Les paroles de sagesse d’Anselm Grün

Les blessures sont la part de tout homme. Il y a naturellement dans ce monde beaucoup de choses que nous ne pouvons pas changer, des souffrances que nous ne pouvons pas supprimer. Mais il nous appartient de décider si nous voulons rendre nos blessures plus aiguës en nous blessant encore nous-mêmes. Anselm Grün, bénédictin, introduit ses lecteurs et lectrices à l’art de ne pas se rendre la vie inutilement difficile. Il arrive à cette conclusion : la voie chrétienne est toujours une voie de liberté. Un cheminement spirituel et mystique justement compris aide toujours à rester maître de sa vie.

« Même si momentanément tu ne te sens pas aimé et tu n’as personne avec qui tu es relié par l’amour, fais confiance à l’amour qui est en toi. Tu as en toi une aspiration à l’amour, il y a déjà l’amour. Lorsque tu souffres par l’amour, tu sais néanmoins ce qu’est l’amour. Fais donc confiance à l’amour qui est en toi ; peu importe que tu sois momentanément amoureux et aimé par un autre ou pas.

Il y a en toi le don de l’amour. Fais confiance à cet amour. Laisse-le pénétrer en toi. Ressens-le. Savoure-le. Il rend ta vie plus riche. Et il te confère de nombreuses possibilités de vivre d’une bonne manière. Essaie de vivre effectivement ces possibilités offertes par l’amour. Dès lors ta vie sera véritablement réussie. Tu pourras alors faire avec gratitude l’expérience des dons de l’amour. »

Extraits de L’hymne à l’Amour

« Je me sens libre quand je me sens aimé. Je ne suis pas alors obligé de me conformer aux attentes d’autrui ; j’ai le droit d’être tel que je suis. Quand je me sens aimé par un autre être, je peux auprès de lui laisser paraître ce que j’éprouve ; je n’ai pas à craindre en permanence ce qu’il va penser de moi. Je me sens accepté tel quel. Si je me sens réellement aimé dans toute ma façon d’être là, je suis libre de la contrainte de toujours devoir réussir, faire mes preuves, correspondre aux critères de la société. »

Extraits du Petit traité de spiritualité au quotidien

« Plutôt que de gratter sans cesse la « blessure de ne pas être aimé », selon l’expression de Peter SCHELLENBAUM, nous ferions souvent mieux de rechercher dans notre vie la marque des anges qui l’ont visitée. C’est-à-dire la trace de ces influences bénéfiques, curatives, à l’œuvre dans toute vie.

C’est elle que je découvre quand je me demande où je me suis senti bien dans mon enfance, où j’ai pu m’oublier moi-même, où je me suis tout entier absorbé dans mes jeux. Quels étaient mes lieux de prédilection ? Qu’y ai-je fait ? Quel était mon jeu préféré ? Où me sentais-je tout à fait dans mon élément ? Si je remonte ces traces, je constate que je n’étais pas entièrement livré à des parents eux-mêmes malades et pathogènes, mais que dès mon enfance, un ange m’a accompagné… »

Extraits de Chacun cherche son Ange

Ange

« L’expérience de la liberté intérieure détermine aussi notre conduite envers les autres et envers Dieu. Dans ses relations à l’autre, l’homme a besoin de trois vertus : la netteté ou la limpidité, la fidélité et surtout la pudeur. Dans sa relation avec les autres, chacun doit découvrir et développer sa propre individualité :

« Car, en vertu de la position qui lui a été attribuée dans le drame de ce monde, chacun ne devrait-il pas jouer un autre rôle ou accomplir une autre tâche sur le bateau de la vie ? Chaque individu est unique et doit trouver sa place, reconnaître le rôle que Dieu lui a assigné dans le drame de ce monde. » (Épictète)

« Nous ne voyons pas la réalité de façon objective, mais toujours à travers des lunettes particulières. Nous projetons souvent nos attentes inconscientes ou nos craintes dans les choses. C’est ainsi que nous voyons les personnes qui nous entourent à travers les lunettes de notre projection. Nous projetons sur eux nos défauts et interprétons de manière erronée leur façon d’agir. » (Epictète)

« La liberté consiste en ceci : savoir où sont nos frontières, faire clairement la différence entre ce qu’est un autre et ce que nous sommes. » « C’est seulement dans la liberté que je fais l’expérience de ma dignité d’homme. M’adapter continuellement pour être bien vu des autres et pour atteindre des échelons plus élevés dans la carrière me prive de ma liberté ainsi que de ma dignité. Cela me déformera et me rendra malade physiquement et spirituellement. »

« Notre amour vient souvent non pas d’une liberté intérieure, mais de la pression de devoir faire du bien à tout le monde et être bien vu de tous. Et cette pression se transforme souvent en migraine. Quand notre amour a sa source dans la liberté intérieure, nous n’éprouvons alors normalement, aucun mal de tête.

Le corps est un loyal indicateur qui nous éclaire sur l’authenticité de notre liberté ou nous informe que notre engagement est déterminé par des exigences extérieures, par le besoin d’être bien vu et reconnus par la peur de décevoir les autres et de perdre ainsi leur soutien.

Si notre amour provient de nos propres besoins et de l’attente impérieuse des autres, nous allons alors nous blesser nous-mêmes. Ce sont les fausses idées que nous avons de notre ministère, et non ce ministère en soi, qui nous blessent. »

« Il y a des souffrances devant lesquelles je me trouve tout simplement sans paroles. Je dois d’abord m’incliner avec respect devant la souffrance humaine et je m’interdis quelque interprétation que ce soit. Je garde le silence. Je prends la souffrance au sérieux et je partage ce que j’éprouve avec la personne qui me confie sa misère.

Puis je réfléchis à la façon dont l’autre peut se comporter avec sa douleur. Si je m’arrête à la compassion, cela peut pour un temps, soulager l’autre, mais ne l’aidera pas par la suite. Je cherche donc avec beaucoup de prudence à l’orienter vers le domaine intérieur, qui même dans une maladie aussi humiliante que l’épilepsie, n’est pas touché : j’essaie d’attirer son attention sur la dignité sacré qu’aucune maladie, si horrible soit-elle ne pourra détruire.
Mais je dois le faire avec beaucoup de ménagements et de délicatesse et d’abord saisir la souffrance dans toute sa gravité et m’en laisser imprégner. »

« L’amour de Dieu peut être comme un bouclier contre la méchanceté de ceux qui cherchent à nous faire du mal. Cet amour est plus fort que toutes les menaces qui nous viennent de l’extérieur. »

« La grâce de Dieu a un effet pédagogique ; elle nous enseigne à vivre dans la vérité et nous initie à l’art d’une vie saine ; elle construit et façonne en nous des hommes selon la volonté de Dieu, des hommes véritables. »

« La relation à Dieu nous met en contact avec notre source intérieure à laquelle nous pouvons sans cesse puiser parce qu’elle ne tarit jamais. Cette relation fait vraiment de nous des vivants. Elle nous fait don de ce que l’évangile de Jean appelle  » vie éternelle », vie véritable, plénitude de vie. »

Extraits du livre Conquérir sa liberté intérieure

« La dépression, c’est quoi ? C’est une mésestime de soi. Comme chrétien, je la traduis comme un décalage entre l’image que je me fais de moi et l’image que Dieu se fait de moi. Tous, nous vivons cette tension. Nous nous rêvons riches, séduisants, puissants, nous nous fixons des objectifs très élevés.

Or, tout ne marche pas toujours comme nous l’aimerions : nous sommes limités, physiquement et intellectuellement, et nous ne sommes pas seuls au monde, mais entourés d’autres, qui eux aussi ont leurs limites ! (…) La guérison est dans le réajustement de nos deux images : la personne que nous voudrions être, et celle que Dieu a voulu que nous soyons.

Extraits d’une interview accordée à Pèlerin magazine le 21 mars 2013

24 réflexions sur “Les paroles de sagesse d’Anselm Grün

  1. Merci Elisabeth pour ces extraits très intéressants… mais que c’est difficile d’enlever les lunettes qui nous font voir les choses plus sombres qu’elles ne sont pour chausser celles de l’Amour ! Encore un grand chantier à travailler sur nous-mêmes🙂

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  2. Merci Elisabeth pour ces extraits. On cherche toujours à résoudre nos problèmes, voir ce qui ne va pas…et si on regardait « le bon » qui est en nous, et qu’on restait en contact tout simplement avec cela…Touchée par cette expression « la marque des anges »…
    Bon dimanche à toi. Tendresses

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    • Tu as raison, Marylaure, bien sûr qu’il est important de continuer à travailler sur soi mais, marquer un temps d’arrêt, pour voir le chemin parcouru et surtout nous rappeler des beaux souvenirs, les moments de bonheur où nous étions en connexion nous redonne tant de forces.
      Excellente semaine à toi, toute ma tendresse

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  3. Quand on est dans une relation d’amour, on prend conscience à quel point ce lien est un espace de confiance et de liberté. J’admire les hommes et les femmes qui ont trouvé les clefs pour faire basculer cet état que l’on va vivre avec une personne en particulier à toute une vie. Je les admire parce qu’ils donnent de l’espoir.

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  4. Un bel article et de bonnes citations pour nous rappeler qu’au-delà des impondérables et de ce qui est hors de notre contrôle, tout est une question de perspectives et d’attitudes, bien que tout cela soit si relatif à notre condition première.
    On peut dire que tu nous offres toujours matière à réflexion.
    Toujours intéressant!!!

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  5. Merci merci chère Elisabeth …!
    Tu avais vraiment suscité mon intérêt hier face au livre :  » Chacun cherche son Ange  »…
    Et voilà qu’aujourd’hui tu nous offres quelques extraits….( cadeau ) et bien d’autres tellement intéressants du même auteur, que je découvre ….
    Mon Ange ? …Je le sens avec moi depuis mes 6 ans …!

    Bonne soirée
    Tendresse

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  6. voilà un article qui tombe à point nommé, tant je peinais à trouver les mots pour une chère amie
    je lui envoie le tout, espérant que « « Plutôt que de gratter sans cesse la « blessure de ne pas être aimé », selon l’expression de Peter SCHELLENBAUM, nous ferions souvent mieux de rechercher dans notre vie la marque des anges qui l’ont visitée.  » fera écho

    merci !

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    • Ravie de cette synchronicité, Pooky, ce passage m’a beaucoup touché aussi car il est vrai que souvent, nous grattons nos blessures, au lieu d’y appliquer un baume apaisant. Et quoi de plus beau qu’un Ange qui est toujours prêt à nous aider…
      Merci à toi, je t’embrasse

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  7. Oh oui, beaucoup de sagesse et de réflexions dans tous ces propos. Je retiens qu’il est important est de se libérer de la volonté de vouloir plaire ou de recueillir à tout prix l’amour des autres. L’important est d’être vrai et que les choses viennent de l’intérieur.
    Cela me fait penser à la colère.
    Se libérer de la colère apporte tellement de liberté, procure tellement de hauteur. En être capable, est un signe de maturité. (Petite digression).
    Bonne après-midi Elisabeth.

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    • Belle compréhension et excellente digression, Yveline, se libérer de la colère, ce poison qui nous ronge, nous libère et apporte une paix inestimable.
      Surtout, si cette colère est dirigée contre nous-mêmes…
      Excellent week-end à toi

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    • La foi m’a toujours été d’une aide immense et elle me soutient sur mon chemin.
      Effectivement, refuser les signaux d’alarme, par crainte de souffrir, peut nous plonger dans une dépression, qui est toujours le signe d’un changement nécessaire.

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