Guy Corneau : Se transformer en or

Au moment où plusieurs se reprochent de ne pas avoir transformé leurs économies en or trébuchant et sonnant, les vieux alchimistes nous rappellent que la véritable richesse n’est pas celle-là. En effet, au centre du Grand Œuvre trône l’idée de transformer le plomb en or. Le psychiatre suisse Carl Gustav Jung a largement commentée cette fascinante image sur le plan psychologique car pour lui il était clair que c’est de transmutation intérieure dont il s’agissait.

Toutefois, de quel plomb est-il question ? James Hilman, éminent psychanalyste jungien, m’a dit un jour : « Lorsque nous retournons voir nos parents, dès le seuil de la maison, un poids s’abat sur nous. C’est le poids du passé. Voici le plomb dont parlent les alchimistes. »

Ce poids est fait d’habitudes et d’attitudes, de tout ce que nous avons été et vécu. Il persiste en nous à notre insu. Par exemple, ma mère vient de me téléphoner. Même si je lui ai parlé il y a trois jours, elle se plaint amèrement que ses enfants l’ont oublié et que plus personne ne lui téléphone. D’un seul coup, cela m’a irrité. Je me suis senti impuissant devant sa détresse. Le poids du passé venait de me sauter au cou.

La matière première du Grand Œuvre intérieur est ce qui nous « emmerde », si vous me passez l’expression, ce qui affecte notre état d’âme et l’alourdit. Il s’agit parfois d’une expérience qui évoque ce qui a été, parfois il s’agit de l’actualité de nos vies qui nous plonge dans la morosité, et parfois encore du sort du monde qui nous jette dans le noir.

Pourtant, dans ces moments d’encombrement intime, nous pouvons dire que nous n’avons jamais été à la fois si éloigné et si rapproché d’une possibilité de transformation intérieure. Si éloigné parce que notre état est bien loin de l’or et de sa lumière, si rapproché parce que sans avoir identifié cette matière première nous ne pouvons commencer le travail.

Si le plomb parle de ce qui nous « plombe », qu’en est-il de l’or ? L’or d’une vie est sa joie, son amour, sa force créatrice, ce qui nous allège et nous donne de l’élan. L’or d’une vie est sa beauté. Les Tibétains, ces alchimistes des hauts plateaux spirituels parlent du fond lumineux de l’être que personne n’a à créer puisque ce fond constitue la nature même de tout ce qui est.

Peut-on utiliser alors les obstacles qui se présentent comme autant d’occasion de découvrir qui nous sommes réellement ? Comme des opportunités de rencontrer non seulement les ombres qui nous attachent au passé et qui entraînent sa terrible répétition mais de développer également nos précieuses ressources aurifères ? Il n’y a sans doute pas d’autre issue, même si tout ce travail d’épuration répugne à la plupart d’entre nous.

Est-il vrai que nos états intérieurs dépendent par exemple de ce qui nous arrive ? Si tel était le cas, nous serions de purs esclaves. Par contre, si l’on peut au cœur de l’épreuve trouver une joie intérieure qui est indépendante des circonstances et prendre appuis sur elle pour rester debout, nous venons de trouver la racine de la liberté.

L’alchimiste de Adriaen von Ostade (1610-1685), 1661

On commence alors à fabriquer de l’or. Sans relâche les situations de l’existence nous invite à cultiver la même attitude : recevoir la vie de façon amoureuse et nous unir à elle pour accomplir pas à pas l’œuvre de transmutation intime. Ainsi, les alchimistes nous invitent à devenir de véritables artistes de nos vies, des êtres qui se transforment en découvrant leur nature profonde, des artistes dont l’accomplissement est leur vie même.

« Invaincu, invincible, dont on ne triomphe pas », voici l’étymologie du mot « Invictus » le titre du poème que le jeune poète William Ernest Henley écrivit sur son lit d’hôpital à vingt-cinq ans après avoir été amputé d’un pied. Ce texte devint l’inspiration majeure de Nelson Mandela pendant ses vingt-six ans d’emprisonnement.

Il fut la source de sa résilience, le creuset de la transformation du plomb de ses chaînes en l’or de sa détermination. Pendant ces longues années, ce sont ses prisons intérieures qu’il transmutait : « Aussi étroit soit le chemin, nombreux les châtiments infâmes, je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. »

Ainsi peut-on cultiver la sérénité au cœur de l’épreuve. Et ce précieux métal, on ne peut le trouver que si l’on part à sa recherche, que si l’on se fait troubadour, trouvère, trouveur d’or.

http://www.toslog.com/guycorneau/accueil

http://www.repere.tv/?p=8315

http://www.repere.tv/?p=8735

59 réflexions sur “Guy Corneau : Se transformer en or

  1. Merci , Elisabeth, pour ce texte de Guy Corneau que je trouve magnifique et si proche de ce que nous vivons au jour le jour… L’alchimie nous paraît souvent bien éloignée de nos préoccupations quotidiennes, alors qu’elle est au coeur de la Vie, au coeur de nos vies…

    Le plomb du passé , je connais un peu…en lisant le texte, je le ressentais presque « physiquement »…
    C’est ce qui est tellement « lourd » à soulever… ce qui nous empêche d’être dans la légèreté, dans la vérité de nous-même…c’est le « boulet » (généalogique et personnel, ancien et actuel) que nous traînons au pied et qui rend notre démarche si lente …et c’est vrai, que même « bien avancé » dans la vie, il suffit parfois de retourner dans la maison familiale, ou de revoir ses parents pour que ce « passé de plomb » revienne…d’un coup et ramène avec lui son cortège de pensées négatives.

    Mais c’est aussi notre « point de départ » (materia prima)…c’est ça que nous devons nous « coltiner » pour en faire autre chose… c’est ça que nous sommes venus « transformer »… et c’est peut-être même la raison profonde de notre naissance dans cette famille-là, dans ce contexte-là, dans cette époque-là : la possibilité, en nous, d’en faire quelque chose de moins « plombé »…d’en faire quelque chose de beau…
    Je crois que c’est dans « Dialogue avec l’ange » qu’il y a un passage qui dit « Le Poids est la Voie », « celui qui sur la Terre est sans poids, est sans voie ».
    En fait, c’est justement ce qui est notre poids, notre plomb…qui définit ce que nous avons à faire, la « transmutation » que nous avons à effectuer dans cette vie-ci.
    C’est dur à « encaisser », car on a toujours tendance à se considérer comme une victime…mais sans ce plomb de « départ », aucun « or » n’est possible, aucune « lumière » ne peut naître…
    Nelson Mandela avait mille raisons de se décourager devant le « poids » de sa vie…et de ses presque trente années de détention…mais il a gardé le cap, l’espoir…et réussi à en faire sa plus grande « force »…il a fait de sa vie une lumière et est devenu un exemple de courage et de tenacité pour des millions de gens.
    Le serait-il devenu sans ces épreuves ?

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    • Merci pour ce magnifique commentaire, Licorne. L’alchimie semble en effet si éloignée de nos vies, reléguée au rang d’une science « occulte », alors, que même sans le savoir, nous en faisons toute notre vie.
      Ce plomb, si lord à soulever revient souvent et comme tu le dis, le poids du passé de nos mémoires familiales, transgénérationnelles et même celles de l’humanité nous coupe de la joie et de la légèreté.
      Mais sans lui, point de l’or car tout processus de transmutation commence avec cette « materia prima ». Et je crois aussi, que nos âmes ont choisi en pleine conscience ces incarnations, même les plus difficiles afin d’effectuer ce travail.
      Merci pour tes citations, je ne m’en souvenais plus mais elles sont si justes et vraies.
      Jouer les victimes est la solution de refus, seule l’acceptation mène à la voie.
      Ton exemple de Nelson Mandela est si parlant, il y avait tant d’épreuves dans sa vie mais non seulement il a su les surmonter mais il en a fait sa grande force.
      Et la puissance de sa Lumière a redonnée l’espoir et a fait de lui une légende, un phare dans nos nuits noires.

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  2. Merci Elizabeth pour cet article avec de si riches commentaires. Ca fait longtemps que je médite sur la signification de l’alchimie et sur ce qu’en a dit JUNG. Je viens de terminer « les 9 visages du christ » qui me laisse un peu perplexe. En fait je me trouve un peu dans la nuit noire dont ils parlent . Mais je viens d’entamer « le livre tibétain de la vie et de la mort » et j’espère trouver le détachement qui me permettra de voir la réalité de l’impermanence. Alors, votre article « Guy Corneau : Se transformer en or » est le bienvenu. Je le lis avec un oeil neuf.

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    • Je présume, Jean-Michel, que ce sujet fait partie de vos recherches si vastes, auxquelles vous consacrez tant de temps et d’intérêt. Et depuis que vous étudiez, je suppose que ce n’est pas le premier livre qui vous perturbe, cela aussi fait partie de notre travail, que d’être ébranlé, ce qui vaut tout de même mieux que de se scléroser dans les croyances figées.
      Merci pour votre précieux témoignage…

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  3. ah, THE famous « Invictus »… les 2 derniers vers sont ma devise depuis des années, je préfère la version anglaise: »I am the master of my fate – I am the captain of my soul. »🙂
    * * *
    bonne santé, une soirée agréable et amicales pensées, Mélanie

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  4. Très bel article, nous sommes effectivement assez synchro dans nos inspirations!😉

    Accepter ses défaites c’est accepter de voir le plomb à transformer mais sans s’en sentir coupable car la plupart du temps elles sont le fruit de schémas inconscients. Et il ne sert à rien de culpabiliser, c’est le meilleur moyen pour ne pas se relever. Car ce n’est pas faiblesse que tomber, c’est humain et souvent nécessaire, la vraie faiblesse est de ne pas se relever en se dénigrant et se sentant coupable. Il faut effectivement pour cela apprendre à prendre un certain recul par rapport à ce qui nous arrive et ne pas laisser les émotions nous envahir et nous contrôler, mais voir les épreuves avec bienveillance, chercher le schéma de plomb qu’elles mettent en lumière et qui demandent à être transformé en or.
    Accepter ses victoires est un formidable encouragement et un aperçu de l’or, à condition de ne pas se croire arrivé alors qu’on est au commencement du chemin😉

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    • J’ajouterai qu’il faut parfois travailler, retravailler, et retravailler encore et encore le même schéma pour en venir à bout, et que ce n’est pas une preuve de faiblesse ou de travail mal fait : c’est juste qu’il est bien enraciné et qu’il faut creuser en plusieurs fois pour le déterrer! C’est trouver et accepter le juste équilibre entre le « trop » qui relève de la précipitation et le « pas assez » qui relève de la fainéantise, en respectant son propre rythme individuel : l’alchimie est un art qui demande patience et concentration😉

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      • « Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
        Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
        Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
        Ajoutez quelquefois, et souvent effacez »
        Nicolas Boileau

        Et pour ma part, je dirais mille fois😀 Certains schémas viennent de si loin, que déjà les débusquer est un gros travail, et les changer prend parfois toute une vie. Le fameux « juste milieu », le respect de nos rythmes, la patience et la justesse intérieure sont les clés de tout travail bien fait

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    • Cette synchronicité, je l’ai ressentie dès ma première visite sur ton blog, Sophia…
      Comme tu le dis si bien, la culpabilité nous enfonce et nous empoisonne, comme tous les côtés sombres, qui ne cherchent qu’à devenir lumière, une fois mis à la conscience. Sans nos épreuves, nous ne pourrions jamais devenir qui nous sommes véritablement, alors, acceptons de tomber et se relever pour mieux se révéler…
      Garder la bienveillance mais aussi la justesse sur le chemin car, nous ne sommes jamais arrivés mais toujours en devenir.
      Merci pour ce beau et riche commentaire

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  5. Bonjour Elisabeth,
    Que j’aime ces quelques phrases de William Ernest Henley où Mr Mandela a pris toute sa force. Toute est dit ici😉

    Dans les ténèbres qui m’enserrent,
    Noires comme un puits où l’on se noie,
    Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
    Pour mon âme invincible et fière,

    Dans de cruelles circonstances,
    Je n’ai ni gémi ni pleuré,
    Meurtri par cette existence,
    Je suis debout bien que blessé,

    En ce lieu de colère et de pleurs,
    Se profile l’ombre de la mort,
    Et je ne sais ce que me réserve le sort,
    Mais je suis et je resterai sans peur,

    Aussi étroit soit le chemin,
    Nombreux les châtiments infâmes,
    Je suis le maître de mon destin,
    Je suis le capitaine de mon âme.
    Traduction d’après la VF de la série Les Frères Scott
    Dans la nuit qui m’environne,
    Dans les ténèbres qui m’enserrent,
    Je loue les dieux qui me donnent
    Une âme à la fois noble et fière.

    Prisonnier de ma situation,
    Je ne veux pas me rebeller.
    Meurtri par les tribulations,
    Je suis debout, bien que blessé.

    En ce lieu d’opprobre et de pleurs,
    Je ne vois qu’horreur et ombres.
    Les années s’annoncent sombres,
    Mais je ne connaîtrai pas la peur.

    Aussi étroit que soit le chemin,
    Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme;
    Je suis le maître de mon destin,
    Le capitaine de mon âme.

    Merci à toi Elisabeth de tant de partage, belle fin de semaine et douce soirée.
    Toujours en musique😉

    Tendres bisous

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    • Je sais quelle belle alchimiste tu es 😉 Tu as déjà bien approfondie tes investigations et cet outil supplémentaire ne fera qu’enrichir ta palette, même si l’essentiel sera toujours ton cœur si grand ouvert et ton immense sensibilité…
      Je t’embrasse tendrement, Emmanuelle

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  6. Ainsi, les alchimistes nous invitent à devenir de véritables artistes de nos vies, des êtres qui se transforment en découvrant leur nature profonde, des artistes dont l’accomplissement est leur vie même. : une bonne psychanalyse finalement. Le truc du coup de fil « de maman » m’a amusé. Mes parents ne me téléphonent jamais pour ne pas déranger, ils attendent que je donne des nouvelles😉

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    • « Des artistes dont l’accomplissement est leur vie même »… merveilleuse formule, Annawenn, toi, qui es une artiste dans l’âme et dans tes créations… Le passage sur la famille est effectivement drôle, dans sa forme, ravie que tes parents soient respectueux de ton espace.
      J’espère que tu te remets doucement de tes soucis de santé…

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  7. Apprendre à prendre un certain recul face à ce qui nous arrive et garder en perspectives que bien des situations sont hors de notre contrôle. Avoir l’humilité de ne pas s’approprier les « victoires » qui ne sont bien souvent que le fruit du hasard permettra aussi de ne pas s’approprier impitoyablement les « défaites ». Oui, il faut assumer les conséquences de nos gestes, mais il n’est pas sain de s’alourdir du poids de ce qu’on ne contrôle pas ou qui ne sont pas conséquence de nos actions.
    Salutations sincères,

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    • Belle réflexion sur le lâcher prise et l’attitude juste, Kleaude… J’aime particulièrement quand tu soulignes la distinction à faire, entre ce qui nous appartient et le poids de la culpabilité non justifiée, que nous nous imposons souvent et qui nous « plombe »…
      Merci et belle soirée

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    • En réponse à Kleaude :
      Personnellement, je ne crois pas au hasard : les victoires comme les défaites sont les fruits de nos actes, qu’ils soient conscients ou non. Le tout est de garder assez d’humilité pour ne pas se croire arrivé au bout du chemin et avoir terminé le travail à chaque victoire, mais de la voir comme un bel encouragement qui nous prouve qu’on en est capable! De même, avoir assez d’humilité pour ne pas penser que l’on peut tout contrôler et s’auto-lyncher à chaque défaite (réelle ou vécue comme telle) : elle est là pour nous montrer le schéma de plomb qui l’a provoquée, souvent inconscient, et qui demande à être transformé consciemment en or😉

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  8. Je sais que ce style d article n est pas ta tasse de th. Ceci dit, sans pouvoir expliquer pourquoi, je trouve grande raisonnance avec l exemple cit, propos des parents. Je ressens une sorte de frein l ide d aller Nancy le 1er mars. Je crois qu’ actuellement j ai besoin d exister tel que je suis, que a plaise ou non. Je ne v eux ni blesser, ni tre blesse. Tu comprends ? Les nons dits et sous entendus sont forts ds ta famille. C est souvent.une preuve motionnelle pr moi. M aideras tu rester droite et juste ? Var j ai besoin de te sentir mes ct mon amour.

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    • Merci pour ce commentaire, Judicaele mais je n’ai pas bien compris à qui vous adressez vous ?
      Votre appréhension est compréhensible car, comme il est dit dans l’article, nos familles sont justement ce plomb que nous devons transmuter, et les affronter constitue une grande épreuve émotionnelle.
      Restez donc droite et juste pour ne pas être blessée ni ne blesser personne…

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        • Aucune forme de spiritualité véritable ne peut se dissocier de la matière, et c’est notre corps qui est le creuset alchimique. Passer des émotions grossières à l’état de conscience éveillée, résume en grandes lignes ce processus de transmutation.
          Pour moi, l’âme est immortelle par sa nature, et elle a le choix de tourner dans la roue de Samsara ou bien se dissoudre à jamais dans le Divin.
          Tant qu’il y a incarnation, il y a souffrance, du moins dans l’état actuel de nos consciences… ensuite, tout dépend de la façon de la vivre et la transformer. Qu’en penses tu ? Et que signifie le mot « malédiction » pour toi ?
          Merci, Coquelicot, les échanges avec toi sont si nourrissants…

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          • Je pense que l’incarnation peut être vécue comme une malédiction, alors elle en est une. Le plomb est la malédiction.
            Pour moi la conscience est une et immortelle. Je me représente l’âme comme une configuration particulière de cette conscience où l’incarnation serait l’épreuve du feu. Si l’expérience réussit, que la conscience éveillée parvient à s’épanouir dans la lourdeur de la matière, alors la grande la conscience dont nous sommes issus s’enrichit d’une configuration stable et viable. Sinon, comme tu le dis si bien, l’âme se dissout dans le divin, et ce n’est pas vraiment mourir que de se dissoudre dans une conscience immortelle…
            J’ai l’air d’affirmer cela avec assurance, mais je réalise aussi qu’on n’échappe pas à la représentation, or une représentation est toujours partielle et subjective…

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            • Effectivement, nous recevons et vivons selon nos croyances. Mais si le plomb est la malédiction, comment obtenir de l’or, puisque c’est le premier qui constitue la materia prima ? Et la Lumière surgit des ténèbres…
              Tu conçois donc la Conscience comme quelque chose d’universel, à la manière des bouddhistes qui la comparent à l’océan, dont nous sommes des gouttes, appelées à le rejoindre. J’ai aussi cette vision.
              Ce choix, entre le retour dans la roue des incarnations, qui en quelque sorte, est un refus de mourir à soi, et la volonté de s’abandonner au Divin, sans savoir ce qui nous attend, est évoqué dans de nombreuses traditions orientales et me convainc assez.
              Tu dis si bien « qu’on n’échappe pas à la représentation, or une représentation est toujours partielle et subjective… » et je suis bien d’accord. Mais il y a aussi ce besoin de donner du sens à nos existences, souvent si pesantes. Difficile de faire la part entre agir en confiance et trop se questionner… avec nos consciences limitées mais en tout cas, cet échange me passionne, merci encore Coquelicot

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              • Moi aussi, cette conversation me passionne!
                Je crois que le Divin cherche et expérimente à travers nous, souffre et se réjouit avec nous. Que l’incarnation correspond à une incroyable vibration de confiance (l’or). Et l’âme qui garde ou retrouve cette vibration originelle n’a plus besoin de se dissoudre car elle est conforme au Divin. Elle est, tout court.
                Il me semble que ma conception des choses est plus chrétienne que bouddhiste. Cependant, ces 2 visions ne s’opposent pas forcément. Quand je dis qu’une représentation est partielle et subjective, ce n’est pas dans un élan de doute, mais parce que j’ai conscience que chaque courant de pensée tranche dans le champs des possibles et pourtant soulève le voile d’une manière ou d’une autre.

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                • Alors, j’en suis ravie, Coquelicot…
                  Je crois aussi que nous sommes l’expression du Divin, qui nous a crée à son image et afin que nous soyons réunis à Lui. Il cherche et expérimente à travers nous, j’en suis convaincue… après, oui, il se réjouit mais souffre-t-il, puisque, en tant que Conscience Absolue, il sait que nos épreuves nous sont nécessaires.
                  Il nous a laissé le libre arbitre et n’intervient jamais, à moins que nous le lui demandions et là, encore, il ne nous donne pas forcément ce que nous désirons mais ce qui est le mieux, même si nous ne le voyons pas dans l’immédiat.
                  Je crains d’avoir mal utilisé le terme « se dissoudre » car il ne signifie pas disparaître mais justement, arriver à cette fusion absolue. Et en parlant de ce choix qui se présente à l’âme au moment du passage, je m’interroge sur la nécessité des incarnations successives car, comme je le disais, vouloir revenir, demeure quelque part un attachement à l’ego qui ne veut pas renoncer.
                  Comme dans L’Apocalypse de Saint-Jean, la bête, à la blessure mortelle qui ne voulait pas mourir.
                  Et cet abandon de toute volonté propre est le signe d’un Amour et de la confiance extrême : je ne sais pas ce qui m’attend mais je m’abandonne à mon Créateur…
                  J’avoue, que quand j’ai entendu cela, lors d’un cursus sur l’Apocalypse, j’ai été profondément troublée et je le suis encore. Attention, il s’agit tout de même de nous construire entièrement et ne pas vouloir mourir, avant d’être pleinement né à nous-mêmes… cela je l’ai compris à mes dépens, après une grosse crise mystique😀
                  Je suis aussi profondément chrétienne dans l’âme mais cette image de la goutte qui retourne à l’océan illustre bien ce « retour à la maison » et l’acquisition de la Pleine Conscience, non limitée par cette vie dans trois dimension. Ce qui rejoint ta remarque sur une représentation partielle et subjective, du moins, je la lie à cela…
                  C’est un bonheur de « soulever le voile » en ta compagnie, tu es une si belle et sage âme… merci

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                    • C’est une théorie de Charles Rafaël Payeur, un prêtre canadien, très peu orthodoxe😀 , dont j’ai suivi l’enseignement, notamment sur L’Apocalypse selon Saint-Jean. Je ne sais pas si tu as lu les commentaires qui précédent mais à son avis, le désir de revenir, afin de se perfectionner, est surtout lié à la volonté de ne pas mourir à soi, pour s’abandonner au Divin.
                      Comme si nous voulions devenir de plus en plus parfaits mais par nos propres moyens, en oubliant que la seule perfection nous vient de Lui.
                      Cette théorie qui existe dans les anciens écrits orientaux, parle du choix, que l’âme a au moment de sa mort, soit revenir dans la roue de Samsara, soit, s’abandonner au Père, un peu comme si nous Lui disions : « que ta volonté soit faite et pas la mienne »…
                      Comme je l’ai écrit, cette question me « travaille » depuis des années car il y a de quoi être perturbée.
                      J’évoque aussi la nécessité de nous construire entièrement, et bâtir un ego sain, avant d’offrir cela au Divin… un peu à la manière des moines bouddhistes, qui dessinent des sublimes mandalas avec du sable, pour ensuite les disperser au vent….
                      J’avoue que je ne suis pas encore bien au clair avec tout cela mais la possibilité de ne plus me réincarner me tente assez… et surtout offrir tout ce que j’ai pu devenir à mon Créateur…
                      Doux bisous, Emmanuelle

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                  • Merci de nous faire partager ce bel échange.
                    Concernant la nécessité des incarnations successives, cela ne peut-il être vu comme le fait de continuer le processus alchimique? En effet, selon cet art il faut travailler encore et encore la matière dans le creuset afin de la faire passer du rouge au blanc, puis à nouveau au rouge, puis à nouveau au blanc etc. Peut-être faut-il revenir dans le creuset du corps jusqu’à être parfaitement pur et transformé sur tous les plans, grâce à une multitude d’expériences qu’une seule vie ne suffirait à vivre pleinement?😉
                    Et là alors, cela peut également être un geste fraternel que de revenir pour apporter son aide et encourager ceux qui n’ont pas terminé le travail…

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                    • Merci à toi, Sophia, d’apporter ta riche contribution. En effet, cette théorie me plaît beaucoup car, comme tu dis, une seule vie ne suffit pas à l’achèvement de l’œuvre, et chaque incarnation est une possibilité d’expérimenter cette multitude de facettes, dans les corps et les vies différents.
                      Revenir pour apporter son aide, rejoint la notion bouddhiste d’un bodhisattva, être éveillé qui n’a plus besoin de se réincarner mais le fait par compassion envers les êtres en souffrance.

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  9. La lecture de cet article est comme une caresse pour l’âme …
    Comme si chaque paragraphe résonnait comme un accord harmonique …en diapason avec la Lumière….
    Merci Elisa …
    Je porterai ces mots :  » si l’on peut au cœur de l’épreuve trouver une joie intérieure qui est indépendante des circonstances et prendre appui sur elle pour rester debout, nous venons de trouver la racine de la liberté.  »

    Bonne journée
    Tendresse
    Manouchka

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    • « Une caresse pour l’âme … », c’est si beau et poétique, et si ces mots résonnent en toi, Manouchka, ce que tu es en diapason avec la Lumière….
      Que cette joie intérieure t’accompagne toujours.
      Belle soirée et toute ma tendresse

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