Pourquoi la femme fait peur ?

Anthropologue des religions et spécialiste en psychanalyse, Michel Cazenave s’intéresse particulièrement à la perception de la femme dans les religions et, plus largement dans les mentalités. Il répond à nos questions, dans le cadre du dossier « Et si Dieu était une femme ? », paru dans le Monde des Religions.

Comment analyser la misogynie de nombre de traditions religieuses ?

Van Loo, Carle Médée

Autant que nous puissions le savoir, c’est toujours par les femmes que se sont transmises la conscience religieuse et l’appréhension d’un infini qui dépasse si largement l’humanité. Lorsque le psychanalyste Jacques Lacan tente de définir la « jouissance supplémentaire » qui serait celle des femmes, il fait appel à Thérèse d’Ávila, en faisant remarquer que nous entrons dans le domaine de la mystique.

De même, Carl Gustav Jung répétera que c’est par la dimension féminine que nous nous ouvrons à ce qu’il nomme la présence du Soi, ­c’est-à-dire à l’image du divin qui nous habite tous plus ou moins. Or, c’est précisément cela que les hommes, généralement, n’ont pas accepté – réécrivant l’Histoire à leur gré pour mieux justifier leur prise de pouvoir, et plus particulièrement, l’histoire des idées et des croyances.

C’est ainsi que Médée, pourtant fille du Soleil, va devenir une horrible sorcière ; que Méduse, jusqu’à Freud inclus, va se transformer en l’objet d’effroi que l’on sait ; que les survivances des vieux cultes féminins du néolithique vont être un peu partout pourchassées – jusqu’aux bûchers où vont être immolées tant de femmes à la Renaissance ou au XVIIe siècle…

Après tout, si les femmes sont en relation avec le ciel, elles peuvent l’être tout autant avec les puissances infernales, vers lesquelles (qui l’eût cru ?) les pousserait leur sexualité et, de toute façon, leur statut ontologique.

C’est ainsi qu’Hésiode, déjà, parle de Pandora, la première femme, comme d’un « beau malheur ». L’attente du retour du règne de Saturne – un règne de l’abondance, où les hommes étaient tranquillement entre eux, sans la présence des femmes pour les contraindre à travailler – est d’ailleurs un thème récurrent de la poésie gréco-latine.

C’est ainsi enfin que la tradition monothéiste, telle que nous en avons hérité, va faire remonter le péché originel à notre aïeule Ève. Une Ève qui, chez nous, ne trouvera sa rédemption que dans un certain visage de Marie – selon le jeu de mots qui voudrait que, par son Ave, la Vierge ait retourné le nom, et donc la malédiction fatale, d’Eva.

Ce mépris de la femme est-il universel ?

Hélas ! Il semble bien que oui. On a vite fait de s’apercevoir que toute l’alchimie sexuelle taoïste, si elle demande la complémentarité, dans les pratiques, de l’homme et de la femme, a largement pour but d’assurer la longévité et l’épanouissement du premier.

De même, chez les adeptes du tantrisme en Inde, on a beau considérer que la Déesse est l’indifférencié absolu d’où tout est né, le Brahman, une femme est toujours définie par rapport à un homme (son père, son mari ou son frère) – celui-ci demeurant le pôle de référence.

Et si le monde a vu le jour, selon les Védas, les textes sacrés de l’hindouisme, par le pouvoir de la déesse Vac, la Parole « incarnée », il n’en reste pas moins que la prière du prêtre, qui est une prière silencieuse, vaut mieux que celle de la prêtresse.

Une femme – c’est bien connu ! –, ça n’en finit jamais de parler… Par son silence, l’homme s’approcherait davantage de cette zone indicible où demeure Cela, qui est à la fois l’être et le non-être.

Comme si les hommes avaient tellement peur de la puissance des femmes qu’il fallait absolument la remplacer par leur pouvoir ; et qu’il leur fallait du coup affirmer leur domination, fût-ce en bâtissant, depuis Aristote et jusqu’au XIXe siècle, des physiologies inventées que l’on prétendait scientifiques !

Jésus et la Samaritaine

Le mépris dans lequel les femmes étaient tenues n’est pas le moindre des paradoxes, quand on songe que Jésus, par exemple, s’est entretenu avec la Samaritaine, qu’il a sauvé la femme adultère, qu’il est apparu ressuscité devant Marie de Magdala, et que, nous rapportent les Évangiles, il n’y a eu que des femmes au pied de la croix…

Dans un tel contexte, comment expliquer la persistance de représentations féminines du sacré ?

Lorsque la religion s’est sentie en danger, c’est vers les femmes qu’elle s’est tournée – sans doute parce qu’au fond d’elle-même, elle les savait beaucoup plus « fidèles » (au sens premier du terme, celui de « foi ») que les hommes…

Ainsi, lorsque Rome ne saura plus « à quel saint se vouer » – devant le danger cathare et vaudois, puis devant les schismes qui vont la déchirer, et la division des papautés, laquelle va se prolonger jusqu’au XVe siècle –, ce sont les grandes mystiques, d’Angèle de Foligno à Catherine de Sienne, en passant par Claire de Montefalco, par les béguines ou par Hadewijch d’Anvers, qui assureront sa pérennité.

Jusqu’à ce que, une fois le danger passé, les clercs reprennent le pouvoir et fassent de nouveau régner l’ordre de la claire pensée masculine. Ces années sont cependant aussi celles où, notamment dans la lignée franciscaine, on va voir fleurir le culte de « Jésus Notre Mère », qui connaîtra son apogée à la fin du Moyen Âge.

Serait-ce que les hommes, obscurément, et sans toujours vouloir se l’avouer, sentaient au fond d’eux que, dès qu’il s’agit d’éprouver – non plus de connaître intellectuellement – les structures de ce que les Anciens appelaient l’Âme du monde ; dès qu’il s’agit de s’ouvrir à ce que saint Basile, déjà, appelait les « énergies » de Dieu, par quoi il se manifeste tout en demeurant caché quant à son essence imparticipable – ce qui, d’une certaine façon, n’est pas très éloigné du portrait de la Sagesse dans la Bible, de certaines considérations de la kabbale, ou de la déclaration d’Ibn’Arabi selon laquelle « la femme est la plus belle forme de Dieu sur Terre » –, serait-ce donc que les hommes pressentaient plus ou moins que, par constitution à la fois corporelle, psychique et spirituelle, les femmes maintenaient un contact que, néanmoins (sait-on jamais ?), il valait mieux conserver avec l’Au-delà de tout ?

goddesses

Comment mieux expliquer que, dans la France du Sud-Ouest où je suis né – et où l’anticléricalisme a connu de beaux jours –, si c’est bien le maigre troupeau des femmes qui assistait à la messe du dimanche et maintenait les rites de propitiation dont on avait tant besoin pour les récoltes, pendant que leurs fortes têtes de maris les attendaient en rigolant au café (sauf pour les grandes fêtes carillonnées qu’étaient Noël, Pâques ou… l’Assomption de la Vierge), il n’en restait pas moins que la gestion de l’Invisible leur demeurait réservée.

Avec pour idée que, si les hommes s’occupaient seuls des choses sérieuses de cette terre, deux précautions valaient pourtant mieux qu’une, et que, malgré ce que l’on professait publiquement, il était préférable de ne pas trop insulter ce qu’on ne pouvait ni dominer ni comprendre… Vieux reste inconscient d’un « matriarcat pyrénéen » ?

Mais ces persistances à travers les siècles, sinon les millénaires, ne nous indiquent-elles pas que les femmes sont les « gardiennes du trésor », et qu’elles ont donné naissance à ces fées qui, témoins d’un autre monde, veillent sur notre sort – parfois, il faut bien l’avouer, pour notre plus profond malheur ?

Visages du féminin sacré

Le « féminin sacré » est, selon Michel Cazenave, le féminin de Dieu. Durant deux millénaires, l’Occident patriarcal a refoulé ce visage, même si la culture, la littérature, la mystique, l’ésotérisme et quelques courants de la théologie, ont, avec secret et subtilité, sauvegardé le culte de la déesse, ou, plus simplement, de la féminité spirituelle.

L’auteur nous invite donc à renouer avec la déesse celtique Brigit, la Sophia des Russes, Isis en Égypte ou encore avec la Mère divine en Inde. Un beau voyage transculturel, féministe et poétique.
Visages du féminin sacré, de Michel Cazenave. Éditions Entrelacs, 236 p.

Propos recueillis par Virginie Larousse

 

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49 réflexions sur “Pourquoi la femme fait peur ?

  1. Hosanna à l’Utérus primordiale que Je Suis.
    Hosanna au Sanctuaire N°1 que Je Suis.
    Hosanna au Téraphin N°1 que Je Suis.
    Hosanna à l’ADN androgyne dont Je Suis la Source.
    Hosanna au Règne de Marie N°1 réssucitée, Illuminée.
    Hosanna au Règne de la Femme Lune/Soleil (Femme enveloppée de Lune et du Soleil) qui sont mes fuides magnétiques.
    Hosanna à l’Harmonie, la Paix et l’Amour, la Joie.

    Simone N°1

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  2. ha voilà le sujet sérieux 😉
    franchement je ne connait pas l’histoire de la femme dans la religion il y a celle qu’ on veut nous faire croire et puis la réalité des faits qui bien sur n’est écrit nulle part.
    on ne peut pas généraliser toute les femmes et certains hommes .
    la lutte des classes a cette époque devait être plus terrible qu’aujourd’hui .
    le monde religieux peut être traumatisant pour un petit garçon ou une petite fille .
    je me pose aussi cette question comment se fait il que les apparitions de la vierge marie apparaisse souvent aux petite fille dans l’histoire. et jamais un petit garçon n’a vu jésus apparaitre .
    étonnant je trouve.
    bonne journée du premier mai élisabeth.

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    • Bien évidement, toutes les généralisations sont réductrices, JP mais si nous n’y avons pas vécu, l’histoire des religions est bien décrite et étudiée par les spécialistes à travers les documents qui ne manquent pas. Et Michel Cazenave, anthropologue des religions, connaît bien le sujet dont il parle. D’ailleurs, la réalité des faits est bien présente encore aujourd’hui, et il ne s’agit pas seulement d’en découvrir les origines mais de redonner à la femme sa vraie place, ce qui permettra aussi à l’homme de prendre la sienne.
      Ce n’est pas tellement la lutte des classes mais celle pour le pouvoir mal compris.
      Quant aux apparitions, c’est un sujet bien trop vaste et « glissant », pour ainsi dire, alors je ne m’y prononce pas. Mais qui sait, les petits garçons ont sûrement vu le Christ, sans que cela soit connu du monde.
      Belle Fête de bonheur à toi

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  3. Je partage ce texte dont le contenu est conforme à ma vision. L’aspect féminin et fémina de Jung est bien ce qui doit émerger de cette fin de civilisation. Le péché n’est pas uniquement du fait d’EVE mais mais le résultat de la connaissance qui a permis de sortir de l’animalité, mais au prix fort de l’oubli de la fémina que les hommes ont aussi en eux. La civilisation et « le monde marchand » « que décrit Jacques Attali ans u »une brève histoire de l’avenir »), société de surconsommation, de surtechnologie en sont le résultat. Mais ce féminin et féminin sacré sont loin pour moi du féminisme qui risque d’aboutir à une haine et à une acceptation du monde des marchés financiers que je vois chez chez beaucoup. Mais je pense que la révélation sera dans une harmonie animus-anima qui émerge peu à peu.

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    • Oh, ce fameux péché originel, si mal interprété, encore de nos jours, et qui a fait de la femme la source de tous les maux, alors qu’elle est gardienne du sacré depuis toujours. Même, si elle l’a oublié, mal compris, et pour reprendre sa place a utilisé ces moyens des féministes, souvent dirigés par la haine des hommes et les ambitions malsaines.
      Heureusement, des nombreuses femmes reviennent à leur nature originelle et permettent ainsi à l’homme de se réconcilier avec son yin intérieur et extérieur. Et de tout cela émergera cette harmonie, plus que jamais nécessaire.

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  4. Je pense que dans beaucoup de cas, la peur de la femme chez l’homme est un sentiment parasite. En cristallisant sa peur sur la femme il évite de voir en lui ce qui lui fait réellement peur? Voila un article très intéressant et qui apporte des réponses inédites! Merci de partager! Bonne soirée!

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    • Merci à toi, pour cette excellente piste de réflexion. Effectivement, le féminin réveille toutes les peurs ancestrales et archétypales, et tend à l’homme le miroir de sa propre incomplétude, qu’il ne peut combler qu’en assumant son véritable masculin et en intégrant son anima.
      Voilà une belle réponse inédite que tu nous présentes… Belle et douce soirée

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  5. Très chère Elisabeth ….
    Je prends ce temps, non pour commenter ton article comme tel….qui est excellent, soit dit en passant….Je suis bien sûr d’accord avec tout….et avec les hommes et femmes qui ont commenté(e)s…
    Je veux souligner à quel point tu es une Femme extraordinaire ( et le mot est faible ) …et un exemple pour nous toutes….
    Je lis les commentaires et les réponses que tu soumets…: Juste ça, fait ma journée …alors ajoute à cela tout le contenu que tu partages ….Je suis aux petits oiseaux…
    C’est un honneur de te connaître …Je remercie la vie de t’avoir déposée sur mon chemin ….!
    Je suis juste triste …que tu n’habites pas au Québec ….( snif )

    Bon dimanche
    Reçois toute ma tendresse …

    Manouchka

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    • Très chère Manouchka, je suis confuse devant tant d’éloges et je te remercie de tout cœur mais je suis juste une femme sur le chemin et tout ce que tu dis de moi, te ressemble tant. Je ne suis aucun exemple, juste ton miroir…
      Tes qualités de cœur et de son intelligence, joints à ta capacité d’un amour immense et à ta générosité m’émerveillent toujours.
      « Je suis aux petits oiseaux » aussi, ravie de découvrir cette adorable expression, et l’honneur est réciproque. La Vie ne nous a pas réunies par hasard.
      J’ai failli vivre au Québec mais vos hivers m’en ont dissuadé. J’adore ton pays et surtout ses habitants et je viendrai un jour, c’est certain.
      Mais nous nous sommes déjà dites, que notre lien peut transcender les océans.
      Toute ma tendresse vers toi, si belle âme ❤

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  6. Salut Elisabeth;

    Très interessant, et absolument suggestif

    Comme je l’ai compris pour ce que j´ai lu, Jung associait le image de la femme avec le idée de « anima, » tandis que le archetype masculin était selon lui le animus.

    Donc on pourrait dire que l’homme projette sur la femme son anima et la femme projette sur l’homme son animus…. Un effet d´identification se produit quand ces deux principes se rencontrent.

    Les archétypes de la lune et du soleil son aussi conectés avec cettes identifications primordiales.

    Par rapport à l´association de l´image de la femme avec le péché, le example de Pandora, aporté par Hésiode est sans doute explicatif…
    Plus tard le christianisme identifiera le mal avec la figure féminin de Eva.

    L´humanité perdera le Paradis à cause d’une femme…

    Merci d´avoir partagé… Bon dimanche pour toi,

    Aquileana 😛

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    • Belles réflexions, Aquileana, merci, effectivement, tu as bien compris ce mécanisme de projection. Le « travail » à faire est que chaque femme découvre et accepte son animus, et que l’homme fasse pareil, ainsi, ces deux énergies, conciliées à l’intérieur s’opposeront moins dans la lutte de deux sexes.
      Tu mentionnes aussi les luminaires, en astrologie, le Soleil étant porteur de valeurs masculines et la Lune, de celles de la femme.
      Mais encore, les femmes sont appelées à réaliser leur Soleil, et les hommes, accueillir la Lune.
      Tout cela peut être résumé par le principe de la danse du yin et du yang, qui s’attirent et se repoussent à l’infini, créant ainsi le mouvement éternel de la Vie.
      Et tu sais bien, que toutes ces histoires du paradis perdu à cause d’une femme, ne sont qu’une interprétations très tendancieuse, et qu’au fond de la boîte de Pandore restait l’espérance.
      Tu connais si profondément les mythes, et tu les interprètes si bien de façon symbolique.
      Merci à toi pour ce bel apport de sagesse et félicitations pour ta maîtrise du français.
      Beau dimanche à toi, belle et sage jeune femme.

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  7. Les hommes veulent les enfants, ils veulent des garçons. Mais les filles aussi, ils les voudraient pour eux seuls. A une époque, les femmes étaient conduites au bûcher. Aujourd’hui les hôpitaux psychiatriques offrent des conditions acceptables pour l’homme.
    La vilaine femme, enfermée, ne lui fait lus d’ombre, ni en maternant, ni professionnellement.

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  8. Je partage ce que dit Yveline. La tentative de l’ homme d’asservir la femme naît sans doute d’un complexe lié à ce pouvoir de décision finale qu’a la femme de donner la vie.
    Merci pour ce partage !

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  9. J’ai beau chercher aussi quand une amie avait posée une question sur « comment se fait il que Dieu n’est que bon; n’a qu’une face et qui est toujours positive qd toute chose, tout être, … (pour tenir) doit avoir un côté positif et un autre négatif? »
    Une face négative qui doit faire peur et qui représente quelque part l’autre face du sacré; féminine soit elle.
    Je suppose que c’est grâce à son autre face (la femme); sacrée et mystérieuse comme lui, que Dieu tient toujours

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    • Je crois, Hassan, que même si Dieu nous a crée à son image, il ne peut pas nous ressembler dans notre dualité car celle-ci n’existe que sur terre et surtout, qu’à trop chercher à Lui donner un visage humain, nous avons perverti Sa Nature.
      Qu’est ce donc la négativité d’ailleurs ? Elle n’existe pas dans l’absolu, puisque tout est juste, il y n’y a que l’ombre qui est l’absence de lumière et l’éternelle danse du yin et du yang.

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  10. la Femme en son « Sacré » est l’avenir….. de l’Humanité….
    en ses mains le St graal…. ses qualités de force…de caresses, de don de soi…. oubliant son moi…. « au Service » de la Vie….
    elle apporte une vision d’anticipation…. dans ses diverses « naissances »… elle évolue… en étapes… très rapidement… acquière une maturité dans « son atmosphère »….
    de mère en fille.. filent le fil… de la généalogie.. en sa bonté ou ses travers….
    tout dépend du « berceau » dans lequel elle est née….
    mal aimée, ou conseillée… portera le feu de la violence, de l’aigreur en blessures..et le colportera en toutes ses manières…en prisonnière déchue…..
    si aimée, offrira le meilleur d’elle -même…. en toute simplicité….
    de tous temps, les religions l’ont bannie…. par sa « supériorité » du corps de l’esprit… de l’âme….
    danger… outrancier… à la vue de l’Homme omettant aussi son « Sacré »…. souhaitant la dominer … à coups de châtiments, de règles, de commandements….d’interdits… de lois… !!
    ainsi la Femme… une Servante…. en souffrance…. et non en Chance….en sa maison… en société..se mesquine de toutes les façons… y’a qu’à voir dans les « bureaux de bonne société..entre elles »… le panache du Pouvoir… en « chambre des Dames »…..
    peu de Peuples…. entendent ce message de l’Harmonie….. d’une façon ou d’une autre….. les aléas forment la femme à la guerrière… camouflant son « intérieur » pour survivre…dans la serre de l’Opinion Publique…à n’attendre aucun Pardon … dans les horreurs, et malheurs qu’elle aurait subi…
    et prend en compte à rendre des comptes de tout ce qu’elle a dû subir….
    aujourd’hui… ce dépassement nous vaut…. un désaccord en Ying yang…. en elle-même..et envers l’autre dans nos sociétés…et même envers ses enfants… à qui elle apprend le verbe « aimer » en gouttelettes de profit…d’argent… et pas en Harmonie….
    elle a puissamment utilisé les armes qui l’ont bafouées….
    instruites,….. elle se met en Place dans la Place d’homme… qui l’in-digère difficilement….se sentant humilié…. réagit en Associé très éprouvé…..en consentement d’une alliance….quel qu’elle soit…!!!
    devant cette Femme devenu Hors Norme… dans ses ambitions, et ses choix… devenue un Ego….
    et plus en âme…. marchande, négociatrice… pulvérise tous les interdits …. et mm celle qui voudrait rester en un Soi… est calomniée en assemblée féminine de « servante »… à leurs services….
    la Lucidité voudrait que la Femme en son Sacré soit autant guerrière qu’aimante….au Service de son Humanité…. pour la nouvelle aire…. mais là encore …. sa propre publicité l’a fait chevaucher sur ses propres erreurs….. apprises par cœur…. en perdition…. de son Honneur….

    un travail sur Elle… devrait lui permettre d’Etre en Intelligence….
    sans Paraitre un Danger dans le pouvoir d’Avoir… dans son miroir…en désespoir…et plus en espoir..!!!

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    • Merci, Sarah, tes écrits sont merveilleux et si riches. La femme, porteuse du Sacré, du Saint Graal… n’en est elle pas un d’ailleurs, puisque le yin est cette coupe, ce réceptacle, cette infinie capacité d’accueil…
      En elle, toutes les lignées de celles dont elle porte les mémoires, parfois si douloureuses, que seule la violence peut en être l’exutoire. Aimée, elle sait rendre au centuple. Crainte et bannie par l’homme, qui a toujours cherché à nier sa puissance, souvent, en lui prêtant les forces diaboliques, elle devient donc cette guerrière qui prend sa revanche. Oui, elle a pu oublier son rôle et renier sa nature véritable mais l’appel de l’Harmonie est plus fort. La réunification du yin et du yang, une fois acquise en soi, par un long et patient travail, permettra de faire renaître cette Alliance au service de l’Humanité.

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  11. Peut-être que la femme fait peur parce que quelque part elle est un mystère… La vie se forme en elle. Elle est à la fois crainte, admirée, enviée aussi peut-être. Elle est également celle qui devait être protégée avec les enfants…
    Mais plutôt que de lutter pour un quelconque pouvoir ou privilège, serait-il opportun de ne lutter que pour une complémentarité amenant au respect et la reconnaissance de chacun dans sa différence et dans son intégrité.

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    • Belle analyse, merci, Yveline, effectivement, la femme est un mystère, parfois d’ailleurs pour elle-même.
      Comme la Lune symbolique, elle contient tout ce potentiel des mémoires archaïques et archétypales, elle est changeante, cyclique et peut même paraître dangereuse, dans les profondeurs de ses eaux noires.
      Et tu as raison, ne revendiquons aucun privilège, juste la reconnaissance de notre nature véritable et de la complémentarité dans le respect mutuel de deux polarités, féminin/masculin, aussi bien intérieures qu’extérieures.

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  12. Quel article percutant et intéressant…!!!

    Un sujet qui sera toujours actualité..cet article ayant d’intéressant de nous amenez ailleurs et en d’autres temps…

    Les femmes n’ont pas fini de faire couler l’encre…et ton article tombe pile au moment de beaucoup de controverse que je n’aborderai pas ici concernant la charte qui est tout un tout autre débat mais qui aura quand même obliger levant le voile sur la condition des femmes en parallèle avec la symbolique religieuse a travers le monde….

    Ce passage me parle beaucoup a ce sujet…et l’ensemble du texte bien sur…
    « Après tout, si les femmes sont en relation avec le ciel, elles peuvent l’être tout autant avec les puissances infernales, vers lesquelles (qui l’eût cru ?) les pousserait leur sexualité et, de toute façon, leur statut ontologique »

    La femme étant percu comme une pierre d’achoppement dans différente parties du monde…

    je me sent préoccupée par ce débat…et je tend l’oreille et l’âme comme le précise ton article…J’aime que Saint -Basile les aies nommer ainsi… « les énergies de Dieu »..parlant assurément de cet  » instinct spirituel… » comme j’aime a l’appeler…

    Tu sais….

    Ça me rappelle une chanson…j’ai eu du mal à la retrouver…ce n’est pas très connu et pas très commercial….

    Pardonne la qualité..cette vidéo sort tout droit du début des années 80 et le jeu…ouf…mais l’essentiel c’est le message…

    Louise Portal est d’abord une femme admirable d’une force immense et sommes toute… toute « féminine » qui va bien avec ces femmes « énergies de Dieu » …elle est une artiste engagée et multidisciplinaire ici au Québec..d’abord comédienne (entre autres oeuvres « Le bonheurs des autres » et « Les invasions barbares » qui se sont transportées jusqu’à vous je cois.) et pleins d’autres trucs surtout ici au Québec…écrivaine….elle a été a ses heures chanteuse..mais surtout dénonciatrices et engagée à de très nombreuse causes dont la femme…..

    Ces « combats » de femmes que ton article évoque …mènent assurément a beaucoup d’intériorité spirituel plus que cérébral qui a certainement pu faire en sorte que cet instinct spirituel ce sois développer plus fort encore…

    Bon il y aurait tant a dire…

    Sujet passionnant et qui soulève les passions également…

    Je te laisse donc la vidéo…

    A bientôt
    Amitié
    Sorcière

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    • Douce Sorcière, chacune de tes interventions est si précieuse, et cette vidéo, une merveille. Merci de l’avoir retrouvée, à elle seule, elle résume si bien toute la condition des femmes, dans leurs forces, leurs luttes, oppressions, souffrances et désirs de libération.
      Le sujet soulève bien de passions et n’a pas fini de faire couler l’encre, souhaitons juste qu’il prenne la bonne direction, celle
      des « énergies de Dieu » et de cet « instinct spirituel », que tu nommes si justement.
      Ton commentaire me touche aussi, parce que, dans tes écrits tu sais si bien saisir la nature féminine dans toute sa complexité et la difficulté dans le rapport à l’homme.
      Rien que ton pseudo contient en lui toute la gamme des visages du féminin.
      Louise Portal est une femme admirable… comme toi.
      Tendresses

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  13. Merci Elisabeth pour ce partage d’une thèse chère à mon coeur. J’ai l’impression de me répéter souvent, mais c’est notre histoire qui le veut : il n’y a pas d’autre enjeu clé actuellement pour l’évolution de l’humanité que de résoudre son problème avec la femme, du plus quotidien au plus symbolique. Tous le reste en découle : respect de la nature, relations Non-Violentes, non-compétition, relations à l’invisible… Nous n’avons jamais eu autant besoin de « Femmes qui hurlent avec les loups » autant que de « femmes primitives ». Puisque le sexe physique est sans importance pour ce grand cap de notre évolution. Ton excellent post me renvoie à un de mes derniers posts « World puberty » qui t’avais bien fait réagir, Elisabeth, quant à la réhabilitation de la femme (je ne mets pas de lien, c’est très malpoli). Elisabeth, te connaître est une joie.

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    • C’est juste, Juliette, « la peur de la castration » est pour beaucoup dans cette crainte du féminin. Il y a aussi des Amazones modernes, qui ont fait dévier les mouvements féministes nécessaires et justes, dans un mauvais sens, en se mettant carrément à haïr les hommes, ce qui n’a rien apporté de bon, excepté la perte de tous les repères.
      Quant aux animaux, c’est la femelle qui dispose, et le mâle, bien plus beau qu’elle fait sa danse de séduction.
      Il y a aussi des mantes religieuses mais bon, passons 🙂

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