cellules est difficile à libérer à travers les mots… Puisque tout est engrammé dans le corps, les thérapies qui le libèrent de ses carapaces sont les plus efficaces.
      La parole sert à conscientiser le problème mais le savoir ne suffit pas à guérir, tant que la vraie prise de conscience n’est pas passé par nos « tripes » en quelque sorte. Ta modestie t’honore mais tu as vraiment capté et si bien exprimé l’essentiel.

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