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Vous avez le droit d’être une victime

  • Ah bon, tu ne te contredis pas là, Elisabeth, depuis le temps que tu nous répètes de ne pas la jouer ?
  • Oui et non… et ce n’est pas une réponse de Normand 🙂
    Nuançons…

Jerusalem Mur des Lamentations

Vous avez tous les droits, à condition de vous accueillir, vous accepter dans cet état, ne pas vous y complaire et ne surtout pas y rester.

Vous pouvez même insulter Dieu ou une autre instance « supérieure ».

Si, si, je vous assure, je l’ai souvent fait, aucune foudre céleste ne s’est abattue sur moi, et puisque je vous écris, je suis toujours en vie et bien portante.

Puisque notre Père n’est qu’amour et miséricorde infinis, il peut tout accepter. D’autant qu’il nous a donné ce merveilleux cadeau du libre arbitre.

Alors, dans le genre : plainte à … (vous mettez votre « instance supérieure », selon vos croyances), je vous propose un exercice que je n’ai pas inventé mais qui m’inspire et s’avère fort efficace à mes consultants.

À supposer que comme moi, vous êtes passés chez les cathos. Pointez-vous donc devant le Saint-Pierre et faites-lui la liste de toutes vos récriminations.

Du style : «  dis donc, t’as vraiment pas été sympa avec moi, en me mettant à dos » :

  • ma famille pourrie
  • mon père absent
  • cette maman qui ne m’aimait pas
  • ces hommes qui m’ont abandonnée ou… à adapter au masculin.

La liste est non exhaustive, et il peut y avoir du lourd, comme du plus léger.

Et selon ce qui sort, vous pouvez constater ce qui vous pèse vraiment, de quel poids, et dans quelle mesure.

Pour « gérer » et surtout décider ce que vous allez en faire.

Ce « Mur des Lamentations » s’avère bien utile pour conscientiser nos fardeaux et surtout nous en décharger.

À condition de ne pas en abuser.

Pour les débutants, accordez-vous entre quinze minutes à une demi-heure par jour, que vous consacrerez à verbaliser vos griefs.

Pour les plus aguerris, faites comme on procède à Jérusalem, mettez par écrit ou bien, dites le haut et fort, puis lâchez et confiez à l’Univers.

Ça soulage, drôlement.

Je vous ai avoué, dans un article récent, avoir ressenti et constaté que j’étais encore une sorte de victime de la vie, dans certains domaines.

Et cette claque, bien que fort déplaisante et puissante, m’a tellement bien réveillée, que peu de temps après, une fois ce fait accepté, bien vu et assumé pleinement, m’a donné un coup de pouce salutaire pour ne plus le demeurer.

Exprimer tout ce qui a été injuste ou insupportable dans notre vie nous met au clair avec ce qu’il y a encore à travailler.

A ceux qui n’y arrivent pas, parce que leur cerveau a mis des défenses très efficaces ou des protections contre ce qui aurait pu les détruire, je propose d’en faire un petit rituel quotidien. En allant, tous les jours, pendant au moins un mois à la rencontre de cette partie souffrante.

Ce qui facilitera un dialogue franc avec vous-mêmes et mettra au clair ce qui n’est pas encore réglé.

En gardant toujours présent à l’esprit que cet exercice ne sert pas à ressasser, à nous complaire dans nos malheurs ou rester « plombé » par tout ce qui sort.

Mais à trouver la voie pour nous en libérer, en offrant une occasion d’un grand nettoyage.

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Et ce fameux sens de la vie, alors…

échelle

Attention, je ne me lance pas dans de grands discours philosophiques, métaphysiques ou existentiels, je vous propose juste quelques pistes, outils et exercices pratiques.

Après avoir renoncé à trouver cette fameuse mission, reprenons le postulat que la vie est une grande école où tout être est appelé à travailler sur soi pour réaliser son plein potentiel.

Mais nombreux sont ceux qui tels des robots, avancent, sans savoir pourquoi. Rien ne les attire ou ne les motive et ils se contentent juste d’exister.

Ou encore, il y a des personnes qui se battent avec la vie, et en élèves rebelles, refusent d’apprendre les leçons qui leur sont proposées. Ils rejettent leur destinée et trouvent tous les moyens détournés pour la fuir.

D’autres la subissent, parfois, en espérant secrètement qu’elle s’achève au plus vite.

Sans en faire une sorte de quête du Saint Graal, nous pouvons néanmoins nous connecter constamment à ce qu’il y a de plus fort, de plus grand, et de plus noble en nous :

  • En retrouvant nos rêves d’enfance
  • Définissant nos passions, ce qui nous motive, ce que nous faisons avec joie
  • En nous inspirant des personnes que nous admirons

Pour bien le mettre à jour il existe un bel outil :

La baguette magique

Imaginez que vous la possédez et que, grâce à elle, vous pourriez modifier des choses dans les domaines de votre vie qui ne vous satisfont pas.

Que changeriez-vous ?

  • Quelle serait la plus haute vision de vous-même, quelle contribution pourriez-vous apporter au bien commun, quel héritage désireriez-vous laisser à vos descendants
  • Votre rêve le plus fou, le plus ambitieux. Sans y mettre aucune limite
  • Qu’est-ce qui rendrait votre vie riche et pleine de sens 
  • Si tout était possible, que choisiriez-vous de faire 
  • A quoi ressemblerait votre vie idéale ? Que voudriez-vous avoir accompli ?

Stephen Covey, en introduction de son livre Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent, propose un autre exercice. Certains risquent de ne pas le trouver drôle… car il s’agit de s’imaginer à son propre enterrement…

Vous regardez avec détachement ceux qui y sont présents, vos proches, vos amis ou collaborateurs.

Choisissez trois personnes qui sont significatives pour vous et entendez-les prendre la parole.

Que disent-ils ? En quels termes et par quels traits de votre personnalité vous évoquent-ils ? Quels souvenirs avez-vous laissé ?

Demandez-vous ensuite ce que vous aimeriez qu’ils expriment… Comment voudriez-vous que ces personnes se rappellent de vous ? Quel discours aimeriez-vous que chacun prononce ?

Et comparez les deux…

En relevant les points sur lesquels les écarts sont les plus importants car c’est à ceux-là que vous devriez vous consacrer prioritairement, en vous fixant des objectifs concrets.

Et c’est ainsi que vous vous donnerez toutes les chances de devenir vraiment l’homme ou la femme que vous voulez être.

En rétablissant vos priorités entre carrière, famille, couple, en vous concentrant sur l’essentiel.

Ainsi, vos petits manques n’auront plus tant d’importance.

Vous y gagnerez de l’assurance dans la vie et vous ferez de meilleurs choix.

Car il arrive que l’on se leurre soi-même et que certaines sphères que nous pensions secondaires ne le soient finalement pas.

Ces interrogations, loin d’être morbides conduisent à faire un bilan de sa vie, à reprendre contact avec ses valeurs profondes, voire à se donner l’impulsion nécessaire pour changer.

L’exercice agit également sur l’estime de soi, puisqu’il donne confiance en notre capacité de « créer » celui que nous désirons devenir.

Et la volonté de faire de notre mieux.

Il est bon de le refaire, surtout aux tournants de notre vie.

Vivre en accord avec ses valeurs

Les connaître et respecter, c’est faire un pas vers l’être entier. C’est affirmer qui nous sommes mais surtout agir en fonction de ce que en quoi nous croyons et ce qui nous semble essentiel au plus profond de nous.

Pour ne pas se laisser égarer par un quelconque bénéfice immédiat au détour de la vie.

Mettre par écrit ce que vous vous assignez comme objectifs, ainsi que les étapes qui y conduisent, vous aidera à les appliquer d’une façon concrète.

Cette « feuille de route » évolue régulièrement, se précise, se réajuste et s’affine.

La relire nous permet de voir si ce que nous avons décrit est toujours vrai, par la résonance intérieure avec ce qui fait « chanter notre cœur », ce qui nous fait « vibrer », nous donne l’envie de nous lever le matin, nous remplit de joie, d’enthousiasme, d’énergie.

« À quoi bon grimper plus rapidement à l’échelle pour réaliser qu’elle s’appuie sur le mauvais mur ? »

Nous rappeler cette phrase, d’une justesse rare, nous donne le recul nécessaire pour réaligner notre vie.

Stephen Covey, qui en est l’auteur, donne dans Priorités aux priorités d’autres outils, notamment, en parlant de la montre et la boussole. La montre, étant le temps linéaire, qui passe inexorablement mais que nous pouvons apprendre à utiliser au mieux, en gérant nos engagements, nos activités et nos obligations.

La boussole indiquera la bonne direction, nous guidera vers nos buts véritables, vers ce qui fait réellement sens pour nous.

Lorsque le décalage entre les deux devient trop grand, il est important de voir que ce à quoi nous nous affairons n’est plus au service de ce qui nous nourrit vraiment à l’intérieur.

Cet écart peut générer des sentiments de vide, de  confusion ou de  culpabilité, qui indiquent que nous nous nous sommes égarés en chemin.

Et qu’il est nécessaire d’en prendre conscience mais sans les alimenter.

Comme lâcher le passé, faire le deuil de nos regrets, nos erreurs, et nous libérer de tous les conditionnements ou attentes qui nous ont été inculqués par nos parents, l’éducation, la société. Mais aussi de nos propres désirs « de grandeur »…

Pour trouver son identité propre. Et l’affirmer.

Grandir en conscience, se respecter, entretenir des relations bienveillantes mais sans laisser les désirs des autres devenir un parasitage nous empêchant d’écouter les nôtres.

Savoir dire « non », pour que notre « oui » soit authentique.

Garder et exprimer notre gratitude, notre reconnaissance envers tout ce que la vie nous apporte.

Et surtout l’envie de se réaliser sur le chemin, celui qui ne finit jamais…

Pour ne plus jamais avoir l’impression de passer à côté de sa vie.

Comment savoir quelle est ma mission de vie ?

Photo FotoliaJ’entends si souvent cette question qui m’est posée, dans vos courriels aussi.

Et c’est fou, le nombre de résultats obtenus, quand vous la tapez sur Google.

Beaucoup de personnes attirées par cette fameuse « spiritualité » veulent se sentir chargées d’une mission.

Je l’ai cherché aussi. J’ai même consulté des guides, y compris ceux de l’invisible 🙂

Bah oui, cela fait partie des égarements sur le chemin…

Et le plus sensé m’a dit : tu as toutes les réponses en toi et nul besoin de me contacter, fais-toi juste confiance et sois à l’écoute car ton cœur te parle, en permanence.

Depuis, je ne la cherche plus et même, je n’aime pas ce mot qui dénote souvent l’exigence du « petit moi ».

Se sentir investi d’une mission nous donne de l’importance, quand ça ne nous gonfle pas d’orgueil…

  • Je vais aider les autres
  • Soutenir ma famille
  • Faire le bien
  • Répandre plein d’amour autour de moi
  • Changer le monde
  • Sauver la planète
  • Guérir les gens car bien sûr, j’ai un don

Donc, nous ne serions là que pour aider les autres, les secourir, et même parfois les sauver…. d’eux-mêmes.

Surtout ceux qui ne nous ont rien demandé…

Rien de mal dans ce désir « d’être au service » mais ne pouvons-nous pas le faire tout simplement, et en commençant par s’occuper de nous… d’abord, avant de nous attaquer à tous les malheurs de la terre ?

Car, notre première mission est bien plus simple qu’on ne le pense et elle est à la portée de tous.

Ne sommes-nous pas tous sur cette planète pour notre propre évolution ?

Cette croyance de devoir assumer une charge d’ordre « supérieur » est très ancrée dans la littérature du développement personnel, comme dans tous les courants « ésotériques ».

Avec, encore à la clé tous ses dangers…

Si vous voulez sans cesse aider les autres, n’oubliez pas que vous le faites d’abord pour vous, et demandez-vous ce que cela vous apporte, en satisfaction personnelle.

N’êtes-vous pas tombé dans le rôle du sauveur ?

La majorité des gens vivent pour quelqu’un d’autre, s’ils sont suffisamment honnêtes avec eux-mêmes pour l’admettre.

Ou bien, n’osent pas déployer leurs talents, jouent des rôles, mettent des masques.

Être soi-même c’est n’avoir rien à prouver, personne à convaincre, ni encore moins exercer un contrôle.

Contribuer au bien commun est « faire sa part du colibri », sans chercher des actions grandioses, visibles aux yeux de tous.

Pour devenir un héros, en somme…

Et si vivre quelque chose de simple, mais d’indispensable, continuer notre route, en tâchant de l’ennoblir, d’améliorer la façon dont nous y cheminons, vivre le quotidien avec bonne humeur, avec amour, était suffisant ?

En créant de bons contacts avec notre entourage, en faisant en sorte que nos proches se sentent bien avec nous, en développant la compréhension, l’empathie envers leur vécu, en s’employant à ne pas juger ou à vouloir les changer.

Apprendre à surmonter nos échecs, en faire des leçons, découvrir des habiletés nouvelles pour résoudre nos problèmes, et le faire de bon cœur,  en tirant le meilleur pour notre évolution.

Tous les humains ont en réalité la même raison d’être, la même tâche : vivre toutes nos expériences dans l’accueil et l’acceptation qui mènent à l’amour véritable.

Vous saurez que vous en approchez quand vous arriverez à établir une harmonie en vous, qui ne dépendra plus du regard extérieur et vivrez une vie quotidienne qui vous procure toute la satisfaction dont vous avez besoin.

Quand vous ne vous sentirez plus coupables et que vous ne culpabiliserez plus les autres.

Même si vous n’êtes pas d’accord avec une situation ou une personne ou encore si vous ne les comprenez pas, vous serez dans cette acceptation.

N’est-il pas plus bénéfique d’honorer qui nous sommes, en étant conscients aussi bien de nos qualités que de nos défauts ? Sachant que ce que nous considérons comme tels a toujours deux facettes.

Si je suis sensible, cela me donne la capacité d’écoute et d’empathie, à condition de ne pas verser dans la « sensiblerie » qui m’ôte tous les moyens d’agir.

Les véritables enseignements sont d’ailleurs destinés à faire de nous de meilleurs êtres humains.

Et notre première et la plus importante tâche sera d’expérimenter par nous-mêmes ce que nous souhaiterions enseigner aux autres, d’en acquérir une bonne maîtrise dans notre propre vie.

Et si, plus tard, nous avons des occasions de communiquer ces valeurs à autrui, par des moyens qui correspondent aux talents que nous avons, il leur sera plus facile de nous comprendre car nous leur paraîtrons crédibles, grâce à notre vécu.

Et nous serons tout simplement ce que nous irradions autour de nous par notre manière d’être.

Sans chercher à se poser en exemple, notre façon de nous comporter pourra être une source d’inspiration à plus d’un.

Un autre aspect de cette mission arrive quand les « folies de grandeurs », sous-tendues par cette « spiritualité » mal comprise s’en mêlent.

Il sera alors question d’entendre l’appel de son âme, d’apporter la Lumière, accomplir le Plan Divin, ou être aligné à son être supérieur…

A l’aide, bien évidemment des esprits de la Hiérarchie Spirituelle, des Maîtres de Sagesse qui supervisent le bien-être de notre planète. Et pourquoi pas des extraterrestres qui nous parlent ?

Et si vous n’y répondez pas, et bien ce refus vous exposera invariablement aux difficultés et aux souffrances, qui pourraient être évitées, en modifiant vos « vibrations ».

Et cet appel de l’âme, s’impose, faisant fi de votre libre arbitre.

Vous désireriez avoir des « visions », entendre des appels, des voies, par la clairaudience ou autres facultés extrasensorielles. Pour :

  • Éveiller les autres
  • Les servir par votre lumière croissante qui se propagera par la télépathie et ces vibrations élevées
  • Devenir un transmetteur d’énergies spirituelles, mises à la disposition de tous ceux qui vous entourent…
  • Ou encore être un « canal » de je ne sais quelle entité céleste.
  • Et, délire suprême : une mission encore plus supérieure, celle de vivre sa dernière incarnation, entrer dans la peau d’un Immortel ou d’un Être de Lumière !

Et pourquoi pas, marcher sur l’eau, pendant qu’on y est ?

Je me fais l’avocat du diable, encore… mais il serait peut-être recommandé de redescendre sur terre, non ?

On ne se réveille pas un matin en disant : ça y est, j’ai trouvé !

Et si nous ne « trouvions » pas vraiment notre mission de vie car … c’est plutôt elle qui nous trouve…

Et la chose essentielle à accomplir sur cette terre est d’apprendre à s’aimer, et rien que cela, peut occuper toute une vie.

Alors cheminer, sans chercher inlassablement à vous sentir investis d’une mission car, la première et la plus importante est celle de vivre, tout simplement mais pleinement, ça vous parle ?

Et si vous y tenez vraiment, il serait peut-être préférable de remplacer ce mot par celui de donner du sens à sa vie ?

Mais là, encore, c’est un autre sujet…

Avez-vous peur de vos émotions ?

Mal-être

Si nous adorons tous être joyeux, enthousiastes, pleins d’entrain, nous sentir confiants, en nous, en la vie, nous sommes également confrontés à des émotions perturbatrices, dérangeantes, déstabilisantes.

Et non seulement, cela nous déplaît mais entraîne le désir de nous en débarrasser car elles nous gênent et nous ébranlent.

Souvent, quand nous sommes emportés, nous perdons tout discernement et faisons ou disons des choses que nous regrettons par la suite.

Sans parler de la souffrance qui en résulte…

Nous les concevons donc comme des ennemies et cherchons à les brider, à les contrôler ou à les refouler.

Mais est-ce vraiment une bonne idée de nous en défaire ?

Non seulement nos émotions prennent source à un âge où l’intellect – pas encore développé – n’a pu y faire face mais ces difficultés continuent à vivre en nous, présentes et fortes, comme au premier jour.

L’inconscient, disait Freud, ne connaît pas le temps, et nos souffrances anciennes non réglées restent toujours actives.

Il faut donc comprendre que les problèmes qui en découlent sont récurrents, qu’ils sommeillent en nous depuis des années et qu’ils ne se résoudront ni par miracle, ni tout seuls.

Et qu’il sera nécessaire d’aller chercher au fond, pour mettre le doigt sur ce qui fait mal.

Prendre conscience que nous les retenons, en cherchant à rester dans ce que nous connaissons déjà, même si c’est désagréable, puisque la plus grande peur de l’être humain demeure l’inconnu.

Ces stratégies inconscientes peuvent nous conduire à adopter des comportements contraires à nos désirs profonds. Et nous nous enferrons dans des conduites d’échec et dans l’attachement à nos propres chaînes.

Nous reproduisons ces schémas, tout en mettant en place les tactiques pour éviter ou fuir ce qui les déclenche.

Posons le premier postulat : si, contrairement à ce que l’on pense, il n’y avait pas d’émotions « positives » ou « négatives », juste agréables ou désagréables ?

Ou celles de « bien-être » et de « mal-être ».

Et si ces dernières avaient leur utilité, en tant que messages importants, signaux d’avertissement, des indicateurs qu’un besoin, personnel ou social n’est pas satisfait.

Donc, qu’il faut en prendre soin.

Ces alertes sont nécessaires car si nous les négligeons, elles seront de plus en plus fortes… et se manifesteront d’une manière encore plus pressante, y compris par les maux du corps.

« Sans émotions, il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l’apathie en mouvement ». Carl Gustav Jung

Alors, ne vaut-il pas mieux se mettre à l’écoute ?

Souvent, nous ne prêtons attention à nos émotions que lorsqu’elles nous dérangent, et en prime, nous les nions, réprimons ou refoulons.

Parfois, parce que nous ressentons de la honte, de la culpabilité ou de la peur face à leur violence ou bien nous craignons qu’elles soient mal appréciées par notre entourage.

Habituellement, nous sommes convaincus que l’émotion est un phénomène provenant de l’extérieur, alors qu’il ne fait que déclencher, révéler ce qui est en latence à l’intérieur de nous.

Notre colère, notre tristesse, la violence, face à une personne, une situation, une parole, viennent-elles de l’autre ou ne font-elles que réveiller celles qui sommeillent en nous ?

Les émotions sont persévérantes et vont revenir chaque fois qu’une situation similaire se reproduit, jusqu’à ce que nous comprenions leur leçon.

Le refus est inhérent à l’émotion perturbatrice et naît du décalage entre nos attentes et ce qui est. Frustrés dans nos désirs, nous n’acceptons pas ou encore, nous nous révoltons contre cette « injustice » du sort.

Nombreux sont ceux qui renoncent à leurs besoins afin de ne pas revivre ces sensations douloureuses.

La plupart du temps, ces mécanismes de protection ou de défense sont inconscients  mais cependant, nous pouvons les mettre « à jour », lorsque nous faisons la liste des besoins que nous n’arrivons pas à combler depuis de nombreuses années.

Deuxième postulat : l’objectif n’est pas de faire disparaître le ressenti mais ce rejet qui le sous-tend.

Bien-être

La première étape consiste donc à nous ouvrir, pour accueillir l’émotion car cette acceptation permet de la regarder bien en face.

Pour l’identifier, la reconnaître l’amener à la conscience, clarifier et passer d’un désordre affectif vague à quelque chose de plus précis.

En mettant des mots appropriés :

  • Suis-je en colère, contrarié, fâché ?
  • Triste ou déçu ?
  • Ai-je peur et quelle est sa nature : danger réel, imaginaire, de qui ou de quoi vient-il ?

Et posant de bonnes questions :

  • Comment se manifeste-t-elle ?
  • Par quels signes physiques, dans quelle partie du corps ?

Ensuite, il est important d’identifier les situations qui la déclenchent, d’observer si elles sont semblables, répétitives ou quel est leur point commun.

Ce travail permet d’envoyer à notre cerveau le message que ses signaux sont bien reçus et que nous allons nous en occuper.

Et surtout, d’être au clair avec ce qui se passe en nous.

Essentiellement, toutes nos réactions émotives sont là pour nous aider à nous adapter à chaque situation de notre vie.

Elles servent aussi à nous éviter les obstacles et les dangers qui se trouvent sur notre chemin, fournissent l’information nécessaire et les indices pour la rendre utilisable.

En effet, nos émotions nous renseignent continuellement sur notre état intérieur, comme sur les conséquences des événements et de nos propres actions sur notre équilibre.

Mais derrière, il y a toujours la quête de satisfaire nos besoins.

D’où la nécessité de les nommer ainsi que de trouver les moyens à mettre en œuvre pour les combler.

Cela nous emmène à tenter de comprendre quel est le manque, en posant la question : « Qu’est-ce que je ressens au juste ? ».

Si un geste, une parole, un événement nous atteignent, c’est qu’ils ont une résonance en nous. Ils nous renvoient à notre vécu, souvent douloureux et refoulé.

Et si cette émotion est éveillée par quelqu’un, au lieu de réagir négativement, regardez ce qui vous blesse, vous frustre ou vous dérange, et discutez-en avec la personne concernée.

Et si pour des raisons quelconques cela est impossible, vous pouvez toujours le régler entre vous et… vous.

Je ne vous propose pas dans ce billet d’analyse trop poussée, juste quelques outils bien efficaces :

  • Ne pas fuir, rejeter, ni mettre sous couvercle car la « cocote minute » risque de vous exploser à la figure. C’est un déni et si vous voulez éviter la souffrance, ou bien vous essayez de résister, cela vous épuisera.
  • Éliminer les « j’aurai dû, j’aurai pu, si j’avais su »… Les regrets et les ruminations ne vous mèneront nulle part.
  • Accueillir ce qui surgit, le reconnaître, simplement et, de préférence, sans culpabilité ni jugement.
    Mais sans complaisance, attachement ou auto-apitoiement
  • Exprimer son émotion, le plus précisément possible. Par exemple : « Je suis en colère parce que je me suis senti vexé ». C’est important, surtout quand nous sommes en interaction avec un proche. Il est alors essentiel de dire ce qui nous a blessé, sans accusation ni attaque pour qu’un vrai dialogue puisse avoir lieu.
    Éviter le « tu qui tue », parler juste de son ressenti.
  • Poser des actes appropriés, en en nous respectant mais sans faire du mal à quiconque, et surtout sans retourner la violence contre soi. Agir et évoluer dans la vie en gardant en tête nos objectifs et nos désirs.

Pour aller vers soi et uniquement vers soi. Ce n’est pas « l’autre » qui est la cause de ma réaction, seulement son comportement qui a été interprété d’une certaine façon et qui a éveillé quelque chose en moi. Alors pourquoi suis-je en colère ? Et contre qui ?
Ne vous coupez pas de vos ressentis car ils vous aident à comprendre et… à apprendre. La réponse vous renseignera sur l’état mental dans lequel vous êtes.

Et quand l’émotion « négative » revient, je vous suggère d’identifier les pensées qui y sont associées, ainsi que vos croyances.

Car celles-ci déterminent la perception que nous avons des situations et événements qui nous entourent, et agissent comme des filtres dont nous ignorons l’existence.

Plusieurs de ces croyances sont cristallisées, figées dans le temps, depuis notre tendre enfance et conditionnent la façon dont nous allons réagir.

Mais cela, c’est un autre sujet…

Bon, d’accord, c’est bien beau mais est-ce réalisable ?

D’abord, cela ne veut pas dire de ne plus avoir d’émotions car non seulement c’est impossible mais ferait de nous des sortes de monstres, des robots.

Nous pouvons très bien être en colère, souvent justifiée, d’ailleurs mais sans nous identifier à elle.

L’exprimer, en conscience et de manière appropriée mais en restant « détaché », comme si nous nous observions dans cet état.

Et après l’avoir lâchée, rigoler un bon coup, par exemple…

Vous êtes triste ? D’accord mais vous n’êtes pas cette tristesse, elle ne fait que passer, à moins que vous ne décidiez de la retenir, voire vous y complaire.

Là, vous allez trouver que je « radote » car je vais encore répéter la même chose : accueillir, sans jugement ni culpabilité – de préférence – et s’accepter dans tous ses états.

Quitte à avoir envie de balancer votre belle-mère par la fenêtre  🙂

Tant que vous ne passez pas à l’action, assumer ses pulsions violentes vous met bien plus en accord avec vous-mêmes.

En chacun de nous cohabitent Mère Teresa et l’Hitler, et comme avait coutume de dire cette « sainte » femme, elle est devenue ce que nous savons, pour « canaliser » cette autre énergie et la mettre au service d’une belle cause.

Alors, sublimez, dans ce qui vous convient, transmutez mais ne fuyez pas votre « ombre » car toujours, elle vous rattrapera.

Pourquoi le développement personnel c’est du grand n’importe quoi

Développement personnel 2

  • Je vais encore moins bien depuis que je fais du développement personnel…
    C’est grave, docteur ?
  • Non, Madame, c’est normal, voire recommandé, ça passe toujours par là…
  • Ah bon, et pourtant je voulais résoudre mes problèmes ?
  • Vous étiez assise sur un tas de fumier, en vous bouchant le nez, les oreilles, comme le reste, à présent vous avez décidé de voir de plus près et vous vous étonnez que ça sente mauvais ? Vous vous croyiez confortable dans vos certitudes et maintenant que tout a volé en éclat allez-vous en chercher d’autres pour vous rassurer ?
  • Bah oui, sinon, comment vivre autrement ?
  • La seule certitude que nous puissions avoir est celle que nous allons mourir… et encore…
    Et de quoi donc voulez-vous être sûre ?
  • Que j’avance
  • Vers où ?
  • Le bonheur, la réalisation de soi, l’amour, la sécurité, l’abondance…
  • Et tout ça tout de suite ?
  • Il faut positiver, non ou alors, à quoi ça sert ?

On se le demande, souvent…

Dans cette société en perte de valeurs, minée par l’incertitude, l’impératif de réalisation personnelle fonctionne comme un puissant levier. Et cette promesse de bonheur déploie son attrait en période de crise.

Si l’évolution intérieure, le cheminement, les interrogations, la remise en question permanente sont nécessaires, voire vitales, les sages, depuis la nuit des temps, n’ont pas attendu pour donner l’exemple.

Mais cet engouement qui gagne du terrain, ne cacherait-il pas parfois un effet de mode et ne deviendrait-il pas la dernière « religion » en date ?

Avec, à la clé, tous ses effets pervers.

Les coaches de vie, les éclaireurs de consciences, les éveilleurs, nous font miroiter tant de promesses, nous annonçant, à grands coups de marketing, l’assurance d’une vie épanouie… en étalant leurs réussites, sur tous les plans et toutes leurs dents blanches dehors.

Les rayons de livres en débordent, nous croulons sous des vidéos, conférences et conseils en tout genre.

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain mais… un peu de discernement, est plus que jamais de mise.

Car, dans ce grand fourre-tout, la barre est souvent placée trop haut et cette quête désespérée du bonheur, menée par des désespérés de la vie peut vite devenir inquiétante et surtout culpabilisante.

« Vivez la vie de vos rêves » : une simple phrase qui peut vous déprimer pour longtemps, pour peu que la vôtre refuse de suivre cette direction.

Un petit coup de « pensée positive » par-là, des injonctions sans appel : « soyez heureux » « créez votre réussite » ou « bougez-vous les fesses » par ci, n’entend pas implicitement que « si vous n’y arrivez pas, c’est de votre faute » ?

  • Je me sens de plus en plus coupable de ne pas être à la hauteur
  • J’ai 50 ans et je ne suis toujours pas arrivée, la honte !
  • J’en suis à mon dixième stage, cinquième thérapeute, centième livre… et rien ne change !
  • Mes relations empirent et mon auto-estime plonge vertigineusement.

Et cette sorte de pression qui vient de toute part.

  • Quoi, tu n’es pas encore heureux ? Tu ne réalises pas ton plein potentiel, ne nages dans l’abondance, tu n’as pas de partenaire qui te comble, un travail épanouissant (à aider les autres, bien évidement) ?

Accompagnée des injonctions : arrête de te plaindre, remue-toi, donne toi un coup de pied aux fesses, secoue-toi, décide-toi, pense positif, médite, reste zen, fais un stage, lis un livre, lâche prise, vis la pleine conscience, le moment présent…

Cela finit par vous rendre honteux et vous enfonce encore dans la conviction que vous n’êtes pas à la hauteur.

Donc, que vous êtes non seulement moins bien que les autres mais qu’en plus, personne ne peut vous comprendre.

Car, si vous appelez vos amis, qui « se développent » aussi, parce qu’une petite ou grosse « plongée » vous guette, sont-ils toujours compatissants ou vous disent-ils la même chose, en vous donnant l’impression de ne pas pouvoir vous « accueillir » dans tous vos états ?

Bien évidemment, nous sommes les créateurs de nos vies, qui ne fait que refléter nos pensées, nos croyances, nos convictions.

Comme nous attirons à nous ce qui correspond à nos blessures, manques et peurs.

Mais, sous prétexte que nous créons notre réalité, certains ont décidé de rejeter totalement tout ce qui leur parait « négatif ». Or, un être vraiment conscient ne fuit pas le « mal », il est simplement capable de le regarder en face ou de l’affronter sans que cela le fasse chuter.

Il a juste compris que l’important était de ne pas y rester trop longtemps mais sans pour autant devenir un forcené et s’infliger cette espèce de course perpétuelle à l’amélioration et au dépassement de soi.

D’ailleurs, peut-on dépasser ou seulement se mesurer à cette immense partie immergée de l’iceberg qui est notre inconscient, sans un véritable travail de fond, accompagné par un professionnel, de préférence ?

Et si la meilleure voie n’était pas de se développer mais de se dépouiller ?

Lotus

De tout ce qui empêche, bloque, freine, et en premier de cette envie d’y arriver ?

Arriver où, d’ailleurs ?

Celui qui me dit qu’il est arrivé, je m’en méfie car il y a de fortes chances qu’il se soit égaré en route ou qu’il se berce d’illusions.

Je caricature, forcément, j’accentue le trait mais n’y a-t-il pas une part de vérité dans tout ça ?

Dans cette course effrénée vers le bonheur le plus intense et le plus durable possible, dans ce rejet de tout ce qui n’est pas « positif ».

S’il est bon de savoir saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent, il reste nécessaire d’aiguiser son radar à pièges.

Il n’y a pas d’autoroute qui mène à l’accomplissement.

Il n’y a que le chemin, et il est étroit, escarpé, difficile, souvent, et c’est pour cela qu’il est la voie le moins fréquentée.

Comme le dit Jung, si cher à mon cœur : « Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité. Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire. »

Et : « Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin. »

Plonger dans ses « ténèbres » est un passage obligé car non seulement, c’est là que se trouvent des réponses à notre mal-être mais surtout, c’est en les sortant à la lumière de la conscience que nous pouvons les transformer. Pour ne plus subir.

L’introspection suppose une détermination, des efforts, une discipline quotidienne, et une souffrance, parfois. Elle nécessite de se confronter à sa part d’ombre, d’apprendre à s’ouvrir à ses émotions, à analyser leurs mouvements internes, à les appréhender, les saisir.

Apprendre à se poser les bonnes questions, à chercher les réponses au fond de soi, sans les attendre nécessairement de l’autre, de l’extérieur.

Et si nous ressentons le besoin d’être aidés, il est judicieux de se tourner vers un bon thérapeute et de bonnes méthodes, celles qui résonnent en nous, et non pas se précipiter sur le dernier objet qui brille, en suivant des modes ou des avis des autres car ce qui a fonctionné pour eux, ne nous conviendra pas forcément.

Les « boîtes à outils » débordent et si nous sommes constamment à la recherche du meilleur, le plus rapide, plus précis, plus efficace, et cela, sans jamais vraiment mettre en pratique ceux que nous avons déjà, n’est-ce pas totalement absurde ?

Comme les « touristes » qui se promènent d’un stage à l’autre, se revendiquent d’avoir pratiqué telle technique, rencontré tel thérapeute lu tant de livres.

Belle excuse pour une fuite. Sous prétexte de toujours « faire », ils n’appliquent jamais rien, s’évitant ainsi la confrontation avec leurs problématiques psychiques, et ils continuent de souffrir et de nier l’origine de ces souffrances.

Vous pouvez : « décider » d’être heureux, si cela vous parle, cela a fonctionné pour beaucoup mais quant à moi, je préfère : choisir.

Entre mes pensées ou émotions « négatives », qui ne le sont jamais vraiment car c’est juste l’expression de notre « ombre », et le précieux indicateur qui signale quel problème, quelle incohérence entre les différents niveaux de l’être sont en difficulté.

Choisir ce qu’il faut travailler, faire évoluer, comment, dans quel ordre…

Pour ne plus être malades de ne pas être ce que nous sommes vraiment.

Et ne surtout pas éviter ce qui fait mal, ne pas avoir peur d’être déprimé, triste ou traverser un passage à vide. Accepter ses pulsions destructrices, sa violence la puissance sourde de ses émotions.

Dans la quête de sens, la création de liens avec son histoire de vie, la prise de conscience de ses schémas de fonctionnement, de ses répétitions traumatiques et surtout de ses failles ne peut pas être négligée.

Et ce bonheur que l’on nous « vend » au sens propre, est-il le véritable but de notre vie ?

Pour les anciens, il résidait dans le travail sur la conscience et la connaissance de soi. Dans l’attention portée à la qualité et à la nature de ce que l’on sème et cultive.

Or, se connaître soi-même implique toujours une grande humilité face au mystère, la reconnaissance de ses limites et surtout, un respect des lois sacrées de la vie que l’on ne cherchera pas, à tout prix, à violer ni à transgresser.

Comme dans ce beau conte amérindien : nourrir le loup blanc mais ne pas se boucher les oreilles quand le noir hurle, parce qu’il est affamé et qu’il réclame notre attention.

Ne pas l’alimenter mais l’apprivoiser, voir ce qui fait mal, ce qui veut sortir… et l’accueillir, le mettre à la lumière de la conscience pour le dissoudre dans l’accueil inconditionnel de toutes les parties qui nous composent.

Nos facettes les plus sombres nous apprennent bien davantage sur nous que tout notre « positivisme », souvent forcé, derrière lequel se cache le déni.

Donc, je ne me développe pas, je me dépouille : de tout ce qui n’est pas mon « moi véritable » celui qui est lumière, paix, sérénité amour. Pour déterrer, ce diamant brut, enfui sous des tonnes de boue, faire pousser le merveilleux lotus, qui prend toujours ses racines dans de l’eau trouble.

Je laisse mes « bagages », tout ce « malheur qui vit en moi », qu’il soit le mien ou acquis dans l’enfance, à commencer par ce que nous avons pris dans le ventre de notre mère, venu des histoires familiales, des souffrances transgénérationnelles, comme celles du monde.

Je ne lutte pas contre, puisque c’est un combat perdu d’avance, j’accueille ou du moins je ne fuis pas, je m’observe dans toutes mes stratégies d’auto-sabotages, d’évitements.

Et si je n’y arrive pas, je me dis calmement, OK, j’en suis là, à ce jour, en ce moment, et je m’accepte avec tout ça. Sans jugement ni culpabilité.

Et s’il vous arrive (comme à moi, récemment) de constater que vous êtes encore victime de quelque chose… et bien, cette « claque », dure à admettre et à gérer, peut s’avérer salutaire si vous avez le courage de ne pas vous épargner cette leçon.

Persévérer mais surtout – et c’est un grand écueil qui nous guette – sans complaisance et sans attachement à nos souffrances.

Faire la différence entre l’accueil et la résignation, entre le non-jugement et les excuses que nous nous trouverons toujours, entre la compassion et l’auto-apitoiement.

En gardant toujours présent à l’esprit que si la responsabilité de ce qui est arrivé peut incomber aux personnes qui nous ont blessé, nous demeurons toujours les seul à « gérer » les conséquences que cela a engendrées.

Ne pas « se flageller » mais acquérir la conviction que le bonheur, la joie se trouvent dans la croissance, l’évolution constante, dans l’assurance que nous cheminons, et que nous faisons de notre mieux, à notre rythme, même si celui d’une tortue.

L’humilité, la patience et la prudence, nous éviteront de foncer tête baissée dans des mirages dont on ressortira déçu et découragé.

Comme le « bon sens » nous mènera dans la bonne direction.

Si l’ère de la consommation veut exonérer l’individu d’aller chercher au fond, ce qui l’enferme au lieu de le libérer, cette illusion ne leurre qu’un temps. La guérison n’est jamais miraculeuse ni extérieure.

Personne n’est et ne sera jamais parfait, nous sommes juste « perfectibles ».

Cela se joue toujours « sur le fil du rasoir » et nécessite une énorme vigilance, la conscience claire et la sagesse d’accepter que l’on ne gagnera pas toutes les batailles.

 

 

Pourquoi je ne suis pas « spirituelle »

L'ImpératriceRevenons à la base : en latin spiritu =esprit. In spiritu : « en esprit », veut dire le souffle, l’air, l’âme, l’esprit dans la matière. Mettre la spiritualité, ainsi que son adjectif à toutes les sauces est devenu source de confusion et des malentendus.

Et je demeure toujours très prudente face à ce mot, ainsi qu’envers les personnes qui l’emploient. J’en ai connu qui disaient : « nous sommes dans la spiritualité », à quoi je répondais : on peut être dans la boulangerie, dans l’informatique, dans le vente, spiritualité… connais pas.

Avoir de l’esprit, implique dans le langage courant une faculté, comme une remarque spirituelle, donc riche, drôle, imaginative, enlevée. Cela est l’acception couramment admise.

Concernant l’autre vision, je préfère largement me définir comme un être sur le chemin vers moi-même, poussé par le désir de me relier à Plus Grand que moi.

Et comme j’aime à me référer toujours à ces Archétypes intemporels, je reviendrai vers l’Impératrice du Tarot de Marseille qui nous enseigne que nous sommes là pour incarner l’Esprit dans la matière. Sans quoi notre quête n’aura pas de fondement.

Si nous sommes venus vivre les expériences de la vie, c’est pour accepter, expérimenter, aimer cette matière, ici et maintenant, bien enracinés dans la Terre. Et c’est la condition sine quoi non de toute évolution et de l’élévation vers ce que vous pouvez nommer comme bon vous semble, Dieu, la Source, l’Univers…

Être avec soi et les autres, cela implique vivre en conscience de qui nous sommes ou désirons devenir, échanger, partager, en admettant et respectant nos différences.

Laisser tout un chacun suivre son chemin, dans la tolérance et sans jugement. Et les aider quand ils nous sollicitent. S’ils ne demandent rien, ne surtout pas s’imposer, ne jamais forcer, laisser libre…

Juste se construire pour rayonner ce véritable état d’Être.

Alors voilà pourquoi ce blog ne s’adresse pas :

  • Aux « flottants au plafond », comme j’aime à les nommer, tant ils sont déconnectés de la matière. Avec pour corollaire que le désir et le matériel sont la source de toutes les souffrances
  • A ceux qui croient aux canalisations, messages des maîtres célestes, galactiques, aux prophéties et surtout à la divination
  • A ceux qui cherchent des méthodes infaillibles pour vivre dans l’abondance, acquérir le bonheur le plus intense et le plus durable possible ou les promesses d’un éveil, en huit étapes, clés en main, et… satisfaits ou remboursés, bien sûr…
  • A ceux qui veulent « ascensionner », passer dans la 5e 6e ou 8e dimension, atterrir sur Sirius ou ailleurs. « Nous sommes tous des poussières d’étoiles », et personnellement, cela me convient très bien.

Et vous ?

Pourquoi est-il si difficile de trouver l’amour ?

L’amour fait tourner le monde, depuis toujours mais souvent, il nous fait si mal…

Vous l’avez exprimé dans vos courriels, alors, commençons par ce sujet intemporel, avec quelques pistes des réponses, inspirées par les cas précis.

Le prince image Disney

Sommes-nous encore dans cet idéal des contes de fées, d’un prince sur son blanc destrier, de la belle endormie à réveiller par un baiser ?

Dans la conviction que l’amour est plus fort que tout, engagés dans sa quête illusoire et la croyance que si nous « tombons » sur la bonne personne, tous nos problèmes disparaîtront, comme par magie ?

Ou bien, dirigés par nos manques, blessures anciennes, schémas parentaux, voire transgénérationnels, inconscients de nos peurs enfuies et émotions refoulées et refusées, continuons nous à retomber dans les mêmes ornières et attirons toujours le même type de personnes ?

Et sommes-nous capables de vivre ces expériences, si douloureuses mais pleines d’enseignements comme des leçons de vie ou bien demeurons nous dans le rôle de victime ou refusons la relation par peur de souffrir, encore et à nouveau.

Tombons-nous amoureux de quelqu’un, juste parce qu’il nous apporte de l’attention, semble capable de remplir cette multitude de carences émotionnelles, répondre au besoin de se sentir accepté ?

Ou avons-nous juste besoin de combler notre solitude, cesser de nous sentir différent.

Bref, continuons nous encore de chercher à l’extérieur ce que nous avons la possibilité de nous offrir : l’acceptation et cet amour de soi, qui reste la chose la plus facile à dire mais si difficile à mettre en pratique.

C’est le travail de toute une vie, parfois, et si nous attendons de nous aimer suffisamment, nous risquons de ne jamais nous engager.

Nous ne pouvons pas espérer d’avoir réglé tous nos problèmes pour nous décider à agir, d’ailleurs, cela n’est point possible. Ce qui l’est, par contre, c’est de continuer, malgré ou avec eux, sans renoncer à les résoudre mais sans nous laisser paralyser.

Et la relation peut aider à le faire, à condition de ne pas compter sur l’autre pour combler nos manques ou guérir nos plaies car il devient alors une béquille et non un partenaire.

Les pistes les plus importantes

Chercher toujours dans les blessures « archaïques », celles de la petite enfance, qui nous influencent nos vies durant… comme dans la reproduction (souvent inconsciente aussi) des schémas familiaux, voire transgénérationnels, et cela, que nous les suivions ou tentions de nous construire « à l’opposé ».

La tendance à ne pas s’engager ou mal s’engager tire sa source d’une blessure, faite par un parent absent, démissionnaire, distant, castrateur ou encore parfois « nocif ».

Combien d’enfants des divorcés croient encore au mariage ? Et quand bien même, certains d’entre eux pensent qu’il est quelque chose de durable et possible, leurs réactions disent souvent le contraire.

Ces personnes se ferment à la possibilité de vivre pleinement une relation, en refusant de s’exposer au risque d’être blessé ou rejettent toute éventualité d’en entreprendre une nouvelle, voire partent, perdues d’avance, puisque au fond, elles ne croient pas que elle puisse être satisfaisante.

Car, comment construire soi-même un couple solide, alors que nos propres parents, qui servent toujours de modèle, en ont été incapables ? Alors, inconsciemment nous chercherons à éviter à tout prix de souffrir, à ne plus revivre cette douleur insupportable qui nous replongerait dans le passé. Le divorce douloureux laisse des traces et nous donne non seulement une mauvaise image du mariage mais la croyance que cela fait mal.

Aux blessures anciennes viennent s’ajouter nos déceptions amoureuses qui ont forgé une image de soi peu flatteuse. On se voit alors comme une personne qui n’a rien à offrir, indigne, incapable de susciter un sentiment véritable.

La plaie d’une rupture douloureuse encore non cicatrisée ou le deuil non fait d’un amour perdu, voire l’angoisse d’être abandonné (qui ravive toujours celle d’un abandon passé, vécu par l’enfant), nous empêchent de s’engager vraiment.

Suite à une trahison, il est parfois, pendant longtemps, inenvisageable de recommencer à s’impliquer dans une relation amoureuse, pour éviter à tout prix la douleur d’être à nouveau trompé.

Après une séparation mal vécue, une personne qui a été très déstabilisée peut avoir perdu confiance en elle, et en sa capacité à se sentir « aimable ». 

Et quand l’estime de soi est défaillante il devient difficile d’attirer un partenaire qui nous respectera, et même s’il nous aime sincèrement, nous douterons toujours, de nous, de lui, de la relation.

Mais… allons-nous succomber à ce triste constat ou bien serons-nous capables de nous lancer dans cette belle aventure : la découverte de ce qui nous sépare de l’amour.

Commençons par nos blessures : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice. Et nous les avons souvent toutes, dont une ou deux prédominantes. Elles ne seront pas traitées dans cet article, d’ailleurs, vous les connaissez probablement déjà mais les questions à poser sont :

– Vous vous dites être prêts mais ne vous « arrangez » vous, de façon inconsciente, bien sûr, de n’attirer que les « amours impossibles » ?

– Y aurait-il  une peur de l’autre, peur de l’amour, qui est aussi peur de la relation, puisque celle-là implique toujours des risques de souffrir à nouveau…

– Vous êtes-vous « construit » à l’opposé de votre mère/père, pour ne surtout pas lui ressembler mais…

  • Si on s’est senti rejeté par un parent, on le rejette à son tour.
  • Quand on le rejette, ce que l’on se rejette soi-même.
  • On fait tout le contraire pour être différent mais on répète tout de même les vieux schémas.

– Derrière le besoin d’indépendance (tout à fait légitime), n’y-aurait-il pas encore une, voire plusieurs peurs ?

– Confondez-vous besoins, manques, vide à combler avec l’envie, celle qui donne l’impression d’être « en vie », accompagnée du désir de vous investir, de construire ?

– Savez-vous faire la différence entre plusieurs degrés de ce sentiment, pour lequel, la langue française, pourtant si belle et riche, ne possède qu’un mot pour dire : « j’aime mon enfant »
et « j’aime le chocolat »…

Les Grecs anciens en avaient plusieurs, chacun teinté d’une signification différente. L’Eros désigne l’attirance sexuelle, le désir, tandis que son plus haut niveau s’approcherait de Philia : l’amitié, l’amour absolu, la compassion, voire Agapè : l’amour divin, universel, inconditionnel.

Pour ceux qui désirent approfondir cette question :

https://tarotpsychologique.wordpress.com/2014/06/06/amour-devouement-amour-celebration-amour-gratuit/

qui clôt une série sur l’échelle des sentiments.

Mais, puisque nous sommes dans le « concret » il est bon de rappeler que pour ne plus attirer notre partenaire en fonctions de nos manques, blessures, illusions, attentes, et répétitions des mêmes schémas nos vies durant, il est recommandé de considérer ces relations comme des leçons de vie et non pas une fatalité.

Si au lieu de penser en termes « d’échecs », nous apprenions, nous réfléchissions, et faisions tout pour ne pas retomber dans les mêmes travers…. et surtout continuer à endosser le rôle de victime.

Pour construire un « nous », composé de deux cercles indépendants « moi » « l’autre » et le troisième, qui englobe une partie mais pas la totalité des deux. Deux personnes autonomes, libres, conscientes de qui elles sont (avec leurs qualités, ainsi que leurs blessures et manques mais en connaissance de tout cela) qui forment une alliance et mettent dans le « nous » le meilleur, surtout leur volonté de construire ensemble dans la durée. En respectant l’autre dans son jardin secret, ses différences, ses failles.

Pas de « casseroles », de béquilles affectives, pas d’attente de ce que l’autre ne peut pas donner. Se trouver d’abord, ne pas aller « se noyer » dans l’autre et surtout ne pas attendre qu’il comble nos manques et nous fasse exister.

En résumé, ne pas chercher à l’extérieur ce que nous devons d’abord trouver à l’intérieur : l’amour de soi, la réconciliation, l’union alchimique de notre yin et notre yang.

Alors, prêts à prendre des risques, à sortir de votre « zone de confort », à être plus forts face à d’éventuelles déceptions ? Affronter « l’inconnu » qui se cache sous nos peurs, en étant conscients qu’aimer, comme vivre, est toujours s’exposer à la possibilité de souffrir et aux désillusions.

Et perdre ces dernières ne peut que nous aider à évoluer car chaque renoncement à une utopie est la reconquête de l’énergie perdue et une fenêtre qui s’ouvre à la vie.

Sans être obsédés par ce désir de trouver l’amour, décider si vous voulez vraiment rencontrer la bonne personne.

Sinon, vous le confierez toujours au hasard (qui d’ailleurs, à mon avis, n’existe pas) et vous ne croiserez donc que les rencontres au hasard ou plutôt, en fonction de cette loi qui fait que la vie nous envoie toujours ce que nous sommes prêts à recevoir, accompagné des leçons pour évoluer.

Le baiser du prince-charmant -image-de-walt-disney

Alors, si au lieu de vous demander « pourquoi », et garder cette nostalgie du prince et de la bergère, suivie de tous les regrets, vous vous mettiez sur le bon chemin en effectuant quelques réajustements et remises en questions ?

Une bonne piste pour commencer 

Reconnaître que l’on a voulu ou que l’on en veut encore à ses parents, ses ex, sortir sa colère, sa violence, sans la diriger contre eux et surtout contre vous.

Le faire, juste pour vous délester de ce fardeau…

Accueillir et accepter vos émotions, les plus enfuies, violentes, dérangeantes, en essayant de ne pas vous juger et ne surtout pas culpabiliser.

Nous sommes humains et nous avons non seulement le droit de les avoir mais aussi de les exprimer… du moment que ce n’est pas fait n’importe comment. Sinon il y aura toujours le risque de faire mal ou de se faire mal.

Si vous ne pouvez pas y arriver, tâchez au moins de vous observer dans vos refus, vos fuites, vos dérobades.

Et commencez le processus de guérison, en pratiquant la compassion pour soi… d’abord.

En veillant à ne pas la confondre avec la complaisance ou l’attachement à ses souffrances car si la responsabilité de ce qui est arrivé peut incomber aux personnes qui nous ont blessé, nous sommes toujours les seuls à s’occuper des conséquences que cela a engendrées.

Le pardon vient ensuite mais c’est une autre histoire…

Merci pour vos questions, j’ai répondu de mon mieux mais le meilleur article « généraliste » n’apportera jamais une réponse à votre cas, puisque nous sommes tous uniques, et bien que nous vivions les expériences semblables, elles ne sont jamais ressenties pareil, puisqu’il y a notre vécu, notre personnalité, nos « bagages » notre vision du monde etc…

Et tout ceci ne peut émerger que lors d’un échange personnel où nous allons ensemble, chercher dans vos émotions, blessures anciennes ou schémas de pensée ce qui provoque cette suite d’épreuves, pour que les  prises de conscience, qui viendront de vous car ce sont les seules valables, puissent se faire, non pas par une compréhension intellectuelle mais par le vécu émotionnel.

Mon rôle étant de vous guider vers vos propres réponses, et surtout à vous reconnecter à vos ressources, afin que vous puissiez vivre plus sereinement… et trouver cet amour vrai.

Bien à vous.

Elisabeth