Le visage béni de l’épreuve

Epreuve

L’épreuve. Ne nous accompagne-t-elle pas, à longueur de journée, en compagne fidèle, s’enquérant, inquiète, de notre santé spirituelle ?

Elle vient à nous sous les aspects les plus divers, depuis les grandes douleurs qui pétrissent notre âme jusqu’aux plus infimes soucis de la vie quotidienne.

Cherchons ensemble comment accueillir cette amie attentive dont chaque visite peut être pour nous l’occasion d’une victoire.

Quelle est l’attitude de l’homme en face de l’épreuve ? Elle s’échelonne en trois degrés : acceptation passive, révolte, compréhension, qui correspondent aux trois états de
manifestation : inertie, activité, équilibre.

L’être inintelligent subit l’épreuve sans oser réagir, sans même souvent imaginer qu’il lui serait possible de lutter ou de découvrir à sa douleur une signification : c’est l’inertie, la veulerie, la résignation sans grandeur, par manque de force et de courage, c’est le règne de la peur.

Lorsqu’il commence à réfléchir, l’homme se révolte contre l’épreuve, il est plein de tourments, de problèmes à résoudre et de colère contre la Destinée. Toujours prêt à riposter, il est, devant tout incident, en état de réaction violente : c’est le stade de l’activité, de la puissance aux mains de l’égoïsme.

L’homme fait déjà un immense progrès en sortant de l’état d’inertie, parce qu’il cherche à grandir, à s’affirmer, et met en œuvre le ferment de sa propre ascension : le désir. Mais ce désir est cause de sa perpétuelle souffrance car il est égoïste et se dirige vers des objets qui, par essence, sont éphémères. L’être concentre toute son activité, toute son attention vers la surface des phénomènes et ne peut que marcher de déception en déception.

Ce continuel arrachement aux illusions dont il s’éprend amène l’homme en face des grands problèmes et, lorsqu’enfin il se rend compte que cette poursuite du désir dans le manifeste ne crée en lui que vide, écœurement et souffrance, il commence peu à peu à aspirer vers autre chose, vers une autre forme de bonheur et à chercher, derrière l’apparence des épreuves et des joies passagères, un objet digne de son désir.

Dès ce moment, il s’achemine vers le troisième état, vers la compréhension. Il se met à sonder les incidents de l’existence, à creuser en lui-même pour découvrir le vrai sens de la vie et peu à peu, marchant vers la Réalité, il découvre — avec une surprise qui se transforme bientôt en l’émerveillement le plus extasié le vrai visage de l’épreuve.

S’il continue, à la surface, à lutter ardemment contre toute injustice, toute cause de peine pour ses frères, il sait que le Bonheur réside au-dedans de lui-même, permanent, inaccessible aux coups du sort, et il ne se sent plus captif des chaînes apparentes, parce que derrière le voile est apparue pour lui la Vie Une, éternelle, infinie.

Elle seule à présent peut combler ses désirs car ils deviennent également infinis. En chaque épreuve il aperçoit le signe d’un message vivant et met tout son acharnement à en traduire le secret. Tout devient expression de cette Vie des Profondeurs qui, petit à petit, s’est emparée de la totalité de son attachement.

Il ne voit plus en tout incident journalier, comme en tout être qui l’approche, qu’un instrument inconscient, un reflet passager de cette Énergie — Une — dont la science elle-même révèle l’existence — et il ne peut plus, par conséquent, éprouver de crainte, de rancune, de colère envers (contre) qui que ce soit parce que son amour cherchant la Vie, se donne à tous.

Il ne subit cependant pas d’une façon passive ces phénomènes qu’il découvre illusoires; car il met au contraire tout son amour et son intelligence à lutter dans le manifesté pour que de plus en plus celui-ci arrive à refléter l’Harmonie merveilleuse qui règne au sein des choses, mais ce combat se fait sans aucun attachement, comme un travail, une mission sacrée.

L’homme compréhensif veut faire éclore à la surface du monde cet équilibre de profondeur dont il devient la vivante expression. C’est l’attitude des grands Sages, des Hommes libres, incarnations splendides de la Vie Divine.

Madeleine Groffier pour la revue 3e millénaire

24 réflexions sur “Le visage béni de l’épreuve

  1. Bonsoir Elisabeth,

    Je pense que les épreuves sont omniprésentes. Elles le sont à divers niveaux certes. Mais vivre est une épreuve en soi…survivre l’est tout autant.
    Je pense que trop souvent l’humain « sur-estime » l’épreuve. Je conviens certes qu’il y a des épreuves beaucoup plus éprouvantes que d’autres. Je ne cherche pas à minimiser quoi que ce soit.
    Par contre, je crois que tant qu’on considère chaque épreuve comme un empêchement, on se donne inconsciemment des raisons de stagner.
    Il y a en fait deux pistes de définitions pour « épreuve »….Just eà comparer les synonymes on voit les deux attitudes humaines face à l’Épreuve.

    Ainsi il y a la piste des: peine, malheur,, chagrin., affliction, souffrance, douleur, tourment,
    Il y a aussi l’approche plus optimiste: essai, expérience, apprentissage, expérimentation.
    D;es lors on peut concevoir les deux attitudes que l’on peut adopter face à l’épreuve….
    Bien sûr, il faut travailler sur soi pour arriver ;a l’optimisme face à ces événements pour en retenir le positif. En fait, tout dépend aussi de notre cheminement personnel, de notre héritage génétique, de notre éducation,erc

    Mes salutations sincères

    Aimé par 1 personne

    • Magistrale démonstration, si bien réfléchie.
      Et comme tu dis, cette notion du travail sur soi est indispensable car si certains sont mieux armés faces aux épreuves, d’autres trouvent à travers elles cette force, celle d’en tirer des leçons aussi.
      Dépasser la peur est fondamental, sinon, un rien nous abat. Mais il y a aussi des cas où les gens « ordinaires » se révèlent des héros ou encore le fameux phénomène de résilience.
      Merci, Kleaude, c’est toujours une joie de te lire

      Aimé par 1 personne

  2. Il paraîtrait qu’Albert Einstein aurait dit :
    « On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. »
    A tester… (Ca fonctionne !)
    Bien amicalement Elisabeth

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  3. Bonjour Elisabeth,
    Les épreuves à mon sens sont positives, car nous font grandir, réfléchir, et modifier notre cheminement. Parfois de façon subtil parfois plus rudement.
    « Quelle est l’attitude de l’homme en face de l’épreuve ? Elle s’échelonne en trois degrés : acceptation passive, révolte, compréhension, qui correspondent aux trois états de
    manifestation : inertie, activité, équilibre ». Cette analyse est vérité pour moi😉
    Quoi que nous fassions nous ne pouvons nous soustraire aux épreuves, autant alors, faire face avec discernement, même si cela nous sommes difficile par moment.
    Que de réflexions dans cette publication tu nous apportes encore Elisabeth, merci à toi !
    Bonne fin de semaine !
    Bisous bisous🙂

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  4. face à l’épreuve on est d’abord abattu, puis on réagit et on se sit il faut l’accepter, on ne peut la donner à son voisin il n’en voudrait pas, il faut donc faire avec et se battre pour la surmonter et continuer de vivre

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  5. Je ne suis pas tout à fait d accord ce n est pas l intelligence qui aide mais l éducation qui nous fait réfléchir et qui nous permet de se poser les bonnes questions et cette dernière a augmenter nos possibilités d analyse

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