Vivre sans peur

Vivre sans peur, dans le contexte socio-économique actuel ? Un doux rêve, pensez-vous. C’est pourtant ce que nous enseigne Brenda Shoshanna dans son livre intitulé Vivre sans peur. Voici un avant-goût de cette lecture. Suivez le guide.

Se sentir en sécurité

Bien souvent, notre besoin de sécurité, affective ou financière, ne nous permet pas de quitter une relation amoureuse ou un emploi qui ne nous conviennent plus. Car rien n’est plus rassurant que ce que l’on connaît déjà, quitte à devoir y laisser quelques plumes. Ce qui nous terrifie, c’est l’inconnu, le changement.

Ils représentent une menace et nous figent. Lorsqu’une personne ou une situation s’éloigne, nous paniquons et tentons de nous accrocher, souvent en vain. Mais que cache cette soi-disant sécurité ? Vous demandez-vous à quoi vous vous cramponnez désespérément ? A contrario, qu’est-ce que vous tenez à distance ?

Cela vous permet-il de vous sentir en sécurité et d’être heureux ? Que seriez-vous prêt à perdre sans en souffrir ? Pour vous, qu’est-ce qu’une vie réussie ? Toutes ces questions vous feront prendre conscience de vos vrais besoins.

Identifier ses peurs

Dès notre enfance, la peur s’immisce dans notre vie et ne nous quitte plus. Il faut avoir de bonnes notes à l’école. Puis, il nous faut réussir notre vie personnelle, et surtout professionnelle. Il faut gagner notre vie, épargner pour la retraite, souscrire à de multiples assurances-vie, maladie, décès, accidents de voiture, incendie, inondation, cambriolage, attentat… Les pires catastrophes nous attendent !

Et il suffit de regarder le journal télévisé pour s’en convaincre ! Pourtant, comme le disait l’ancien président américain Franklin Roosevelt : « La seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur elle-même. » Car elle nous paralyse et nous empêche de nous réaliser. Parfois, elle dirige même notre vie au point de nous faire prendre des décisions allant à l’encontre de ce que nous sommes.

Avez-vous conscience de l’incidence de la peur dans votre vie ? Savez-vous de quoi vous avez le plus peur ? De manquer ? De ne pas être heureux ? D’aimer ? De perdre l’autre ? De ne pas réussir dans la vie ? Pour certains, c’est au contraire la peur de réussir qui les conduit à l’échec. En identifiant vos peurs, vous allez pouvoir repérer à quels moments elles se manifestent et reprendre du pouvoir pour les affronter et même les dépasser.

précipicePrendre des risques

Avant de vous fixer de nouveaux objectifs, il est nécessaire de vous demander ce à quoi vous êtes prêt à renoncer pour avancer. Car vouloir réaliser ses rêves implique souvent de prendre quelques risques : financiers, professionnels, personnels. En prenant conscience que le changement fait partie du flux de la vie, vous éloignez la peur et la souffrance.

Méfiez-vous des choix en apparence les plus sûrs, qui finalement conduisent à des impasses. Changez votre regard sur le risque. En se préparant, ces risques peuvent s’anticiper, dans une certaine mesure… On ne peut connaître le futur, on ne peut que se connaître soi-même. Une fois que vous êtes prêt, il ne vous reste désormais plus qu’à agir !

Et comme le disait Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que l’on n’ose pas… c’est parce que l’on n’ose pas que les choses sont difficiles. » L’action ici et maintenant est un antidote à la peur. Agissez ! Choisissez une démarche que la peur vous incite à ne pas réaliser et lancez-vous ! Arrêtez de vous poser des dizaines de questions et foncez ! Étape après étape, avancez.

Définir ses rêves

Enfant, nous avons plein de beaux rêves en tête. Et puis, en devenant adulte, nous nous confrontons à la réalité et les abandonnons au profit de notre besoin de sécurité. La vie suit son cours et pour certains, un accident grave, une maladie ou le bilan de la quarantaine, fait voler en éclats nos croyances et nous renvoie parfois violemment à ces rêves d’autrefois, non réalisés.

Faut-il attendre ces moments douloureux pour nous réveiller ? Pourquoi ne suivons-nous pas nos aspirations profondes ? Comme le dit un dicton zen : « C’est notre vision de nous-mêmes plutôt que notre véritable personnalité qui constitue les barreaux de notre propre prison. »

Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous feriez là tout de suite, si vous n’aviez plus peur
de rien ? Pourquoi ne le faites-vous pas ? Quelles sont les solutions aux freins qui vous empêchent d’agir ? Comment pourriez-vous vous organiser ?

Apprendre à dire non

Pourquoi ces trois petites lettres sont-elles si difficiles à prononcer ? C’est souvent la peur qui nous empêche de dire non, la peur de décevoir, d’être jugé, rejeté, la culpabilité de ne pas répondre aux attentes des autres. Brenda Shoshanna insiste : « Vous ne pouvez pas dire oui si vous êtes incapable de dire non ! »

Pour elle, apprendre à dire non est l’un des remèdes les plus puissants contre la peur. Dire non, c’est s’affirmer, se respecter et se rapprocher de sa véritable nature. Faites l’expérience, dites non à une chose que vous savez néfaste pour vous. Et observez. Est-ce que l’on vous tient rigueur de votre décision ?

Est-ce que votre entourage vous tourne le dos ? Ou est-ce que, finalement, il ne passe rien ? Comment vous sentez-vous ? Soulagé ? Alors continuez ! Plus vous serez capable de dire non à ce qui est mauvais pour vous, plus vous pourrez dire oui à ce qui est positif.

fillette animaux

Donner aux autres

Lorsque vous donnez aux autres, vous dissipez non seulement la peur, mais également tous les autres sentiments négatifs. « L’humanité toute entière est une famille, un peuple », enseignait Mahomet. En manifestant de l’attention aux autres, vous vous renforcez vous-même. Un sourire, un geste amical, une parole, une visite, sont autant de gestes qui enrichissent la vie.

Cela suppose de faire attention à ceux qui vous entourent, de ne pas vous laisser aller à vos colères ni à vos peurs justement. L’autre vous rappelle que chaque minute vous pouvez agir en ce monde. Pour le psychanalyste Erich Fromm : « Le bonheur c’est d’aimer, non d’être aimé. En privilégiant l’amour plutôt que la haine, non seulement vous guérissez votre vie, mais vous guérissez le monde » souligne Brenda Shoshanna.

Apprécier ses erreurs

La peur nous conseille de ne pas agir. Elle suggère que nous ne sommes pas prêts, que nous allons commettre des erreurs et qu’il vaut mieux attendre, remettre à plus tard quand toutes les conditions favorables seront réunies. Ce moment n’arrivera jamais. La vraie question à se poser est la suivante : quel mal y a-t-il à se tromper ?

N’est-ce pas des erreurs commises que nous tirons les plus grandes leçons ? La peur de l’échec conduit à l’immobilisme. Il est alors impossible de progresser. Un grand maître Dôgen disait :
« La vie n’est qu’une suite d’erreurs. » Lorsque vous commettez une erreur, réjouissez-vous !

Cela veut dire que vous avez osé prendre un risque en dépit de la peur. Souvenez-vous : la dernière fois que vous avez commis une erreur, que s’est-il passé ? Était-ce la fin du monde ? Avez-vous appris quelque chose ? Brenda Shoshanna nous conseille de ne pas nous concentrer sur les résultats mais sur l’action en elle-même.

Inrees

 

 

42 réflexions sur “Vivre sans peur

  1. la peur est un frein, la peur est un paralysant
    elle n’évite ni le danger ni les chagrins mais on morfle deux fois plus si on compte l’anticipation.
    il n’y a qu’avec la confiance au coeur qu on avance
    je ne suis en rien pratiquante, ni catho invétérée, mais j’avais aimé la phrase de JP II « n ayez pas peur »
    elle faisait sens

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    • Tu as tout a fait raison, Pooky, la peur bloque et paralyse et comme tu dis : « on morfle deux fois plus si on compte l’anticipation ».
      La phrase partait d’une belle intention mais pour moi, elle est mal formulée. Il est prouvé que le cerveau n’entends pas la négation, donc si nous disons : « n’ayez pas peur », il n’entend que le mot « peur ».
      C’est pour cela que les yogis et maintenant les communicants modernes formulent tout en positif, ce qui dans le cas de cette phrase donnerait : « ayez confiance ». Mais bon, tu l’as aimé et c’est l’essentiel😀

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      • je ne l’aime QUE parce qu’elle sonne en douceur, en enrobage, en ton réassurant. sinon, je préfère le « aies confiance » (sauf en pensant au livre de la jungle…) comme quoi le ton compte aussi :p

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        • Je l’aime aussi, j’étais juste étonnée que personne n’ait pensé à cet aspect, important quant à l’impact laissé sur les cerveaux.
          « Aies confiance » sonne aussi tout en douceur, sauf quand c’est dit par un manipulateur😀

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  2. Merci pour cet article Élisabeth, c’est vrai que la peur nous freine dans plusieurs choses, on le sait mais on ne sait pas toujours comment y remédier. Ton article est très riche d’enseignement

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  3. Et bien depuis ma « révolution », je crois avoir vraiment dépassé ce sentiment de peur ( pas celui de peur « logique  » face à une situation de danger mais celui de peur touchant à des choses sommes toutes irrationnelles ) et c’est vrai que même si des fois ce sentiment revient, j’arrive à le déterminer et à ne plus me laisser enfermer par lui … Et cela participe grandement à mon bien être …

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    • Je m’en doute bien, Élodie car vivre sous l’emprise de la peur, d’autant qu’elle est omniprésente dans notre société, est source de souffrance.
      Et maintenant que tu sais y faire face, cela est vraiment un énorme pas en avant…

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  4. Je suis ravie Elisabeth d’être tombée sur ton blog, presque tous tes articles entrent en résonance avec mes propres vécus et ressentis et m’apportent vraiment beaucoup. Actuellement, je suis en plein questionnement sur la peur et l’inertie qu’elle induit, et tes articles m’apportent de précieuses réponses. On dit qu’il n’y a pas de hasard, je pense que c’est vrai… merci à toi🙂

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  5. La peur est donc notre meilleure amie et notre pire ennemie ? Ne plus avoir peur c’est arriver à se défaire des « programmes » qui se sont greffés sur nos chemins de vie… mais comme c’est difficile.
    Merci de nous permettre de réfléchir encore davantage à tout cela, peut être pourrons nous avancer un peu plus sur le chemin « vers la lumière et la confiance » comme le dit si bien Flo.

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    • Si bien formulé, merci, Ladyelle. La peur peut nous paralyser complétement ou bien devenir un facteur d’avancement, si nous arrivons à la dépasser.
      Certes, ce n’est pas facile mais se défaire des schémas de pensées qui nous bloquent et qui en plus ne nous appartiennent pas vraiment est si gratifiant et permet d’avancer « vers la lumière et la confiance ».

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  6. J’aime bien mes deux premiers paragraphes : « sécurité et peur ». Parce que lorsque je lis des choses à ce sujet souvent, je vois des thérapeutes ou scientifiques tellement absorbés par le fait de donner la solution, soulager etc. Qu’ils en oublient le bilan. Le regard sur soi, la base. Se regarder en face avec ses peurs, enfin ! Pour peut-être aller ailleurs…

    Merci à toi !!!
    Je t’embrasse,

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    • Tu as raison, Mau, le regard sincère que l’on porte sur soi est la base de tout. Ne pas se raconter d’histoires et affronter ses peurs, les regarder à la lumière de la conscience, les accepter, dépasser ou bien apprendre à vivre avec.
      Je t’embrasse et te remercie pour ton commentaire

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  7. Coucou🙂
    Bon, j’ai dit « non » aux trolls et ça se passe mal. Ils n’auront jamais ma confiance.
    Pour le reste, j’ai rit à la « crise de la 40ène ». C’est vrai que c’est une période de mise au point et je me suis jetée dans la vie en prenant des risques. Je me suis tournée vers mes rêves. Qui ne risque rien n’a rien (disait ma grand-mère), alors autant prendre le risque.
    Si ma petite aventure tourne « mal » ou pas réellement comme je veux, je trouverai bien un travail « alimentaire » lol.
    Merci pour cet article.
    A bientôt

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  8. les peurs font partie de nous, on essaie de les apprivoiser, pour ne pas être dominées par elles…;c’est tout un chemin d’ailleurs, les gens courageux le savent, ils ont eu peur, mais quelque chose a été plus fort, à un moment donné et je crois bien que c’est l’amour …..des bises elisabeth🙂

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  9. Bonsoir Elisabeth,
    La peur, nous la connaissons tous et cela tout au long de notre vie, parfois elle est très handicapante.
    Lorsqu’elle est handicapante à un point extrême, je pense qu’il faut en trouver le pourquoi, afin de mieux comprendre et espérer modifier les choses. Dans mon analyse de cette peur, j’ai remarqué qu’elle pouvait avoir comme point de départ l’enfance et des parents, peu ou pas sécurisants. La peur traduit donc un manque de confiance en soi et des autres, non ?
    Et puis parfois, elle est positive, car elle nous met des barrières et nous évite ainsi de faire des bêtises.
    Je peux me tromper, mais je pense qu’elle est un sentiment qui est nécessaire à notre vie et que nous ne pouvons donc la soustraire.
    C’est encore une histoire de juste milieu et donc d’équilibre psychique, il me semble😉
    Que penses-tu de mon analyse Elisabeth ?
    Belle soirée et douce nuit à toi avec mes tendres bisous

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    • Je pense que ton analyse est juste et profonde, Fanfan.
      Nos plus grandes peurs prennent racine dans l’enfance, surtout si nous n’avons pas grandi dans un environnement sécurisant et aimant.
      Nous devenons craintifs et n’avons confiance ni en nous ni en la Vie. Dans les cas où elle devient paralysante où se transforme en anxiété ou en angoisse chronique, effectivement, il est bon de se faire aider par un thérapeute compétant.
      Il y a aussi ceux qui ont peur d’avoir peur…et là, essayer de l’apprivoiser et surmonter, en commençant par les petites choses est indiqué.
      Marianne Williamson parle d’une façon extraordinaire de notre plus grande peur : https://tarotpsychologique.wordpress.com/2012/04/02/notre-plus-grande-peur/
      Et effectivement, il y a aussi la positive, venue de notre cerveau reptilien qui nous protège du danger, parfois sans que nous en prenions conscience tout de suite.
      Le juste milieu est à chercher dans chaque situation et l’équilibre psychique se travaille.
      Merci pour ton commentaire, Fanfan, échanger avec toi est une véritable joie…
      Belle nuit et toute ma tendresse

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  10. Il est difficile de n’avoir aucune peur de nos jours…
    (l’insécurité de l’âge n’aide pas…)
    mais on doit faire les efforts nécessaires
    pour garder nos yeux tournés
    vers la Lumière de la Confiance.

    Bonne semaine !

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