Cultivons l’intelligence émotionnelle

Apprendre à reconnaître nos émotions, surtout quand elles nous perturbent, permet de mieux les vivre. Et de « jouer » avec elles plutôt que les subir.

Peur

Avec l’utilisation quotidienne des réseaux sociaux ou des mails pour exprimer, dans la seconde, notre plus infime ressenti ou annoncer des événements éprouvants – rupture, décès, bouleversement professionnel… – qui exigeraient du recul, les nouvelles technologies remettent en cause les liens émotionnels traditionnels.

Depuis qu’Internet et les chaînes d’information continue sont entrés dans nos vies, nous sommes soumis au stress d’une temporalité sans cesse plus trépidante. En une matinée, nous passons sans transition du rire aux larmes, de la perplexité au dégoût, au gré des vents émotionnels qui soufflent dans notre direction. Faut-il s’étonner que la pathologie mentale la plus répandue de ce début de siècle soit le trouble bipolaire, où alternent euphorie et angoisse, sentiments de toute-puissance et impression de vacuité totale ?

Identifier ses émotions

Alors que les émotions scandent nos jours et nos nuits, paradoxalement, les psychologues peinent à les définir. Ils s’accordent à les décrire comme des surgissements d’humeur soudains et temporaires avec un commencement et une fin qui, de plus, varient en intensité : la peur, par exemple, va de la petite frayeur à la panique, tandis que la colère peut se manifester par un simple froncement de sourcils ou une rage terrible.

Et elles s’accompagnent de mimiques spécifiques qui les rendent immédiatement identifiables. Par exemple, sous le coup de la surprise, nos yeux s’ouvrent tout grands… Mais, rétorqueront les lecteurs attentifs, l’amour dure généralement plus de cinq minutes et ne s’accompagne d’aucune mimique reconnaissable. Et cela est également vrai pour la culpabilité.

Aussi les chercheurs font-ils une distinction entre les « émotions primaires », instantanées et visibles – la joie, la peur, le dégoût, la colère… – et les « émotions mixtes », telles que l’amour, la honte ou la culpabilité, qui engendrent un mélange complexe de ressentis. Nous l’avons tous constaté, quand nous sommes amoureux, nous sommes aussi joyeux, excités, parfois inquiets – nous craignons d’aimer plus que nous sommes aimés ou, pire, de perdre l’autre.

À première vue, il n’y a rien de plus facile qu’identifier nos états émotionnels. Il semble évident que la colère, la peur et la joie n’ont rien de commun. Pourtant, nous apprend le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, l’un peut en cacher un autre.

Imaginons : si, dans notre monde intérieur, pour des raisons liées à notre histoire personnelle, nous assimilons automatiquement « colère » et « méchanceté », ou bien si nous sommes persuadés que ce tumulte nous expose définitivement à perdre l’amour des autres, nous allons nous l’interdire, le refouler, au point de ne plus le ressentir. À la place, nous allons nous sentir fautifs, honteux, tristes, apathiques, coupés de nous-mêmes.

Examinons ensuite l’envie : ce sentiment nous renvoie directement à l’aveu de nos désirs. Si nous refusons de les reconnaître, par crainte d’un refus ou par culpabilité, l’envie se transforme en admiration ou au contraire en agressivité vis-à-vis de l’être qui est ou détient l’objet de notre convoitise.

Fréquemment, nous refoulons les tourments socialement ou personnellement inacceptables – notamment la haine pour un parent ou un enfant que nous devrions chérir si nous étions
« normaux » –, au point de les ignorer totalement. Après des siècles d’opprobre, où les émotions ont été tenues comme les ennemies attitrées du raisonnement productif, il n’est plus personne pour oser les condamner.

Notamment depuis l’apparition de la notion d’intelligence émotionnelle, développée aux États-Unis au début des années 1990 par deux chercheurs, Peter Salovey et John Mayer, puis popularisée par le psychologue et journaliste spécialisé Daniel Goleman.

Se forger un cœur conscient

Selon le psychologue, l’intelligence émotionnelle « réside dans la capacité à savoir reconnaître, analyser et maîtriser ses émotions, surtout quand elles nous perturbent ou nous dépriment ».
Ce savoir-faire permet en outre « de reconnaître le ressenti des autres, de le partager et de l’influencer ».

Si cette aptitude nous rend plus humains et plus intuitifs, elle contribue aussi à nous orienter vers les bonnes décisions. Ainsi l’intelligence émotionnelle met-elle en relief que, loin de nous empêcher de raisonner, les émotions sont indispensables à la pensée. Sans elles, nous sommes incapables d’apprécier pleinement les bons moments de l’existence.

hystérieNous sommes plongés dans un univers uniforme, où tout se vaut : « La soirée d’hier, bof, c’était sympa… » Plus encore, la reconnaissance du lien qui noue
« intelligence » et « émotions » bouleverse la croyance bien ancrée selon laquelle nous serions condamnés à subir celles qui nous envahissent trop ou notre impossibilité à les exprimer : l’intelligence émotionnelle s’acquiert, s’enseigne et se développe.

À tout âge, nous pouvons prendre conscience de la peur qui nous interdit de parler en public et nous exercer à la dépasser, ou bien réussir à dompter cette violence intérieure qui, parfois, s’empare de nous. C’est vrai, un enfant élevé entre deux parents réagissant automatiquement par la colère en cas de conflit aura tendance à répéter ce schéma. Pourtant, là encore, il n’y a pas de fatalité. Il reste toujours possible de réaliser que lorsque l’on est énervé, on peut respirer, se calmer, puis se mettre en position de trouver un moyen plus pacifique de s’expliquer.

En fait, nous sommes invités à nous forger « un coeur conscient », pour reprendre la célèbre formule du psychiatre et psychanalyste Bruno Bettelheim. Savoir reconnaître ses émotions et les orienter sont la meilleure façon de ne pas être submergés par elles. C’est surtout quand nous les nions qu’elles nous tyrannisent.

De plus, il existe une ivresse, une jouissance pas toujours consciente, de l’excès : la colère que nous sentons monter et qui nous excite, le rire qui devient fou sans que nous puissions le réprimer. Sans compter que rien n’est plus contagieux qu’une émotion : nous nous identifions automatiquement à ceux qui nous entourent, partagent nos goûts, nos intérêts.

Nous nous réjouissons des succès de nos proches, sommes malheureux ou en colère quand le malheur les atteints, comme si une force, une énergie identique reliait les êtres. Cette forme d’intelligence se travaille, mais force est d’admettre que nous ne sommes pas égaux face aux émotions.

D’entrée de jeu, nous pouvons être très empathiques, très à l’écoute du ressenti d’autrui, mais pourtant totalement inefficaces quand il s’agit de contrôler notre colère. Selon le psychiatre comportementaliste Christophe André, chacun de nous possède son talon d’Achille émotionnel : pour l’un, ce sera la jalousie ; pour un autre, la peur ; pour un autre encore, la honte. Nous sommes tous la proie d’une émotion particulière face à laquelle nous sommes démunis, situation qui résulte à la fois de notre héritage génétique, de notre histoire personnelle et de notre environnement.

Exprimer sa sensibilité au plus juste

Certains d’entre nous semblent davantage prédisposés aux expressions négatives, tristesse, colère, culpabilité, honte. Selon le psychiatre, ce phénomène tiendrait à la spécificité de notre culture occidentale, qui privilégie les comportements « tempérés », le sérieux, le calme, la réflexion, et se méfie des démonstrations bruyantes de désir et de joie.

pleureusesC’est que les émotions sont aussi des codes culturels facilitant la reconnaissance mutuelle : issus d’une société méditerranéenne, pour manifester notre tristesse lors d’un deuil, nous devrons arracher nos vêtements, hurler de douleur. Attitude qui, en Angleterre, nous exposerait à un diagnostic d’hystérie.

Nous tendons à ne voir, dans les émotions, que des soubresauts de l’esprit. Or elles nous affectent corps et âme, nous rappelant que nous sommes une totalité psychocorporelle. Diverses études ont établi un lien entre colère retenue ou trop fréquente et risques cardio-vasculaires. Toutes les femmes savent à quel point les désordres hormonaux influent sur leurs états d’âme.

Le moindre dérèglement thyroïdien fait vivre à une trentenaire les affres dépressives de la ménopause et des humeurs en dents de scie. Une lésion cérébrale au niveau du cortex préfrontal transforme la personne la plus empathique en brute grossière, incapable de repérer le ressenti des êtres les plus proches ou de prendre les bonnes décisions. C’est l’amygdale, petite structure du cerveau limbique – dit « cerveau émotionnel » –, qui détermine le bon usage et l’expression correcte des émotions primaires, instinctives.

Son bon fonctionnement fait de nous des individus à l’écoute, capables de faire face aux désaccords avec les autres. Trop sensible, à l’inverse, elle nous rend hyperémotifs, difficilement capables de nous contrôler et de dominer nos craintes.

Mais faut-il vraiment « contrôler », « dominer » tout cela, comme le suggèrent de très nombreux thérapeutes ? Saverio Tomasella, psychanalyste, fondateur du Centre d’études et de recherches en psychanalyse, n’est pas de cet avis. Dans son dernier livre, Hypersensibles, il écrit qu’il ne s’agit ni de gérer, ni bien sûr de subir les émotions, mais de les vivre, de jouer avec elles.

Pas question de sombrer dans le sensationnel, de « se vautrer dans l’émotionnel ». Nous devons apprendre à passer alternativement du ressenti pur à la rationalisation intellectuelle – mettre des mots, des pensées permet de prendre de la distance, de se protéger de l’envahissement. « Notre monde contemporain a trop tendance à tout vouloir normaliser, donc “morbidise” en faisant croire hâtivement que tout ce qui sort des cases “normal” et “standard” relève de la maladie, explique-t-il. Une des clés de la santé psychique est d’être en mouvement et en alerte, donc en recherche.

Il ne s’agit pas de contraindre, de brimer sa sensibilité, mais de lui faire de la place et de l’exprimer au plus juste. En laissant un espace ouvert pour soi et pour l’autre, afin que puisse exister la sensibilité de l’un et de l’autre. » Il s’agit de chercher à comprendre ce qui nous arrive, sans se laisser culpabiliser par ceux qui nous accusent d’être trop dans le mental, de trop réfléchir. Ce sont les allers et retours, les voyages entre l’activité de sentir et l’élaboration intellectuelle qui nous rendent vivants.

libérationCombien d’émotions ?

Psychologues, philosophes et chercheurs semblent incapables de dénombrer les émotions avec certitude. Descartes en comptait six fondamentales : l’admiration, l’amour, le désir sexuel, la haine, la joie, la tristesse. En 1872, le promoteur de la théorie de l’évolution, Charles Darwin, dresse sa propre liste : la joie, la surprise, la peur, le dégoût et la colère, caractérisées par leur innéité, leur universalité et leur pouvoir de s’inscrire clairement sur les visages.

Le psychologue américain Paul Ekman reste fidèle à Darwin, ajoutant toutefois la tristesse, puis dans les années 1990, l’amusement, le mépris, la satisfaction, l’excitation, la gêne, la culpabilité, la fierté de réussir, le soulagement, le plaisir sensoriel, la honte. Les psychiatres François Lelord et Christophe André s’en tiennent à huit : la colère, la peur, l’envie, la joie, la tristesse, la honte, la jalousie et l’amour.

A chacune son rôle

Le désir nous pousse à chercher un partenaire, dans le but de la reproduction de l’espèce. La colère fait fuir nos ennemis, nous protège. La peur nous tient à distance des périls. La tristesse nous assure le soutien des autres. Le dégoût nous empêche d’avaler des aliments avariés. Être toujours de bonne humeur nous exposerait à méconnaître les dangers : nous aurions trop confiance en nous-mêmes, l’absence d’inhibitions nous inciterait à des attitudes totalement déplacées en société.

Il ne s’agit bien sûr pas de se réjouir d’être triste en permanence. Être envahis par la honte, la culpabilité ou l’anxiété nous indique que nous sommes sortis du cadre de la vie émotionnelle ordinaire et qu’une aide thérapeutique, ne serait-ce que momentanée, serait utile.

Isabelle Taubes pour le magazine Psychologies

A lire aussi : https://tarotpsychologique.wordpress.com/2013/03/01/cultivez-votre-intelligence-emotionnelle/

32 réflexions sur “Cultivons l’intelligence émotionnelle

  1. L’article est des plus intéressant , moi j’avais un ami qui me disait qu’avant l’âge de 5 ans chacun de nous avait fait l’expérience de chacune des émotions . la joie , la peur , la colère, .etc.
    Et que le reste de notre vie nous résonnons a cette première émotion . et je trouvais que cela avait du sens pour moi.
    il me disait aussi que l’émotion en elle-même ne dure qu’un instant , quand elle continue de nous faire mal c’est qu’elle est bloquée quelque part et je donne foi a cela .
    Mais souvent je mélange entre une émotion et des sentiments,
    Si j’examine un peu mes ressentis , quand je revis un évènement que je ressens du rejet je peux revisiter une très ancienne blessure dans le moment présent je ressens la même peine ou même douleur ou souffrance a la dixième peine d’amour qu’a ma toute première.
    il en est de même pour l’abandon , la trahison , la brûlure de la jalousie aussi est toujours la même .
    Si je ne veux plus vivre les sentiments ou émotions négatives ce n’est pas pour les autres , mais parce que moi je ne suis pas bien dans mon espace intérieur avec ces émotions et sentiments .
    Je désire par dessus tout vivre paisiblement dans mon intérieur et jamais au grand jamais la colère aussi justifié peut-elle être , aussi légitime puis-je la proclamer ne m’apporte de la paix.
    Et pour moi il en est ainsi de toutes les émotions négatives .
    Jeanne

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    • Je suis entièrement d’accord avec ton ami, donc avec toi, Jeanne. Non pas que tout se joue dans l’enfance mais c’est à cette période là, que nous « récoltons » nos blessures et les émotions qui nous marquent pour la vie. Effectivement, la frontière entre émotion et sentiment est mince mais les blessures fondamentales que tu évoques durent dans le temps, donc elles pourraient être à la frontière…
      Peu importe mais je sais aussi que chacune des émotions qui nous perturbent outre mesure, renvoie à la primordiale, celle mal-vécue dans l’enfance.
      Et comme elle n’est pas guérie, effectivement, elle continue à nous faire mal et chaque « rappel » la renforce davantage.
      D’où la nécessité de guérir l’enfant intérieur, afin de vivre plus sereinement, sans les plaies qui saignent encore.
      Je comprends bien, que dans ton extrême intégrité tu ne désires plus vivre les émotions négatives, d’autant que cela est nécessaire à ta paix intérieure.
      Mais à l’instar de la Jeanne, donc tu portes le pseudo, la saine, voire la sainte colère est parfois bonne à exprimer.
      Cela dit, je respecte entièrement ton désir et si tu y arrives, alors je suis heureuse pour toi.
      Merci, Jeanne pour ton passage et ce beau commentaire très personnel.

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  2. Et quand l’intellect prends le dessus sur les émotions, au point de minimiser, et d’étouffer leur expression, comment faire pour rééquilibrer cela ?

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    • Bonne question😀 Il en est un peu mention dans le dernier article, sinon, je crois que c’est un cas d’extrême contrôle, on intellectualise et tout passe par le filtre du mental. Mais qui dit contrôle, dit peur… celle de se laisser déborder par les émotions trop fortes ou trop douloureuses et en souffrir. Exercer le contrôle donne aussi l’illusion de maîtriser : le monde qui semble trop hostile, ses réactions, sa vie, en quelque sorte.
      Mais cela est un piège très dangereux car au fait, nous maîtrisons si peu de choses…
      Pour rééquilibrer, je dirai que déjà, lâcher prise, en commençant par des petites choses, s’autoriser à exprimer un peu plus les émotions simples, jouer, écrire, peindre, danser, pour que le corps s’exprime. Et si on sent que les émotions sont trop fortes, douloureuses et anciennes (liées à l’enfance), se faire accompagner par un thérapeute compétent car la souffrance qui se cache derrière et de laquelle nous nous protégeons (à juste titre car c’est une sécurité, devant quelque chose qu pourraient nous faire trop mal) est trop grande pour être affrontée seule…

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  3. Comme toujours, un article des plus intéressant. Cette réflexion, m’amène à ma demander si le vrai travail n’est-il pas d’arriver à dissoudre cette énergie, à chercher ce qui vibre derrière ce ressenti qui n’a pas pu être exprimé selon notre histoire personnelle? Derrière ces ressentis, il y a des blessures ou des peines car on n’a pas pu les vivre pleinement. Peut-être en les accueillant, on accueille une peine, une peur, une colère, une tristesse, etc, qui n’avaient pas pu être exprimées. Et petit à petit, jour après jour, ne plus être touché, heurté, blessé par des situations qui faisaient résonance en nous.
    Passe une belle journée, Elisabeth

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    • Il est vraiment d’une grande justesse ton commentaire, Marylaure. Je suis convaincue, que toutes nos émotions réveillent celles, vécus dans l’enfance où nous les avions subies, sans pouvoir les comprendre ou les exprimer.
      Et à chaque retour d’une peur, d’une colère d’une tristesse, c’est l’émotion primordiale qui se manifeste, parfois d’une manière excessive.
      Alors, justement, comprendre nos points faibles, nos blessures, pour les soigner, avec amour et acceptation, permet de les apaiser, pour qu’elles ne résonnent plus aussi fort ou au moins, savoir pourquoi.
      Belle soirée à toi et merci…

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      • Ces derniers jours, j’ai découvert Darpan, et j’ai « dévoré » ces extraits de conférences sur youtube ( celle de Lyon, de Paris et d’autres!). Il est une réelle révélation pour moi dans mon chemin personnelle. Cela a vibré très fortement, une résonance… et une voie pour accéder à plus de transparence. Comme il dit : « c’est simple, mais pas facile ».
        De coeur à coeur.

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        • J’en ai entendu parler mais jamais je n’ai écouté ses conférences. A te voir si enthousiaste, Marylaure, j’ai bien envie de regarder.
          J’aime beaucoup la phrase, c’est si vrai, tout est si simple en théorie, c’est la pratique suivie qui pose problème😀
          Merci pour ton conseil, tendresse

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          • Oh oui Elisabeth, je suis très enthousiaste et aujourd’hui je suis à la lecture de son livre!!! Et je suis comme Jeanne qui aspire à vivre paisiblement dans son espace intérieur sans cette masse émotionnelle. Comprendre les mécanisme de l’ego qui nous ont coupé de nous même, et purger toute ces peines qui nous séparent de qui on est vraiment. C’est un vrai dépouillement…un travail de longue haleine, quotidien.
            Avec tendresse.

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  4. Intéressant le texte même si au-delà de l’analyse des psychologues, je trouve que le regard spirituel et l’appel à une réceptivité simple des manifestations intérieures suffisent pour nous éclairer et nous permettre de réagir dans la spontanéité avec un cœur intelligent.
    Je me suis arrêté sur la manifestation de la tristesse dans les sociétés méditerranéennes. En effet et surtout lors d’une perte d’un proche, une grande part de notre état émotionnel « doit » se manifester en se conformant aux codes de la culture de la société au lieu de laisser ses sentiments s’exprimer sans restriction ou ajout dicté. Oscillant entre le « raisonnable » tel que dicté socialement et le sentimental tel que dicté par l’émotion pourtant strictement personnelle, le 1er l’emporte souvent, faisant perdre ainsi l’occasion de Vivre son émotion.
    Lors de la mort de mon père, je n’ai jamais compris comment des amis de la famille font pour verser autant de larmes s’arrachant même les vêtement, pendant que le fils du défunt vivait juste l’émotion sans se soucier de l’expression extérieure de ses sentiments ni l’orienter, discrète soit elle.

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    • Bien sûr, Hassan mais à mon avis, notre chemin passe d’abord par la phase psychologique, pour arriver au spirituel et le lier ensemble dans le développement psycho-spirituel. Peu de gens gardent ce cœur intelligent de l’enfant, tant la société et l’éducation l’étouffent et le déforment.
      Voir clair dans ses émotions permet de les vivre en pleine conscience et non pas les subir. Donc, à moins d’avoir pu préserver ce cœur, un certain travail n’est pas de trop.
      Vous le savez mieux que moi, que vos sociétés ont un code, qu’il est parfois difficile d’enfreindre. Alors, félicitations d’avoir pu exprimer votre tristesse selon vos propres ressentis.

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  5. Voilà cet article nous apprend qu’il n’y a plus de « honte » à manifester ces émotions. Que nous pouvons cultiver pour en faire ressortir une « intelligence émotionnelle » et l’accepter comme un état d’être qui a le droit d’exister en toute liberté…
    Ça fait 8ans que je travail sur mes « émotions » avec l’outil des quatre phases de la lune en astrologie. Cela ma permise de prendre du recul ou de vivre plus consciemment la phase émotionnelle qui habite momentanément ma personnalité…
    Merci Élisabeth pour ton article🙂

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    • Tu fais un beau travail, Lune car quoi de plus proche de nos émotions que cet Astre ? Et en fonction de ses phases, croissantes ou décroissantes, le travail n’est pas le même. Comme celui de la Pleine Lune, que nombreux vivent difficilement car ils ne savent ou ne veulent pas l’associer à son influence. Mais tu le sais tellement mieux que moi😀 et tu nous éclaires bien ses énergies.
      Merci Lune pour ton passage et pour ta proposition de travail. Belle Pleine Lune demain…

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      • Pour la Pleine Lune Élisabeth , je te dirais qu’il ne faudrait pas les mettre toutes dans le même sacs parce que « toutes les Pleines lunes ne se ressemblent pas ». L’esseulée aura bien entendu, plus de mal de vivre la période de la Pleine lune qu’une personne plus épanouie dans sa vie sociale ou privée. Ensuite c’est une question de force lunaire dans son ciel de naissance, qui fera la différence.
        Plus la Lune est forte , plus il serait utile de travailler avec le flux lunaire au lieu de le combattre. Et travailler avec les phases de la Lune est un excellent exercice pour en maitriser le flux dans notre propre vie.
        En prendre conscience permet de plus facilement vivre avec et de prévoir les fortes tempêtes lunaires qui sont quand même rare et se trouve surtout au moment des Éclipses…
        Bonne Pleine Lune🙂

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        • Je n’ai jamais dit que toutes les Pleines Lunes se ressemblaient, loin de là…
          Bien évidemment, chacun les vit à sa manière et en fonction de tant de facteurs différents. Pour ceux que cela intéresse il existe une multitude de blogs, sites et autres « bulletins astrologiques ».
          Merci, Lune, celle là, je la vis très paisiblement😀

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  6. j’ai adoré ce post ! encore une fois !!! comprendre et nommer ses émotions, c’est essentiel, tout aussi essentiel que de les ressentir ! accepter sa sensibilité, voilà ce que je retiens, encore une fois un article qui vient me dire des choses profondes ! ah élisabeth ! que dire sinon que du plus profond de mon coeur que je te remercie d’être toi et de diffuser autant d’amour et d’énergie !

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  7. Merci pour cet article constructif, S’il faut jouer avec nos émotions pour mieux vivre sa vie, je me le demande comment?
    Faire une analyse applique du comportement a soi même, et l’environnement?
    Pour ce qui est des crises de colère dont les personnes ont été taxées d’hystériques , l’image illustartive me picote les yeux dans le sens que je me demande comment la réaction d’une femme qui a perdu les siens dans une guerre doit être pour se qualifier de normative? Un sourire courtois peut être devant les missiles des sionistes, ou ceux d’un dictateur qui élimine le peuple qui l’a élu?
    L’Occident n’est pas la légion des comportements civilisés en cas de débordement émotif, Si c’est le cas alors comment qualifier la rhétorique cajoleuse des italiens , ici en Amérique du Nord malgré leur charme la communauté italienne est taxée d’excessive!!
    Donc on revient au point que oui c’est culturel certes mais avec des nuances au sein de la même culture.

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    • Merci à vous pour ce commentaire si riche. Je crois que cette réponse, chacun doit la trouver pour soi, ce qui marche pour l’un ne fonctionnera pas pour l’autre. L’idée générale est de vivre nos émotions en pleine acceptation mais en même temps prendre du recul, les observer pour conscientiser leur nature. Ainsi, nous ne les subissons plus mais les vivions en conscience.
      Je pense à un très beau poème de Guy Corneau : https://tarotpsychologique.wordpress.com/2012/01/31/guy-corneau/ qui vous donnera peut-être des idées.
      Ce qui est taxé d’hystérie, ce sont des manifestations de peine, propres aux cultures méditerranéennes, les cris et les vêtement déchirés.
      Je comprends votre émotion mais, comme vous dites, tout est culturel, comme la distance corporelle par exemple.
      Un Anglais tâchera de garder sa flegme légendaire en toutes les circonstances, tandis que d’autres cultures s’expriment d’une façon beaucoup plus voyante. Et je fais juste une constatation, sans porter de jugement…

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  8. Bonjour Elisabeth….

    Tellement intéressant et constructif …
    J’ai aimé cette phrase :  » Une des clés de la santé psychique est d’être en mouvement et en alerte, donc en recherche…. »

    Bonne soirée et bonne semaine…
    Tendresse

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    • Bonjour, Manouchka,
      Je crois que tu l’aimes car elle ressemble à ta démarche, tu es si sensible, intuitive et tu sais si bien décrypter le moindre mouvement de l’âme et du cœur… Pour la recherche poussée à fond, je te fais pleinement confiance, tu nous en apportes continuellement la preuve.
      Belle soirée et toute ma tendresse

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  9. J’aime beaucoup ton article que j’ai lu et relu.

    « Se forger un cœur conscient »…

    c’est un travail de tous les jours,
    et parler à nos émotions
    permet de survivre en des temps difficiles…

    Bonne semaine.

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    • Moi aussi, j’aime beaucoup cette expression, qui implique d’aborder les émotions en les accueillant avec amour mais en restant conscients de leur nature. C’est un travail de chaque seconde mais, comme tu dis, en prenant du recul et en les acceptant en conscience, nous permet de ne pas « s’y vautrer », comme dirait l’autre…
      Merci Flo et belle semaine pascale à toi.

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  10. Très intéressant votre article. En ces temps où la vitesse et de la communication fait parfois oublier le nord et notre but. Donc, je voudrais trouver des endroits où le temps semble s’être arrêté, et laisser les autres passer comme dans un train à grande vitesse.
    Cruz

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    • Merci, Cruz, c’est une belle idée de vouloir vous arrêter et contempler ceux qui courent tant, qu’ils ne voient pas la Vie passer.
      Des endroits où le temps semble s’être arrêté il y en a, j’ai souvent l’impression de les découvrir en venant sur votre blog…

      J'aime

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