Trop lucides pour être heureux ?

Les surdoués ont de grandes difficultés à appréhender leur vie intérieure, leurs émotions par exemple, mais aussi le monde qui les entoure. Leur lucidité extraordinaire, qui leur permet une perception inhabituelle du monde, peut aussi les fragiliser. Extrait du livre Trop intelligent pour être heureux ?  de Jeanne Siaud-Facchin.

La difficulté d’être un adulte surdoué peut s’aborder sous deux angles : celui, essentiel, de la lente construction de soi, de sa personnalité, de l’image que l’on a de nous-mêmes et qui détermine notre rapport au monde, aux autres. Mais aussi sous l’angle plus spécifique des particularités de fonctionnement des surdoués qui vont prendre un relief, une présence, singulières à l’âge adulte.

Ces singularités, déjà présentes dans l’enfance, vont devenir des façons d’être au monde qui peuvent compliquer l’équilibre de vie. L’intrication, on le comprend, est étroite entre le parcours de l’enfant surdoué que l’on a été, et l’adulte que l’on devient.

On peut repérer dans les lignes qui suivent des modes de fonctionnement qui se retrouvent dans d’autres profils de personnalité. C’est vrai. Mais ce qui est spécifique au surdoué, comme toujours, est l’intensité de chacune de ces expressions de soi.

Et la souffrance qui peut y être associée. La fréquence d’apparition de ces caractéristiques de personnalité permet d’identifier ce groupe, distinct parmi les autres, que composent les adultes surdoués. Ni tout à fait pareils ni complètement différents…

La lucidité étourdissante

Comment vivre avec cette lucidité qui inonde tout ce qui entoure. Qui scrute le moindre recoin. Qui repère le plus petit détail. Une lucidité qui pénètre au plus profond de l’autre. La lucidité du surdoué est d’autant plus puissante qu’elle s’alimente à une double source :
– l’intelligence aiguisée qui dissèque et analyse,
– l’hyperréceptivité émotionnelle qui absorbe la plus infime particule d’émotion ambiante.

Cette lucidité pénétrante ne laisse aucun répit. Et le surdoué ne peut débrancher ce rayon laser qui l’habite, qui fonctionne sans relâche. Il devient plus difficile de se sentir en sécurité, de faire confiance, de se laisser porter par la vie. La lucidité créé un véritable trouble, non identifié dans les manuels de psychologie, et pourtant proche du vertige, de la perte de conscience parfois. De la souffrance toujours.

Lumière

Tous les adultes surdoués expliquent combien il est douloureux d’être envahi par cette perception grossie du monde. Comme lorsque, petit, on regarde les fourmis évoluer dans la fourmilière aux parois grossissantes. La lucidité exacerbe et amplifie, mais surtout ne permet jamais de « ne pas voir ».

Comme il est plus facile de vivre quand on ne repère pas les dysfonctionnements ambiants, que l’on ne se retrouve pas à penser, réfléchir, sur un problème anodin, que l’on ne se sent pas touché par une émotion à priori négligeable !

Une telle lucidité fragilise l’équilibre de vie. Interroge le sens de la vie. Inlassablement. Mais aussi entraîne une remise en question permanente car rien n’est accepté sans condition. Avant de considérer une situation, une compétence, un savoir, une connaissance, comme valide et acceptable, le surdoué l’aura d’abord passé au crible de son analyse. (…)

La lucidité sur le monde donne une grande lucidité sur soi

Quand on fonctionne avec cette faculté acérée de repérer et disséquer inlassablement le monde, que l’on perçoit avec acuité les fragilités et les limites des autres, comment ne pas percevoir, d’abord, ses propres failles ? Voilà ce qui guette, à chaque pas, le surdoué : douter de lui, de ce qu’il est, de ses possibilités, de ses compétences, de ses qualités.

Quand on est surdoué, on ne se sent jamais, mais alors jamais, supérieur aux autres. Bien au contraire. Et pourtant, cette idée du sentiment de supériorité que l’on éprouverait parce qu’on est surdoué hante tellement les esprits… de ceux qui ne le sont pas !

Ce qui est vrai, cependant, est que certains surdoués « gonflent leur égo ». Ils développent une personnalité qui apparaît suffisante, méprisante parfois. Ils donnent l’image de personnes qui se pensent tellement au dessus de la masse. Mais ne nous y trompons pas !

Comme la grenouille de la fable de La Fontaine qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, le surdoué qui semble prétentieux est le plus vulnérable parmi tous. Sa suffisance tente de masquer son sentiment d’impuissance, de profonde fragilité.

Celui-là a peur. Il est terrifié par l’idée d’être rejeté. S’il adopte ce type de comportement, c’est qu’il ne va pas bien. Qu’il souffre.
La lucidité sur le monde et sur soi ouvre les portes d’une compréhension percutante et acérée. La puissance de cette lucidité peut être douloureuse mais elle est aussi la source d’une vision des choses que l’on pourrait finalement qualifier d’extralucide.

Trop intelligent pour être heureux ?, Jeanne Siaud-Facchin
Editions Odile Jacob (Mars 2008 ; 320 pages)

57 réflexions sur “Trop lucides pour être heureux ?

  1. Une impression d ‘équilibre quant aux gens dits « normaux » et les gens dits « Hp ».

    La première catégorie semble évoluer sans crises douloureuses d’ existence sur cette Terre, même si je suis sûre, tous les humains se sont posés la question au moins une fois.
    Ceux- ci arrivent néanmoins à faire l ‘ impasse et ignorer leur quête de sens, ce qui les amènent à profiter de leur familles et de mener leur train- train de manière quasi machinale, omnibulés par les billets de banques et leurs enfants chéris.
    Ils affirmeront que le plus grand des bonheurs est celui d ‘être parent et s ‘en contenteront bien assez .

    Et puis l’ autre catégorie, figée dans l ‘ éternelle question de l ‘ univers et du cosmos, regardant les humains évoluer à échelle terrestre, et de s ‘en indigner si fort parfois, qu’il se demande si son sentiment et son envie de respect et d ‘ amour sera un jour comblé.

    Si la première catégorie vit dans le leurre du « moi », il n ’empêche qu’ils ont parfois le remède contre le gâchis que la seconde catégorie fait de lui- même .

    Finalement, être surdoué, c ‘est être vraiment plus lucide et détenir la vérité plus légitimement que les autres ?

    Peut- être qu’il est juste question de philosophie?
    Et qu’on peut se dire surdoué mais être nul dans la vie parce qu’on ne sait pas vivre avec les autres, ni avec soi – même?

    Une balance qui s ‘ équilibre…?

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    • Merci pour votre passage et vos réflexions qui donnent vraiment matière à discussion, d’ailleurs, si vous lisez les nombreux commentaires de cet article, vous verrez toutes les manières dont le sujet peut être abordé.
      Certes, les personnes hypersensibles et fragiles ont tendance à s’imaginer que les gens « normaux » semblent vivre bien mieux qu’eux. Mais l’être humain est bien trop complexe pour que l’on puisse le définir par des critères quelconques. Déjà, nous avons beaucoup de mal à nous connaître, alors quant à l’autre…
      Vue de l’extérieur, leur vie semble lisse mais qu’en savons nous au fond ? Vous dites vous-même qu’ils se posent des questions et je suis certaine que les crises n’épargnent personne, et ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas évoluer, le payent parfois bien cher par les maladies par exemple.
      Bien que nous puissions être tentés par les « tiroirs » et étiquettes car c’est bien plus facile de l’appréhender ainsi, y renoncer nous apprend la qualité du non jugement et de l’acceptation. Nous pouvons tâcher d’y voir un peu plus clair, pour ne pas nous sentir dépassés par cette complexité mais au fond, l’être humain restera toujours un mystère insondable…
      Quant aux surdoués, je me méfie énormément de cette appellation car au fait de quoi parle-t-on ?
      Le QI fort élevé peut être souvent associé à une insensibilité totale, et si on parle de plus en plus souvent du Quotient Émotionnel, ce que celui-là est bien plus précieux et permet une autre appréhension de soi et du monde.
      L’hypersensibilité nous rend extrêmement vulnérables mais elle nous donne aussi la capacité de compassion et de l’empathie.
      Personne ne détient la vérité, elles sont personnelles et plurielles, et même les nôtres changent au cours du chemin, et tant mieux car il n’y a rien de pire que les certitudes figées et sclérosantes.
      Si nous attendons d’être comblés par l’extérieur, nous ne le serons jamais, il n’y a rien à chercher dehors, tout est en nous, et ce respect et l’amour que vous évoquez sont à nous donner par nous-mêmes.
      Pour éviter ce gâchis, dont vous êtes consciente, il me semble préférable de nous accepter tels que nous sommes et travailler sur nous, pour faire de nos faiblesses nos forces. Je sais, pas facile mais vos réflexions me font croire que vous n’êtes pas vraiment heureuse.
      Merci encore pour ce touchant témoignage et mes amitiés sincères

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      • Merci de votre réponse Élisabeth .
        Ma reflexion ne se voulait pas réducteur.
        Mais effectivement, vous l ‘avez souligné à juste titre, le surdon suggère « au dessus de » « davantage que » et je n ‘ apprécie que moyennement ce mot. Car vous avez raison, personne ne sait exactement ce que l ‘ autre pense ni ce qu’il est réellement au fond de lui.

        Pensez – vous alors qu’on puisse être inégaux humainement parlant ?
        Et finalement, peut- être que « les autres » ont cette faculté de franchir les murs pour être un minimum « bien « .

        Pour répondre à votre ressenti, je vais être honnête.
        Depuis quelques mois, je suis tombée sur les dits « HP » en tapotant sur le clavier « solitude , se sentir décalé » et la suite, je pense que vous la connaissez. Je me pose des questions sur ce que je suis vraiment et pourquoi lorsque je rêve d ‘ une vie entourée d ‘ amis, de rire et de partage, je ne vis qu’ isolement (la solitude, je la vis bien).
        J ‘ ai entrepris une hypnothérapie qui, enfin, tend à me faire comprendre une enfance dans un milieu nocif.
        La thérapie consiste à éviter de faire parler excessivement cette petite voix (mental inférieur) qui ne cessait de me dévaloriser et de me rendre malheureuse.
        Aujourd’hui, je me sens plus en confiance sur le fait que je ne sois pas « nulle  » mais je cherche à savoir qui je suis alors …
        Je compte me procurer le livre par curiosité.
        Ayant déjà fait un test de QI sur internet, je n ‘ y crois pas trop car dans la moyenne apparemment.
        Mais alors, d ‘où me viendrait cette exubérante émotivité ? Pleurer en écoutant une simple mélodie, un visage qui rit ou en larme, la nature et les arbres… L ‘ univers
        Sentir une atmosphère, le ton employé dans une écriture avec ou sans ponctuation, lire dans le regard les failles et ce que la personne ne dit pas (en mal parfois).
        L ‘ empathie incroyable que j ‘ avais envers mon père à l ‘ âge de 6ans, alors qu’il ne s ‘ occupait pas de moi … Je comprenais les enjeux des adultes.
        Voilà ce qui m ‘ interpelle. Mais il peut y avoir là une simple faculté sans forcément parler de personne « surdoué « .

        Je vous souhaite une bonne soirée.
        Très cordialement.

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        • Nous sommes inégaux, c’est une évidence à mes yeux, la seule égalité étant celle des droits mais en réalité, nous naissons différents, par la culture, le physique, l’intelligence et toutes les choses qui nous avantagent ou nous handicapent.
          Mais nous sommes également libres de nous accepter et comme je l’ai dit, faire de nos faiblesses des forces.
          Vous parlez des capacités des autres mais que faites vous des vôtres ?
          Votre enfance malheureuse vous a rendu triste et solitaire mais la thérapie vous fait du bien, d’autant que celle que vous avez entreprise est fort efficace.
          Il n’y a que vous qui puissiez trouver la réponse à ce « qui suis-je », comme donner un sens à votre vie, et pour commencer, accepter de guérir car aucun thérapeute au monde ne pourra rien pour vous, si vous ne le voulez pas.
          Vous êtes indéniablement une hypersensible mais comme je l’ai déjà dit aussi, il ne tient qu’à nous d’en faire notre force.
          Vous le pouvez, je vous assure, étant une hypersensible moi-même…
          Le chemin est long et difficile mais il vaut vraiment la peine.
          Je vous souhaite beaucoup de courage et vous redis ma sympathie profonde

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          • Élisabeth, je vous remercie pour le temps que vous accordez aux internautes. Vos réponses en disent long sur votre sensibilité.

            Et bien pour tout vous dire, je suis photographe. Du moins, j ‘ ose enfin le dire!
            Tout comme ces petites choses que je fais sans aller jusqu’au bout .
            Ce coup- ci je le sens au plus profond de moi, les idées fusent… Comme très souvent mais là, j ‘ y vais !

            Pensez- vous qu’ un test style WAIS serait bien ? L’avez- vous fait?
            Merci encore pour vos réponses pleines de délicatesse. 🙂

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            • Ne me remerciez pas, cet espace est dédié aux échanges et ils me sont si précieux. Heureuse que vous ayez bien pris mes réponses car elles étaient franches et directes mais c’était aussi dans le but de vous pousser un peu dans vos retranchements, pas pour vous heurter, bien sûr mais parce que j’ai senti que vous pouviez l’entendre.
              Bravo d’avoir osé, continuez ainsi… C’est un bonheur de lire : « là, j ‘y vais ! ». Pas à pas, à votre rythme, et en respectant vos résistances mais aussi, en analysant le « pourquoi » de celles-ci car là se cachent les réponses.
              Ma méfiance envers le QI persiste, si cela vous dit, vous pouvez faire ce test mais ceux de l’Intelligence Émotionnelle sont bien plus instructifs. Si cela peut vous consoler en QI, je suis limite débile légère🙂, tandis qu’en IE je bats tous les records.
              Toutes les classifications sont réductrices, l’important c’est votre potentiel et ce que vous en faites. Alors, libérez votre créativité, c’est cela qui compte.
              Merci à vous, revenez si vous vous en avez envie. Douce nuit, avec les Anges et la Lune…

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  2. Je n’ai pas lu tous les commentaires, juste celui de La Licorne et j’adhère à son point de vue. J’ai eu l’occasion d’observer l’évolution d’un enfant dit « précoce » détecté très jeune à l’âge de 4 ans par test de quotient intellectuel. J’ai pu constater ses « difficultés » dans certains domaines comme le langage (peut-être n’en trouvait-il pas l’utilité immédiate), alors qu’il maîtrisait à 6 mois le fait de double-cliquer avec une souris d’ordinateur pour récupérer toutes les bonnes lettres de l’alphabet et qu’à 3 ans, il lisait couramment.
    Oui, je crois surtout que c’est être différent, fonctionner différemment, tout ce que La Licorne explique très bien. Etre différent n’est pas un gage de bonheur ou de malheur, ou alors cela reviendrait à dire que l’acuité de l’intelligence conduirait à plus de questionnements que le reste des gens dit « normaux » et serait presque « qu’injurieux » envers eux. Les « normaux » seraient alors un peu comme l’idiot du village et son sourire béat scotché sur son visage !
    En fait, je crois que le « bonheur » peut « s’acquérir » pour tout le monde, mais qu’il vient surtout avec de la sagesse, un regard plus serein et plus calme sur la vie. Je pense également que nous sommes tous des inadaptés, car que faisons nous sans arrêt ? Nous apprenons à nous adapter aux situations nouvelles, à les vivre, à faire face aux difficultés aussi. En fait, tout au long, nous apprenons tous à vivre et à mourir.

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    • Chère Yveline,
      Je te remercie infiniment pour ton merveilleux commentaire, qui apporte comme une touche finale à tout ce qui a été dit.
      Il est difficile d’y rajouter quelque chose car tu as dit l’essentiel. Je t’admire juste pour ta belle compréhension, ton intelligence du cœur et ton incessante quête du bonheur vrai et conscient car acquis à force de l’apprentissage et du travail.
      Je t’embrasse fort et te souhaite un beau week-end reposant

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  3. Le mot « surdoué » est un mot qui ne prend pas en compte la réalité du problème…

    Etre surdoué, ça ne veut pas forcément dire être un génie, être « supérieur » ou « plus avancé », ça veut surtout dire « être différent »…fonctionner différemment…avoir d’autres intérêts et d’autres façons de traiter la réalité que la plupart des gens…
    Avoir des points forts, des facilités…mais des lacunes aussi…
    …ça veut donc dire « devoir faire avec cette différence »…ce qui est très souvent « douloureux »…la souffrance est au rendez-vous, parce qu’on se sent souvent « décalé »… »pas intégré »… »à côté »…

    Chez un handicapé, par exemple, la « différence » est visible…
    Chez le surdoué , elle est invisible, non prise en compte par les autres…et donc beaucoup plus difficile à gérer…

    Il y a un auteur , je ne sais plus lequel, qui n’utilise pas le terme « surdoué »…mais qui les appelle les « zèbres »…(comme un zèbre « détonne » parmi les chevaux, le « surdoué » détonne parmi les autres…).
    J’aime bien…

    Vive les « zèbres » !🙂

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    • Quelque chose me dit que tu te sens proches des « zèbres », Licorne.
      Ton point de vue est très juste et tu décris parfaitement le processus.
      Être différent est difficile, surtout dans cette société, qui veut tout « niveler » et souvent par le bas…
      Et effectivement, tous ceux qui ne sont pas comme les autres doivent souffrir, à moins de faire de cette « faiblesse’ apparente une force.
      Mais cela exige beaucoup de travail sur l’estime de soi et la confiance.
      J’espère juste, que bientôt les zèbres, chevaux et ânes pourront cohabiter pacifiquement et dans le respect.
      Merci pour ce commentaire très éclairant.

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  4. Et pourquoi ne pas être heureux tout en étant lucide. On peut chercher à construire son bonheur. Le bonheur nous appartient. Il ne tient qu’à nous de le saisir, de le vivre et de le partager avec ceux qui nous entoure [N’est ce pas Commandant en second de l’astronef ?]. L’acceptation de la vie telle qu’elle se déroule sous nos yeux est une façon d’être lucide.

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    • Yes sir ! Je ne peux pas contredire mon Commandant, puisque je vais perdre ma place pour un voyage dans l’espace😀
      Sérieusement, tout à fait d’accord avec toi, Constellation, j’aime beaucoup ta phrase : « L’acceptation de la vie telle qu’elle se déroule sous nos yeux est une façon d’être lucide ».
      Mais comme le montre l’article de ce jour, je continue l’exploration…

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      • Il y a un temps pour explorer et un autre pour appliquer, ma très chère amie. Parfois, la vie se charge de nous le faire comprendre à coup de pied dans le derrière, n’est ce pas ? Et puis, à force d’explorer, tu risques de t’enfoncer dans des galeries souterraines, style spéléo. Voyage au centre de nulle part.

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        • Merci, cher Constellation pour ce rappel à l’ordre, qui vient à point nommé. Tu as entièrement raison, la Vie dans sa sagesse, nous distribue ces coups de pied dans le derrière, fort bénéfiques. Et souvent, elle passe par des amis fidèles et avertis😀
          Donc, je cesse certaines explorations qui ne mènent nulle part et je passe à l’application…

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  5. Je comprends bien cette lucidité exacerbée et analytique, qui vient beaucoup d’un mental sur-développé, très fatigant d’ailleurs, et cette hyper réceptivité émotionnelle où je me reconnais. Mais l’association aux surdoués me laisse perplexe…

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  6. En fait, c’est une capacité d’analyse très différente. Je n’aime pas le terme « surdoué » parce que les autres entendent « génie », ce qui n’est pas juste. Développer une capacité spéciale nait d’une profonde souffrance. Pour y échapper, on analyse, on intellectualise, on apprend pour fermer l’esprit. On est mal, on a le sentiment de venir d’une autre planète et d’être incompris. Et puis un jour, la souffrance refait surface et la perception de soi et du monde autour peut être une cause de suicide. Cette abominable capacité d’analyse n’est pas un cadeau. C’est pourquoi j’ai abandonné tout ce qui est « chiffré » pour me laisser bercer par l’art (même si ma perception des images est parfois trop intime).

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    • Ton commentaire me touche particulièrement, Annawenn car je sens la dose de souffrance que tes capacités t’ont causée. Je m’abstiens de commentaires car tu as tout dit, je te remercie juste très sincèrement d’avoir livré ce témoignage poignant.
      Et si heureuse que tu aies pu échapper à ce « cadeau empoissonné », en trouvant la voie qui t’apporte un apaisement, même relatif.
      Merci, je crois que ton témoignage pourra aider ceux qui sont aux prises avec le même problème.

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  7. Bonjour Elisabeth
    Il y a trois ans je crois, une coach que j’avais consultée en vue de ma reconversion professionnelle m’a tendu ce livre, après quelques entretiens où je lui avais narré mon parcours, en me disant : lisez-le, ça vous concerne tout à fait. J’y ai en effet retrouvé beaucoup de choses de mon vécu, dont la difficulté à adhérer au monde environnant, à en accepter des contours incompréhensibles pour moi. Ce livre est assez contesté parce que jugé trop généraliste ; Je n’ai là dessus aucune opinion, non plus que sur mon propre état, qui ne me questionne pas ; je l’accepte aujourd’hui tel qu’il est sans avoir eu le besoin de le calibrer. J’ai regretté en tout cas de n’avoir pas fait cette rencontre bien plus tôt, lorsque mon statut de vilain petit canard trop intellectuel et différent me donnait l’impression d’être quelqu’un qui ne pouvait s’apprécier. Ainsi, le chemin permettant d’aller vers un amour de soi minimal, indispensable pour aimer autrui et le comprendre, se serait-il construit avec moins de complications. Bien entendu, ce qui reste essentiel n’est pas la sur douance, dont on oublie trop souvent qu’elle s’accompagne de souffrances, mais ce qu’on fait de ce que l’on est. Dans une société très normative et plus censurée que jamais, ce droit à la différence est à réaffirmer et ce livre y contribue à sa manière.
    Amicalement

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    • Tu l’as donc lu ? Je suis entièrement d’accord qu’il est trop généraliste ou plutôt, il ne montre qu’une facette de l’intelligence dont les formes sont multiples. Comme je ne cesse de le dire, c’est juste un préambule aux articles suivants.
      Et si je connais quelqu’un, qui réunit en lui toutes ces formes, c’est bien toi. Qui ne peut, plus que quiconque être cataloguée, étiquetée et mise dans un tiroir. Pour moi, tu es une sorte de femme de la Renaissance, un être aux talents trop multiples.
      Je me souviens de cet article où tu décrivais merveilleusement la difficulté de trouver un « code » pour un métier qui puisse te correspondre et tu sais qu’il n’y en a pas.
      Il nous faut vivre dans cette société qui nous mets dans le « lit de Procuste » mais je crois que tu approuves ma maxime : « je suis dans ce monde mais pas de ce monde ».
      Et aux dernières nouvelles, tu t’en accommodes fort bien.
      Quant aux complications rencontrées sur ton chemin, permets moi de dire, que ce sont peut-être ces difficultés qui ont fait de toi la personnes que tu es aujourd’hui… Le petit canard ne savait pas qu’il allait se transformer en magnifique cygne, seul le temps a permis cette métamorphose.
      Puisque tu ne peux pas revenir dans le passé, à quoi bon user ton énergie à le regretter ?
      Je te cite :  » Bien entendu, ce qui reste essentiel n’est pas la sur douance, dont on oublie trop souvent qu’elle s’accompagne de souffrances, mais ce qu’on fait de ce que l’on est. »
      Et à mes yeux, tu en fais des merveilles de créativité dans tant de domaines…
      Alors, déploie tes ailes et vole, tel un aigle, le seul oiseau qui peut fixer le soleil, sans se brûler les yeux. La vision haute, que peu de gens possèdent, tu l’as.
      Toutes mes amitiés les plus sincères.

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      • Bonjour Elisabeth
        Ta réponse me touche énormément. Oui, j’ai lu ce livre avec attention, car la démarche de la coach m’a beaucoup surprise à l’époque, je ne me sentais pas concernée  ! Depuis, je me suis beaucoup intéressée à ces questions, non par regret de ma propre vie, mais pour apprendre à être intelligente aux autres, et dans les deux sens (je veux dire par là, savoir accepter aussi que des gens ne soient pas malins, et que certaines choses ne leur soient pas accessibles). Parce qu’au fond, on ne prend de la sur douance que ce qui nous arrange ; ce qui brille et non le reste. Et de son contraire, ce qui nous gêne le moins : j’ai approché des gens qui étaient très malheureux de leurs limites, qui faisaient rire autour d’eux, il n’est pas vrai que les imbéciles soient toujours heureux ! ). Et quant on connaît les affres de cette solitude, on a à cœur d’essayer de la soulager chez d’autres, ou de façon plus juste et moins prétentieuse, de leur donner un regard ouvert. Il n’y a rien de plus vain que de se croire seul au monde dans sa problématique de vie .Sortir du périmètre clos de son existence permet non seulement de prendre de l’envol, mais de regarder les autres et de les aider, même un peu.
        Si on y regarde de plus près, nous ne sommes pas plus disposés à accepter et à comprendre les trop intelligents que les pas assez : comme si nous n’étions aptes qu’à concevoir un monde médian où rien ne doit trop dépasser. Dans tous les cas, définir de façon précise les différents types d’intelligence ne peut suffire, parce que ce n’est qu’une composante parmi d’autres de ce qu’est un être humain au milieu de bases émotionnelles et affectives et d’une histoire parfois, souvent, complexe. Mais tenter d’y voir clair peut permettre de sortir des lieux communs, et de trop séquencer. Ce pourquoi je trouve ta démarche très positive et enrichissante. Comme toujours !

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        • Oui Phédrienne, l’être humain est bien trop complexe pour que l’on puisse le définir par son intelligence ou d’autres critères habituels.
          Déjà, nous avons beaucoup de mal à nous connaître, alors quant à l’autre…
          Bien que nous puissions être tentés par les « tiroirs » et étiquettes car c’est bien plus facile de l’appréhender ainsi, y renoncer nous apprend la qualité du non jugement et de l’acceptation.
          Nous pouvons tâcher d’y voir un peu plus clair, pour ne pas nous sentir dépassés par cette complexité mais au fond, l’être humain restera toujours un mystère insondable…
          Merci pour ton commentaire, toujours si riche et plein de finesse.

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  8. Oh my!…Ado, mon père me disait très souvent « si tu continues à être aussi intelligente, tu ne pourras pas être heureuse plus tard. » Je le prenais pour un dingue mais il avait peut être raison en fait.

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    • Sincèrement, je crois que ton père avait raison… en partie…
      Mais ne désespère surtout pas, cela se soigne très bien…😀
      Non pas en devenant bête car tu ne le seras jamais mais en développant d’autres formes d’intelligence et elles sont nombreuses.
      Déjà, tu as un humour incomparable, qui nécessite forcément un recul envers tes expériences, donc tu ne te prends pas trop au sérieux, dans le bon sens du terme. Alors, surtout vu ton envie d’avancer, je ne me fais pas trop de soucis pour toi, tu arriveras à être intelligente ET heureuse.

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  9. Pourquoi me sens-je si fragile face à la société, que je comprends si bien ?
    Tous les tests qu’ils ont fait sur moi montrent que je suis très intelligente, un bon sens de mathématique, une excellente mémoire etc… Mais j’ai du mal à gérer mon quotidien avec mon homme…

    Bises

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    • Chère Maria, l’intelligence, habituellement mesurée par les tests de QI est certes précieuse mais dans les domaines qui touchent à l’émotion et à la vie quotidienne, ce sont d’autres facteurs qui interviennent, notamment ton vécu personnel avec tes expériences, tes manques ou blessures.
      Les formes d’intelligence sont multiples, j’en parlerai prochainement, cela t’apportera, j’espère des éléments de réponse.
      La chose dont je suis certaine, est que tu possèdes une très grande sensibilité artistique, tu nous en donnes des preuves tous les jours par tes magnifiques photos, après, la question pourrait être : cette qualité t’aide-t-elle dans les contacts humains ou au contraire, tu préfères voir le monde à travers l’objectif de ton appareil, qui te sert de protection, en quelque sorte ?
      J’avance peut-être des hypothèses non fondées car je ne te connais pas assez, si tu as envie, réfléchis à ce que cela t’évoque…

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  10. Je ne suis pas sûre d’être très d’accord avec cet article. Mais, en même temps, je ne suis pas spécialiste. Peut-être l’ai-je mal interprété. D’abord, qu’est-ce qu’un surdoué? Notre intelligence se situe sur tellement de niveaux différents. Ensuite, une perception ou une lucidité aiguisée pourrait au contraire amener à des réponses d’apaisement plutôt qu’à un questionnement pointilleux. Mais surtout, ce qui me dérange: si « trop intelligent pour être heureux », alors « trop bête pour être malheureux »?

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    • Merci, Cat d’avoir donné ton opinion sincère, il n’est nullement question d’être spécialiste, juste d’exprimer son ressenti.
      Et à dire vrai, je m’attendais à des réaction, comme la tienne, que je trouve très juste.
      Au fait, je commence une petite série d’articles dédiés à l’intelligence, dont les formes sont, comme tu le dis si justement multiples.
      Il en sera question dans le prochain post.
      Je connais des personnes, qui par leur trop grande capacité d’analyse bloquent l’arrivée des bonnes choses dans leurs vies, donc, ça existe.
      Mais elles pourraient effectivement faire davantage confiance à leur intuition…
      Quant au bonheur, déjà sa notion même est si différente et propre à chacun.
      Je viens d’en trouver une (parmi des centaines que j’aime) : « Etre heureux, c’est se connaître soi-même sans en avoir peur » Walter Benjamin.
      Alors merci de démarrer la discussion sur de si bonnes bases…

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