Sommes-nous vraiment tous capables de nous transformer en bourreaux ?

Génocides, tortures, violences en tout genre… Le psychiatre Patrick Clervoy a plongé aux racines du mal pour résoudre ce mystère glaçant : chacun de nous peut-il devenir un monstre ?

Pandemonium de John Martin

La chose est entendue : le bien n’intéresse personne. Le bien est une chose suspecte, tiède, molle, humide. En un mot : ennuyeuse. Elle est disqualifiée. En matière de bien, seul le héros trouve grâce à nos yeux, s’il est très vieux (Stéphane Hessel) et mieux encore quand il meurt (Nelson Mandela).

Par définition, les occasions ne sont pas légion, et ne doivent souffrir d’aucun esprit critique. La célébration du bien est alors un moment d’émotion collective. Pour le reste, le journaliste n’écrit pas d’article sur les trains qui arrivent à l’heure. Les romanciers n’osent les histoires heureuses que par antiphrase. Les petits héros du quotidien n’ont aucune tribune.

Le bien ordinaire décourage la pensée et toute représentation. Le mal ordinaire a pris toute la place. Le mal passionne depuis toujours, mais il fut longtemps qualifié d’inhumain : c’était l’œuvre du diable. Désormais, s’il fascine, c’est qu’il semble bien être plus banal qu’il n’y paraît et niché en chacun d’entre nous.

Patrick Clervoy, médecin psychiatre du Service de santé des armées et professeur de médecine au Val-de-Grâce, ne s’y trompe pas et publie L’Effet Lucifer. Des bourreaux ordinaires. Il en connaît un rayon sur le sujet. C’est un spécialiste du stress et du traumatisme psychique dans les opérations militaires modernes.

Il est allé sur le terrain, en Afrique comme en Asie. Dans cet essai, il passe en revue des actes de violence insoutenables perpétrés dans l’histoire ancienne et récente. Dans le monde selon Patrick Clervoy, l’être humain ne progresse pas du point de vue du sens moral.

Massacres entre voisins

« Comment devient-on un bourreau ? Quel est cet “effet Lucifer” qui incite l’homme à se muer en tortionnaire, à faire souffrir son semblable et à jouir du supplice infligé ? » De la Saint-Barthélémy aux émeutes sanglantes de Los Angeles du début des années 1990, en passant par la guerre d’Algérie, le règne des Khmers rouges ou les tortures des militaires américains dans la prison d’Abou Ghraib, les exemples ne manquent pas.

Les tueries de masse sont sans doute les plus sidérantes lorsque, comme dans les cas des génocides arménien ou rwandais, des hommes qui partageaient les mêmes villages, les mêmes champs, les mêmes rivières que leurs victimes sortent les armes, au signal d’une autorité, et massacrent leurs voisins, femmes, enfants et personnes âgées compris.

Si les explications historiques, politiques et sociales permettent de comprendre la nature des conflits, rien ne vient à bout du mystère central. Comment des hommes peuvent-ils se rendre coupables, individuellement, d’actes de torture et de meurtres ? Qu’est-ce qui les amène à déshumaniser totalement leurs victimes au point de pouvoir leur infliger des traitements aussi atroces ? Sommes-nous vraiment tous capables de nous transformer en bourreaux ?

La question ne date pas d’hier. La grande expérience qui a permis de mettre au jour la fragilité du sens moral chez les humains remonte au début des années 1960. Le psychologue américain Stanley Milgram, de l’université de Yale, voulant analyser le degré d’obéissance d’un individu confronté à une autorité, a imaginé la mise en scène suivante : il a recruté par petites annonces des sujets rémunérés pour participer à un programme d’apprentissage et engagé des comédiens pour jouer le rôle des étudiants et des encadrants.

Chaque sujet rémunéré devait tester les connaissances des étudiants placés sous électrodes, sous le regard d’un encadrant. Chaque erreur était punie par des électrochocs, et les étudiants simulaient la douleur ressentie. En bref, malgré des signes de grande nervosité, aucun sujet rémunéré n’a refusé le principe de ce mode d’enseignement et plus de 60 % d’entre eux ont infligé des punitions allant jusqu’à des chocs de 450 volts.

Stanley Milgram mit ainsi en lumière les conditions qui peuvent amener un homme ordinaire à devenir tortionnaire, au premier rang desquelles l’obéissance à une autorité reconnue comme légitime.

En 1992, le livre Des Hommes ordinaires, de l’historien américain Christopher Browning, fit encore couler beaucoup d’encre en montrant notamment la force du groupe dans la déshumanisation des individus. Il s’agissait d’une étude très détaillée de l’action exterminatrice reposant sur 210 témoignages d’hommes du 101e bataillon de police de réserve allemande à partir de 1942.

Pour la plupart trop âgés pour être envoyés au front, ces quelque 500 hommes ont assassiné en Pologne 38 000 Juifs et en ont déporté 45 000 autres. Ces réservistes n’étaient pourtant pas des nazis militants. Ils avaient le choix de refuser. Très peu l’ont fait. Ces hommes étaient-ils vraiment des hommes ordinaires ? Existe-t-il une banalité du mal, ainsi que l’a qualifiée Hannah Arendt ?

« Avec humilité, il faut accepter l’idée que c’est potentiellement chacun de nous. Cela ne dépend que des circonstances dans lesquelles nous pouvons être placés. L’instinct à faire le mal est ubiquitaire et universel. Il peut être partout et être le fait de tout le monde », écrit Patrick Clervoy.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, on pense le mal comme un cousin de la famille. C’est peut-être une partie du problème. Pour qui est davantage révulsé que fasciné, la lecture de Patrick Clervoy est pénible. Il nous plonge au centre de la salle des tortures.

Il le pointe lui-même pour finir. « Cette immersion dans la cruauté ne risquait-elle pas de réveiller chez le lecteur une forme de satisfaction perverse ou de fascination révulsée ? Fallait-il insister sur tous ces détails ? » Exorcise-t-on le mal en épuisant ses représentations ? On peut en douter.

Le XXIe siècle ambivalent

L'Effet LuciferCar la paix, comme la démocratie, est mélancolique. L’idée de progrès est devenue déceptive. Le XXe siècle, qui avait légué une frontière claire entre les représentations du bien et du mal, est derrière nous. Le XXIe siècle, sous nos latitudes occidentales, est complexe et ambivalent. Il affronte la question du mal plus frontalement, mais le goût de l’évocation du sang semble l’emporter parfois sur la répulsion.

Est-ce parce que les menaces s’éloignent en se déplaçant sur d’autres continents ? Les drones remplacent les soldats, le meurtre peut se passer du meurtrier ; demain, la torture se passera de tortionnaires. Mais le sens moral n’en sortira pas renforcé.

Reste une inconnue au tableau, heureusement : celle du genre. Il y a peu de femmes dans le livre de Patrick Clervoy, hormis à Abou Ghraib, encore n’ont-elles pas là l’initiative. Dans un monde où le partage de la responsabilité politique, économique, militaire sera devenu effectif entre hommes et femmes, il n’est pas interdit de penser que le masculin sous ses stéréotypes ancestraux n’étant plus l’étalon du rapport au pouvoir et à la force, le sens moral pourrait peut-être prendre le dessus. Parions sur cette hypothèse. C’est la seule qui, à ce jour, n’ait jamais été expérimentée.

Par Sandrine Treiner pour le magazine Clés

Patrick Clervoy L’effet Lucifer, Des bourreaux ordinaires Éditions CNRS

51 réflexions sur “Sommes-nous vraiment tous capables de nous transformer en bourreaux ?

  1. Combien la vigilance est-elle nécessaire en effet ! Et l’éducation est une telle responsabilité, elle qui devrait nous conduire à la maîtrise de soi, en sachant regarder plus haut que l’immédiat, en prenant toujours un peu de recul, pour laisser place au jugement, à l’exercice d’une volonté vraiment libre. Il est si important d’apprendre à lier expérience et réflexion et retour sur soi.

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  2. Après la lecture de ton article et la lecture de tous les commentaires….
    Ne jamais oublier d’être vigilant envers soi même, ne pas laisser la place au bourreau qui est en soi…
    Mon père m’avait dit, alors que j’étais petite, que lorsqu’il y a une guerre, certains hommes peuvent devenir des monstres, y compris sa famille ou ses amis, et d’autres des bienfaiteurs.
    Mais tout est-il dans un choix ? Peut -on toujours choisir ou se laisse t-on emporter par la violence de façon plus pernicieuse qu’on ne le croit ? Ca fait peur !
    Serais-je celle qui « fait la guerre » ou celle qui « fait l’amour » ? Même si a priori, aujourd’hui, en période calme, je pourrais crier que JAMAIS je ne commettrai des horreurs, je pourrais pourtant peut être avoir peur de moi ?

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    • La guerre est un bon exemple mais puisque tu as lu tous les commentaires, je te dirai que les vers que j’ai cités extrapolent l’exemple d’une femme, qui sauve, au péril de sa vie, quatre enfants inconnus, lors d’un incendie. La poétesse rend hommage à la morte mais se demande qu’aurait elle fait dans la même situation. Et elle dit : « et si je regrettais, une feuille, une robe, un poème ? ». La traduction est mienne et libre mais parfois, ce sont les petits détails de la vie qui nous poussent à l’action ou nous retiennent.
      Ta question « peut-on toujours choisir » est donc très juste car nous ne savons pas et cela demeure effrayant.
      Faut-il pour autant avoir peur ? Je crois que la vigilance et la meilleure connaissance de soi, y compris par la mise à l’épreuve, doublée par la conscientisation du bourreau qui sommeille, sont les meilleurs moyens pour ne pas le rendre agissant.
      Merci, Lady pour ta lecture si attentive et ce beau questionnement

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      • C’est exactement ce que je me demande. Je parle de vigilance car même en ayant conscience de tout ça, je me demande comment quelqu’un, y compris moi, pourrait réagir en période de grande violence et donc de grand péril comme une guerre, et ça me fait peur !
        Merci à toi pour ta réponse et pour toutes les aides afin de ne pas perdre de vue la lumière…

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        • Se poser fréquemment cette question permet de mieux affronter des éventuelles situations de mise à l’épreuve.
          Mais je crois toujours que la peur n’est jamais bonne conseillère et qu’en effet, mettre en lumière nos « zones d’ombre » est déjà les neutraliser un peu

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  3. Merci Elisabeth …
    En lisant ton article, j’ai tout de suit pensé à ce conte philosophique …Je vous le partage donc …!

     » Assis près d’un feu de camp, tout en fumant sa pipe, un vieux chef indien racontait à son petit-fils: « Un combat a lieu tous les jours à l’intérieur de moi, un combat terrible entre deux loups : l’un est mauvais: regret, tristesse et solitude, fermeture, avidité, arrogance, suspicion, apitoiement sur lui-même, distance, colère, envie, culpabilité, ressentiment, égoïsme, complexes, mensonges, fermeture, vanité… l’autre est bon: il est paix, joie, amour, chaleur, douceur, espoir, confiance, bienveillance,générosité, vérité, simplicité, bonté, présence et proximité…
    Le même combat a lieu en toi-même et à l’intérieur de tout le monde ».
    Le petit-fils dans toute sa candeur d’enfant réfléchit pendant quelques minutes puis demanda à son grand-père :
    – Quel sera le loup qui VAINCRA?
    Le vieux chef indien répondit simplement : « Celui que tu nourris! »
    L’enfant comprit la leçon. »

    À bientôt
    Tendresse

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  4. Une réflexion juste. Que serions-nous capable de faire à l’autre dans des circonstances particulières ? Et l’autre, jusqu’où pourrait-il aller dans la souffrance qu’il inflige ? La contrainte, les circonstances peuvent-elles transformer n’importe qui, tout le monde en un monstre ? Portons-nous tous en nous cruauté et méchanceté ? Cela fait un peu froid dans le dos…
    Essayons peut être de garder un peu d’optimisme avec « Ils avaient le choix de refuser. Très peu l’ont fait. » et la conclusion de l’article : les femmes.
    Bises Élisabeth.

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    • Si je suis convaincue que chacun porte en soi des graines de violence et de cruauté, tout demeure dans ce choix…
      Et il nous appartient de les conscientiser et libérer, sans faire du mal ou bien, lâcher le monstre.
      Merci pour ton optimisme et d’avoir souligné cette conclusion. Bisous Yveline

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      • Il y a une légère pointe d’humour dans « lâcher le monstre ». En tout cas cela m’a fait sourire. Comme quoi nous gardons notre capacité à rire, même des sujets graves. L’espoir est donc bel et bien là. Bisous et bonne soirée.

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        • Ce n’était pas intentionnel mais bien vu, Yveline, à présent, je pense aux lâcher de ballons, histoire d’alléger
          nos « démons »🙂
          Et que serions nous sans cet humour ? Des monstres, justement…
          Merci de garder toujours le plus beau, l’espoir. Bisous tendres

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  5. On nous parle de « guerre propre », nous mangeons de la viande sous cellophane que nous ne relions même plus aux animaux, on gagne de l’argent avec des pratiques financières destructrices sans se soucier des conséquences – affamer des millions de gens, et j’en passe… tout est bon pour ignorer la violence qui, elle, ne passe pas.

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  6. Comme le dit Sri Aurobindo, »l’animal est l’entrave… »
    Il reste trop de cet instinct bestial en l’Humain. Mais l’instinct n’excuse pas tout. L’Homme est doté d’un cerveau complexe qui devrait l’aider à dépasser cet appétit, cette curiosité de la violence.
    Avec le contenu des jeux vidéos créés pour les jeunes . Et les séries gores et glauques qui animent les soirées en famille…je dirais qu’on est » mal barrés »
    Mais enfin, moi, il parait (selon mes collègues de travail) que mon côté animal…c’est le monde des Bisounours…alors évidemment…

    Je t’embrase Elisabeth. Belle semaine à toi.

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    • Outre le cerveau, il y a le cœur, à écouter et surtout à ouvrir car le premier peut être enclin non seulement aux instincts mais aussi aux pensées pernicieuses et jouissives, comme le sont ces jeux et autres distractions.
      Tu me fais sourire avec « le monde des Bisounours » mais je crois que tu es bien plus complexe que cela, Marie-Hélène🙂
      Tendresses et douce semaine

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  7. Bonjour Elisabeth,
    Je pense que nous sommes tous concerner par cet état car nous avons tous un côté sombre, hélas…
    Nous nous appliquons tous à ne montrer que le bon côté de notre personnalité pourtant parfois il faut peu de chose pour dévier…Tant d’exemple depuis la nuit des temps nous le prouve…
    L’exemple citer ici et criant de vérité, face à la peur, au charisme, au pouvoir, à la pression etc…tant de choses sont possible…
    Je pense que lorsqu’on reconnait ceci, il est plus facile de résister à l’éventualité d’un tel comportement. Avoir beaucoup de discernement, d’écoute et ne pas hésiter à se remettre en question.
    L’être humain n’est ni tout blanc, ni tout noir mais un mixte des deux…
    Je te souhaite une très bonne journée Elisabeth, avec quelques douceur afin d’alléger cette publication si réaliste, doux bisous

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    • Oui, il suffit de peu de choses, et comme toi, je le disais aussi, qu’il est bon de reconnaître ces pulsions en soi, afin qu’elles soit conscientisées car il ne sert à rien de se mentir, comme de prétendre que nous sommes incapables de faire du mal… juste à souhaiter que nous pourrions y résister.
      Merci pour ta lucidité et surtout pour la douceur, et mes tendres bisous, Fanfan

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  8. Bonsoir Elisabeth,
    On dit souvent que l’homme est capable du meilleur et du pire. Je ne peux prétendre qu’on pourrait tous devenir des bourreaux à court terme, Par contre, je pense qu’on peut tous le devenir selon les circonstances. Je pense aussi que certains sont confrontés de génération en génération à la culture de la haine. Dans un tel contexte où la hargne culmine, je craindrais le pire de quiconque.

    Mes amitiés sincères

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    • On dit souvent, qu’en chacun de nous sommeille aussi bien Hitler que Mère Teresa et je suis entièrement d’accord, qu’il y a des circonstances dans lesquelles nous sommes obligés de nous positionner et réveiller soit l’un, soit l’autre.
      Et ces haines ancestrales y sont pour beaucoup, comme ce jour particulier nous y fait penser plus que jamais.
      Merci, Kleaude et toutes mes amitiés

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  9. Je ne comprendrai jamais ce genre de mal indicible. Homme de l’inhumanité de l’homme est tout simplement au-delà de mon royaume de compréhension. Cela me brise le coeur de penser que ne importe quel humain pourrait effectuer de telles atrocités sur l’humanité ou de créatures pour cet homme. Ce est tellement, tellement triste!😦😦😦 Étreintes, Natalie ❤

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    • Je sais que vous ne comprenez pas, Natalie, puisque votre grand cœur n’aspire qu’à la bonté et à l’amour. Mais cela existe et nous en sommes témoins tous les jours, comme aujourd’hui, avec les commémorations de la Shoah. Il ne faut jamais l’oublier, pour que cela n’arrive plus.
      Tendresses à vous

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      • Oh, je sais que cela existe parce que, comme vous l’avez dit, nous voyons des exemples tous les jours. Et vous ne le pensez à un moment donné que l’humanité serait d’apprendre que le mal ne fait que perpétuer plus de mal et que cela ne change rien pour le mieux jamais. Mais je vois aussi que le cœur humain a une grande capacité d’amour et de bonté et ainsi dans ma propre petite façon dont je essaie de promouvoir cela. Vous avez raison que nous ne devrions jamais oublier sorte que rien de tel que le meurtre de masse du peuple juif ou d’aucun peuple d’ailleurs se reproduise plus jamais. Bénédictions à vous, Elisabeth. Natalie🙂❤

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        • C’est une grande leçon que l’humanité a à apprendre, celle que la violence non seulement ne résout rien mais elle en engendre encore davantage. Nombreux la refusent mais de l’autre côté, les consciences et les cœurs s’ouvrent, et chacun à son niveau peut participer à cette évolution. Merci d’être de ceux qui le font au quotidien, et tendresses à vous Natalie

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  10. L’horreur touche malheureusement tout le monde comme le montrait déjà Arendt (voir le système totalitaire). La dénonciation est le premier pas dans l’horreur et sans doute un des plus horribles. Toutes les archives tendent à montrer que chacun (hommes et femmes) dénonce. Tout est dans ce pas de la dénonciation, le reste n’est que la conséquence logique de cette dénonciation. Le véritable problème est que le sens moral « n’existe pas’. La morale est culturelle et non universelle.

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    • Ce premier pas dans l’horreur…
      Je viens de visionner une magnifique série, The Promise de Peter Kosminsky, cela parle de la naissance de l’état d’Israël, je ne sais pas si vous connaissez mais c’est poignant et en plein dans le sujet.
      Merci pour votre passage, Esther, justement, les écrits d’Hannah Arendt et son si controversé concept de la « banalité du mal » sont le sujet du prochain article

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  11. OUF! que le monde est malade…
    dans quel monde de fou vivons-nous !

    « Que la Paix soit avec nous,
    et avec notre esprit ! »

    Bonne dernière semaine de Janvier !
    ──¸,o¤°« °¤o,¸
    ──(….◕¸¸◕….)
    oOO— `*´—OOo

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  12. Brrrhhh ! Un article qui fait froid dans le dos et un livre que je ne lirai pas. Utile certainement, mais trop dérangeant pour moi. J’ai assisté une fois à un cours de criminologie. Le conférencier a demandé ce qui nous différenciait à notre avis d’un assassin. Sa réponse : avoir une arme à portée de main ! Glaçant non ?

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    • Glaçant, certes, et je comprends que tu puisses être dérangée, Elisa mais quant à moi, je continuerai à me poser cette question, et surtout à admettre que je pourrais être capable du pire… juste en souhaitant que cela n’arrivera jamais, parce que mon côté obscur ne s’exprimera qu’en pulsions conscientisées et non en actes

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  13. Oui, ne jamais dire « moi…jamais! », pour quoique ce soit d’ailleurs. Parfois la vie éclaire des facettes de nous qu’on ne connaissait pas, et on en est les premiers surpris! Finalement on ne connait pas grand chose de soi…Merci de présenter ce livre et ce sujet, ça fait réflechir. Bonne soirée, Véronique

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    • Tellement d’accord avec toi, Véronique, tant que nous n’avons pas été « éprouvés », comme je le dis dans un commentaire précédent, nous ne pouvons qu’espérer que le monstre qui sommeille ne prendra pas le pouvoir sur nous. Merci à toi, pour cette réflexion pleine de lucidité

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    • Merci pour ce précieux rappel, Claudia, je recopie le synopsis :
      « Afin d’étudier scientifiquement le comportement humain, le professeur Thon enferme vingt volontaires, des hommes ordinaires, dans un univers carcéral. Huit d’entre eux sont désignés pour être les « gardiens », les douze autres étant les « prisonniers ». La règle est simple : comme dans une vraie prison, les détenus doivent obéir aux gardiens qui sont chargés de faire régner l’ordre.
      Progressivement, la situation se détériore, la frontière entre l’expérience et la réalité devient de plus en plus floue. Le pouvoir monte à la tête de certains et les atteintes à la liberté et à la dignité en affectent d’autres. Chaque jour qui passe voit le pouvoir et l’autorité se heurter de plus en plus violemment à la rébellion. L’expérience dépasse tout ce qui était prévu. Les personnalités se révèlent. Désormais, l’enjeu n’est plus scientifique : il s’agit d’abord de s’en sortir vivant. »

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      • Synchronicités…J’ai lu hier dans un livre de Deepak Chopra parlant de l’ombre, où il relatait une expérience faite en 1971 avec des étudiants de l’université de Stanford où un groupe faisant les gardiens de prison et l’autre le rôle de prisonniers. L’expérience devait durer 2 semaines…mais a été interrompue au bout de 6 jours quand les « prisonniers » sont devenus des « jouets » entre les mains des gardiens qui inventaient des jeux de plus en plus dégradants, humiliants et déviants.
        « Cela suggère que le mal existe en chacun comme une ombre, car le monde est en chacun’ dit D Chopra. A la suite de cela, il énumère les conditions qui libèrent les énergies obscures (suppression de la responsabilité, anonymat, spectateurs passifs « nous-contre-eux », isolement, pas de compte à rendre, etc).( « Le livre des secrets »).
        Brrr c’est glaçant…car on ne sait pas vraiment en situation comment on réagirait…
        Je t’envoie plein de lumière…

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        • Toutes ces expériences se recoupent et démontrent la même chose, nous avons tous un côté sombre et il est nécessaire de le reconnaître. J’aime beaucoup cette phrase « le monde est en chacun », comme je dis depuis longtemps, que nous ne saurions jamais, avant d’être réellement confrontées à une situation.
          Deepak Chopra est un être d’une grande sagesse et nos synchronicités ne m’étonnent plus, Marylaure…
          Tendresses et lumière à toi

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  14. A la fois intéressant et inquiétant cet article. L’expérience de Milgram m’avait déjà glacé le sang et plus ça va, plus je me dis que confronté à des situations inédites, l’homme peut faire ressortir le plus mauvais en lui. Petit exemple, quand je pense que des gens se sont battus… pour acheter Charlie Hebdo, ça dit déjà tout.

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    • Cette expérience m’interpelle depuis des années déjà, et comme le dit la poétesse polonaise, dans des vers difficilement traduisibles : « on ne sait de nous que ce que l’on nous a éprouvé »… donc, tant que nous n’avons pas été confrontés à une situation, nos réactions demeurent une grande inconnue.
      Ah bon, s’est allé jusqu’à là, cette affaire Charlie ? Une dérive de plus…

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