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Puisque nous sommes imparfaits, autant le prendre avec humour

Le triangle dramatique Victime Bourreau Sauveur de l’analyse transactionnelle peut être revu au regard de nos fonctionnements, des nouvelles modes, et avec humour. Il pourrait même se transformer en Victime Bourreau Sauveur – « Barré ».

Tourner en rond

A choisir prenez victime

Des trois positions, celle de victime est sûrement la plus valorisée de nos jours et celle qui va vous apporter le plus de bénéfices secondaires et l’attention de l’autre, sans compter la possibilité avec notre souffrance de manipuler la situation. Tout de nos jours valorise cette position.

Depuis le livre Les manipulateurs sont parmi nous et le mythe du pervers narcissique, la victime a trouvé son titre de gloire et bien évidemment la possibilité d’avoir toujours son « méchant de service ». La victime souvent fabrique son bourreau, permettant ainsi de se refaire une virginité, et une totale irresponsabilité.

Cela me fait penser à Valmont dans Les liaisons dangereuses répétant le perpétuel « ce n’est pas ma faute ». Soyons clairs, si ce n’est pas de votre faute, vous n’y pouvez rien et cela va donc durer éternellement. Quoi de mieux pour tourner en rond toute sa vie.

Mais la victime réalisant son état peut aussi quitter le  victimaire du Tu qui Tue, pour aller vers le Je, moi Je.

Le juste « courage d’être soi » peut alors dépasser son but et devenir bourreau sanctifié par l’affirmation de soi. La crête est fine et les pentes raides. La vigilance et la remise en question perpétuelle sont plus que nécessaires, indispensables. Au règne du développement personnel, l’autre pourrait alors être sacrifié à la manifestation de notre accomplissement.

Et nous voilà tout droit vers le sauveur. Quoi de plus noble que de se dire que l’on s’occupe de l’autre pour le sauver. Combien de couples ont échoué sur l’idée de changer ou de sauver l’autre. Quel orgueil finalement. Encore un beau moyen de se fuir soi-même. La meilleure ou la pire des excuses.

Mais le supermarché de l’évolution spirituelle et des dernières techniques de développement personnel nous offrent encore une nouvelle possibilité. « Barré » ou « je me barre », ce qui en langage populaire veut dire parti ailleurs. La tentation est grande de s’imaginer un autre monde, de penser que l’on peut créer sa propre réalité dans un ailleurs, faisant fi du monde réel. Confondre foi – engagement profond dans la vie réelle et foi – échappement.

Le 19ème siècle a vu fleurir les couvents, le 20ème les groupes ésotériques et multiples « canals », reprenant souvent des symboles néo-chrétiens comme bien évidemment Marie-Magdeleine reprise à toutes les sauces, ou la grande mode des Anges et même Saint-François d’Assise. Quoi de plus facile que de se référer à un groupe, comme à un ordre et d’y chercher une force et une identité.

Avec tout  le risque de jeux de pouvoir inconscients. Le groupe devenu alors une prothèse du moi. Illusion de la perfection, qui peut  vous faire perdre les vrais liens dans la vie réelle. Car réfléchissons bien, le miracle de l’amour, c’est de savoir vivre l’imparfait.  Entre repères compensatoires et dépendance, là encore la crête est étroite.

Mais au final tout cela ne nous permettra que de fuir l’essentiel, « soi-même ». La difficulté d’être et de l’assumer.

Le travail du centre reste le primordial. Bien sûr, c’est face au monde que nous apprenons à nous révéler, mais l’essentiel se passe en nous, tout le reste n’est que leurre. Tout ce qui nous décentre nous égare.

Vous avez dit manipulateur ! Éloge de la manipulation

Dirais-je avec un humour un peu provocateur.
Revenons à notre origine. Tout petit mammifère, comme nous l’avons tous été, a besoin pour survivre d’attirer l’attention de ses géniteurs parents et entourage. Cris, pleurs, colères, bêtises, clown, satisfaction, réussite, tout est bon.

La manipulation est essentielle à l’humain. Sa survie est à ce prix. C’est parce qu’enfant, nous avons su le faire que nous sommes vivants aujourd’hui. Nous sommes tous passés par là, autant le reconnaître. Les années et les expériences nous ont appris à trouver d’autres voies, à reconnaître notre besoin, à le dire ouvertement et à l’assumer.

Mais qui peut dire : « moi je ne suis plus du tout comme cela, jamais ». En fait une part de nous reste prise dans la manipulation. Le nier, c’est y rester. Le voir chez l’autre c’est refuser de le voir chez soi. Imaginer que le problème est forcément chez l’autre et pas chez soi.

Nous sommes tous manipulateurs à notre tour dans ce qui est difficile pour nous. Chaque fois que nous ne voulons pas voir une souffrance de nous-même, nous pouvons employer cette méthode. Et quand, en cédant à la mode, nous traitons l’autre de manipulateur ou de narcissique pervers, n’est-ce pas de nous-même que nous parlons.

Alors nous pouvons choisir entre les différentes échappatoires « victime, bourreau, sauveur ou barré », et le cercle continue.

Alors pourra se démasquer ce dont nous parle Henri Laborit : « L’homme entretient de lui une fausse idée qui, sous la pelure avantageuse de beaux sentiments et de grandes idées, maintient férocement les dominances ».

L’important c’est de VOIR

Le plus simple n’est-il pas de reconnaître ce que je suis. Accepter que toute ma vie, je ne serai qu’un chercheur de moi-même, je suis imparfait et je le confesse, J’essaye autant que faire se peut de le voir chaque jour. J’essaye de m’occuper de voir ce qui est en moi, plus que les défauts des autres, voilà déjà un beau travail.

La perfection n’existe pas, essayons simplement de reconnaître le plus possible notre totale imperfection.

Souvenons-nous du sketch de Coluche disant « je suis con et bien je suis rudement content d’être con ». Il tournait ainsi en dérision ceux qui pensaient avoir compris le monde et la vie. Lui avait sûrement réalisé notre limite et l’obligatoire modestie qui nous fait du bien à tous.

Avez-vous vu les murs des gares, Coluche est en affiche à côté de Gandhi, une reconnaissance pour cet homme qui a foulé au pied les apparences et les manières pour mieux faire ressortir le fond des êtres et le vrai visage de leur cœur, et créer les restos  du cœur.

Notre nature est par essence imparfaite, autant le prendre avec humour.

Olivier Soulier

 

 

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Comprendre les manipulateurs et s’en préserver

Marionnettes

Les buts du manipulateur

Le but premier du manipulateur est de tenter de faire reconnaître qu’il est plus intelligent, plus compétent, plus bon, plus généreux que les autres. Comment s’organise-t-il ? Il observe, teste, épie ou s’arrange pour relever les failles et les défauts des autres.

De cette façon, il peut s’en démarquer lui-même. En relevant une faille chez l’autre, il ne peut qu’être différent, selon lui. On appelle cela le phénomène de projection.

Le manipulateur reproche à l’autre des lacunes qui sont les siennes. C’est une logique courante qui amène à la conclusion suivante chez la victime : « S’il me reproche de l’être, il ne peut l’être lui-même ». C’est cette fausse évidence qui nous piège et nous déstabilise.

Comment devient-on manipulateur ?

Il s’agit d’un système de défense mis en place dès l’enfance. On ne devient pas manipulateur du jour au lendemain. Le mécanisme de défense du manipulateur est différent de tout autre mécanisme, en ce sens que la manipulation est systématiquement utilisée comme moyen de survie.

Ce mécanisme devient automatique chez le manipulateur. Il devient son seul et unique mode ; le seul qui lui permette de communiquer. Un manipulateur forge sa personnalité dès l’enfance. Enfant manipulateur, il a commencé par noter les failles affectives de ses parents pour mieux les faire souffrir par la culpabilisation.

Il a compris rapidement que ce moyen lui donnait du pouvoir sur eux. La plupart des manipulateurs ont été considérés, dès leur enfance, comme plus intelligents, plus malins que les autres enfants. Ils ont été des enfants-rois, trop admirés, trop gâtés, qui ont obtenu ce qu’ils voulaient en utilisant la manipulation. Ils ont évidemment conservé cette attitude en vieillissant.

Le manipulateur est-il conscient de l’être ?

Environ 20% des manipulateurs sont bien conscients de leur état et en jouissent, puisqu’ils confondent ce pouvoir avec de l’intelligence. Ils prennent plaisir à être désagréables, à déstabiliser et culpabiliser les autres. La plupart cependant, n’ont pas conscience des dégâts qu’ils causent.

Ils ne réalisent pas les conséquences de leurs actes : dévalorisation, perte de confiance en soi, stress intense, destruction psychique avec répercussions sur les plans physiologiques et physiques. L’attitude du manipulateur est semblable à celle du paranoïaque : surestimation du moi, méfiance, susceptibilité, agressivité.

Le manipulateur attribue aux autres les intentions persécutrices qui sont les siennes. Le manipulateur ne se remet jamais en question. Hormis quelques rares exceptions, le manipulateur n’est pas conscient de son attitude dévastatrice. Son égocentrisme est tellement puissant que ce seul facteur suffit à expliquer son ignorance des dommages qu’il cause.

Les dommages causés par un manipulateur

Un manipulateur est indéniablement un rongeur d’énergie. La victime dira : « Il me pompe toute mon énergie » ou « Il me rend malade par son attitude, ses remarques désobligeantes ». Un contact prolongé avec un manipulateur engendre un sentiment de culpabilité, d’anxiété, de peur ou de détresse.

Ces sentiments s’installent et deviennent de plus en plus lourds avec le temps. Les conséquences sont multiples : dépression, angoisse, stress, maux de tête, troubles digestifs, nervosité, tensions musculaires, manque de sommeil, troubles cardiovasculaires, troubles cutanés, etc. À long terme, une maladie grave peut en résulter.

Les moyens pour contrer la manipulation

Pour éviter d’être détruit par un manipulateur, il est très important de se protéger. Il faut pour cela utiliser la technique, dite du brouillard, c’est-à-dire d’un mode de communication floue et superficielle consistant à ne pas s’engager.

Il peut s’agir d’une réponse humoristique ou ironique, ou encore d’une réponse ferme de refus. Le manipulateur s’éloigne rapidement d’une personne insensible à son pouvoir. Il ne peut se sentir supérieur vis-à-vis d’un indifférent, puisque ce dernier ne réagit pas aux provocations, aussi subtiles soient-elles.

Le manipulateur glisse complètement sur un indifférent. Le principe est de toujours répondre avec indifférence et de faire en sorte que le manipulateur le comprenne rapidement. Il est important de répondre du tac au tac, sans animosité, ni agressivité. Les principes sont les suivants :

  • Faire des phrases courtes
  • Rester dans le flou
  • Utiliser des phrases toutes faites, des proverbes, etc
  • Utiliser le « on » régulièrement
  • Faire de l’humour si la situation le permet
  • Sourire, surtout en fin de phrase
  • Faire de l’autodérision
  • Rester poli
  • Ne pas entrer dans des discussions qui ne mènent à rien
  • Éviter l’agressivité
  • Ne pas tenter de se justifier, car c’est impossible avec un manipulateur
  • Faire de l’ironie, si le contexte le permet

En bref, il faut faire en sorte que notre comportement soit celui d’un indifférent. Le contrôle de soi est important pour éviter tout débordement d’émotions négatives pour soi. Voici quelques exemples de phrases courtes : a) C’est votre opinion ! b) Vous pouvez le penser, c’est votre droit ! c) C’est votre interprétation ! d) Prenez-le comme vous le voulez ! e) C’est une façon de voir ! f) Personne n’est parfait ! g) Ça peut arriver à tout le monde ! h) Je n’ai pas le don de voyant ! i) Chacun ses goûts ! j) Ne vous inquiétez pas pour moi ! k) Il ou elle a ses raisons ! l) On ne commencera pas à tomber dans les ragots !

Des réponses courtes déstabilisent le manipulateur en ce sens qu’il ne peut jouer son jeu.

Conclusion

Il faut être conscient des dommages considérables causés par un manipulateur et il faut s’en protéger. À moins de vivre cloîtrés, nous allons rencontrer des manipulateurs au cours de notre vie. Ils sont heureusement peu nombreux et leur existence ne doit pas nous rendre méfiants vis-à-vis tout le monde.

Sachons nous fier à notre instinct de survie et soyons à l’écoute de nos émotions. Puisque le manipulateur ne changera pas, à moins d’une thérapie, il est inutile de tenter de le changer soi-même. Il faut simplement se protéger sans créer de guerres inutiles et sans fin. Notre salut réside dans notre ferme détermination à ne jamais se faire manipuler par qui que ce soit.

Extraits du livre Les manipulateurs sont parmi nous d’ Isabelle Nazare-Aga Éditions de l’Homme

 

 

Mais que se passe-t-il lorsque la personne qui nous a déclaré son amour se révèle être un vampire affectif ? Que devons-nous faire quand une relation amoureuse nous détruit, écrase notre personnalité et notre identité propre ?

Et comment pouvons-nous sortir d’une pareille relation quand celle-ci dure depuis deux ans ou quarante ans ? Ce livre propose d’étudier au quotidien les méfaits et les conséquences d’une relation amoureuse destructrice avec un manipulateur.

À partir de témoignages recueillis au cours de son expérience de thérapeute, Isabelle Nazare-Aga expose les mécanismes et les manifestations de cette éprouvante emprise affective et donne des conseils pratiques pour nous en protéger.  

Trouvé sur :  http://batinote.wordpress.com/2014/07/21/les-manipulateurs-sont-parmi-nous-notes-de-lecture/

Un blog passionnant où vous pouvez télécharger ce livre en audio, ainsi que vous procurer de nombreux Ebooks gratuits

 

 

 

 

 

Comment reconnaître les manipulateurs ?

Qui sont les manipulateurs ? Comment s’y prennent-ils pour nous tenir sous leur emprise ? Pourquoi se comportent-ils comme ils le font ? En sont-ils conscients ? Leurs victimes portent-elles aussi une responsabilité?  Quels sont les moyens pour nous protéger de ces terroristes du sentiment ?

Les manipulateurs savent se dissimuler sous différents masques dont ils se servent pour mieux manœuvrer leurs proches. Ils sont passés maîtres dans l’art de modifier ces masques selon les personnes, les situations et les buts visés. Ils peuvent être sympathiques ou dictateurs.

Le manipulateur sympathique ne l’est que pour un certain temps. Lorsque nous touchons à son pouvoir ou à son territoire, il se transforme instantanément. Lorsqu’on lui refuse quelque chose, il devient ironique, sarcastique et même méchant.

Comment reconnaître un manipulateur ?

  • – Il reporte sa responsabilité sur les autres et se démet de ses propres responsabilités
  • – Il ne communique pas clairement ses demandes
  • – Il répond de façon évasive
  • – Il change ses opinions, ses comportements, selon les personnes ou situations
  • – Il invoque toutes sortes de raisons pour déguiser ses demandes
  • – Il exige des autres la perfection et une réponse immédiate à ses besoins
  • – Il met en doute la compétence, les qualités des autres ; il critique, dévalorise et juge
  • – Il fait passer ses messages par d’autres au lieu de le faire lui-même directement
  • – Il sème la zizanie, crée la suspicion, divise pour mieux régner
  • – Il joue à la victime pour se faire plaindre
  • – Il oublie les demandes des autres, après avoir promis de s’en occuper
  • – Il utilise les principes moraux des autres pour ses besoins (notions de charité, etc.)
  • – Il menace de façon déguisée ou utilise le chantage
  • – Il change carrément de sujet au milieu d’une conversation
  • – Il évite ou fuit un entretien, une réunion importante
  • – Il tente de démontrer sa supériorité et se moque de l’ignorance des autres
  • – Il ment constamment
  • – Il prêche le faux pour savoir le vrai et déforme les faits à son avantage
  • – Il est égocentrique à l’extrême
  • – Il est jaloux des autres
  • – Il ne supporte pas les critiques le concernant et nie l’évidence
  • -Il ne tient aucunement compte des besoins des autres
  • -Il attend au dernier moment pour demander, exiger ou contraindre
  • – Il dit une chose alors que son attitude et ses actes démontrent le contraire
  • – Il utilise la flatterie pour obtenir ce qu’il veut
  • – Il crée un sentiment de malaise chez les autres
  • – Il prend tous les moyens pour atteindre ses buts au détriment des autres
  • – Il force à faire des choses qu’une personne n’aurait pas faites de son plein gré
  • – Il est constamment l’objet de discussions entre les gens qui le connaissent

On peut qualifier de manipulateur celui qui possède une dizaine de ces caractéristiques. Il faut évidemment faire une distinction entre faire de la manipulation de temps à autres et être un véritable manipulateur.

Il est possible de retrouver dans notre comportement trois ou quatre de ces caractéristiques sans que cela fasse de nous des manipulateurs. Un véritable manipulateur n’agit pas comme tout le monde. Il ne s’agit pas chez lui d’un comportement passager.

Le manipulateur manipule car il ne peut faire autrement. Il s’agit pour lui d’un système de défense, souvent inconscient. Malgré les apparences, le manipulateur n’a pas confiance en lui. Il ne peut exister sans la présence des autres et se construit en dévalorisant les autres.

Les besoins, les droits des autres, sont pour lui très secondaires. Il a besoin des autres comme un noyé a besoin de s’accrocher à une bouée. Ce n’est qu’en dévalorisant, en culpabilisant et en critiquant les autres, qu’il se valorise et se déresponsabilise.

Extraits du livre Les manipulateurs sont parmi nous d’ Isabelle Nazare-Aga Éditions de l’Homme

A suivre…

 

 

 

 

Nos relations : nourricières ou vampiriques ?

Certaines personnes nous dynamisent quand d’autres nous épuisent. Comment cultiver le lien avec les premières et éloigner les secondes ? Christophe André nous aide à décrypter ce qui se joue dans nos échanges.

Nous connaissons tous cette sensation d’être nourri, renforcé par une relation. Comme, à l’inverse, celle d’être vidé, asséché. Mais, selon les situations, chacun de nous peut, tour à tour, être énergétique ou devenir énergétivore.

« Nous sommes tous des vampires potentiels, car notre tendance naturelle est d’attendre tout de l’autre, de vouloir le dévorer, explique Christophe André. Mais l’intelligence relationnelle et la maturité nous aident à comprendre peu à peu que c’est une mauvaise solution pour nous attacher autrui, qu’on va l’épuiser, le faire fuir. »

Savoir ce qui nous donne de l’énergie ou nous en enlève, décrypter les comportements par lesquels nous épuisons notre entourage, nous permet d’avancer sur la voie de l’équilibre. Christophe André cerne pour nous ce qui est en jeu dans les relations qui vampirisent et dans celles qui nourrissent.

Les relations vampiriques


On les reconnaît au degré d’épuisement qu’elles engendrent. Parce qu’elles ne nous apportent rien, nous font régresser et mettent à mal notre équilibre émotionnel. On peut dégager plusieurs portraits de dévoreurs d’énergie (à fréquenter avec parcimonie).

Les plaintifs chroniques

Ils nous vampirisent, parce que leur demande affective est sans fin et que nous sommes impuissants à la combler ou à la faire évoluer. Alors qu’ils nous investissent du rôle du sauveur – même si nous n’en avons ni la capacité ni l’envie –, ces éternels plaintifs nous mettent en situation d’échec parce que, en réalité, ils ne sont pas dans l’état d’esprit voulu pour recevoir nos conseils.

Les dépendants

Ils réclament constamment des preuves d’amour, nous sollicitent pour la moindre décision… En s’accrochant à nous comme des enfants, ils nous placent dans une position de parents et font peser sur nos épaules une responsabilité écrasante. Et dès que nous voulons prendre nos distances, la culpabilité nous envahit.

Les hypersensibles

Leur sensibilité exacerbée nous oblige à être en permanence sur nos gardes. Car, avec eux, tout est sujet à interprétation, à justification, est susceptible de provoquer un drame. Ils nous condamnent ainsi à un self-control permanent.

Les conflictuels

Pour eux, la résolution des problèmes passe par l’agressivité, ce qui ne leur coûte rien, puisque le conflit est leur mode de fonctionnement. En revanche, ce type de relation est cher en émotions pour la personne agressée qui, elle, en sortira vidée.

Les hors-la-loi

Leur rôle et leur territoire ne sont jamais clairement définis, ce qui oblige à des renégociations incessantes. Comme les règles ne sont pas établies une fois pour toutes, chacun empiète sur le terrain de l’autre.

Ce que l’on peut faire : savoir mettre des limites

Dans les relations vampiriques, il est important d’établir la juste distance pour ne pas se laisser happer. Nous risquons en effet de nous soumettre à la pathologie de l’autre et de devenir sa victime, puis de sombrer dans l’agressivité et la rancœur. En général, nous devons nous méfier de notre tendance à endosser le rôle du sauveur.

Si l’on peut souvent aider, on peut rarement sauver. Quand l’énervement commence à nous envahir, deux questions s’imposent : suis-je la bonne personne et dois-je être la seule personne ? Dans tous les cas, nos émotions sont le meilleur signal d’alarme : un sentiment de malaise qui s’installe nous indique qu’il faut dire stop !

Les relations nourricières


Sans que nous sachions pourquoi, elles nous rassérènent, nous réconfortent. Et agissent parfois comme des euphorisants. Petit tour d’horizon de ces relations aux bénéfices certains.

Les petits riens qui font du bien

Le compliment d’un inconnu, la sympathie d’un voisin qui s’enquiert de notre travail, la gentillesse d’un ami sont autant de signes que notre existence a un intérêt – même minime – pour les autres. Nous avons tendance à sous-estimer ces gestes, à les réduire à des automatismes.

Pourtant, ils augmentent notre sentiment d’être apprécié. Nous avons tous besoin de plusieurs niveaux de relations, et ces liens superficiels comptent autant que les rapports intenses d’amour ou d’amitié. Les personnes âgées, par exemple, qui entretiennent des rapports superficiels mais réguliers avec les commerçants, y puisent de l’énergie vitale.

La dynamique de l’échange

Les relations reposant sur un échange véritable nous nourrissent parce que nous entrons dans une dynamique de création réciproque. Chacun s’invente en s’ouvrant au monde de l’autre. L’échange suppose qu’il n’y ait ni soumission ni domination, mais égalité et réciprocité.

Si quelqu’un nous confie sa souffrance et est disposé à nous entendre, il nous gratifie parce qu’il nous a choisi. Et le dialogue noué sera pourvoyeur d’énergie pour les deux.

Le don, façon idéale de recevoir

Quand nous sommes en position de donner du temps, de l’amour, de l’aide, nous diffusons de l’énergie positive. Les gratifications que nous recevons en retour rehaussent notre estime de soi. Et notre bénéfice est à la hauteur de celui retiré par l’autre personne.

La transmission, une satisfaction

Avoir la preuve que ce que l’on fait a un sens décuple notre énergie. Quand un maître réussit à apprendre à lire à un élève en difficulté, il en sort « énergétisé ». Pédagogiques ou thérapeutiques, les relations de transmission sont très gratifiantes : elles renforcent notre sentiment d’utilité et d’efficacité. A chaque fois que nous pouvons adopter un comportement en accord avec nos valeurs, nous en retirons de l’énergie : assumer nos responsabilités à l’égard d’un vieux parent, soutenir quelqu’un qui subit l’opprobre général nous dynamise parce que nous nous sentons en règle avec nous-même.

Ce que l’on peut faire : renouveler son énergie

Nous devons nous nourrir à plusieurs sources. Les nourritures quotidiennes sont procurées par nos proches. Mais nous avons aussi besoin de relations qui « décoiffent », nous transforment. Elles correspondent à des attentes – souvent inconscientes –, à des possibilités en nous inexploitées jusque-là. Certaines personnes – agressives, provocatrices – peuvent nous agacer ou nous déplaire, mais elles nous permettent d’avancer, de grandir. Ces relations inconfortables sont parfois le meilleur moyen de renouveler notre énergie.

Publié dans le magazine Psychologie

A lire :

Comment gérer les personnalités difficiles de Christophe André et François Lelord.
Les conseils des auteurs, thérapeutes, aident à mieux comprendre et mieux gérer un entourage difficile (Odile Jacob)

L’Estime de soi (avec François Lelord) et Vivre heureux. Psychologie du bonheur (Odile Jacob).  Petits complexes et grosses déprimes, avec Muzo (Le Seuil) et Imparfaits, libres et heureux. Pratiques de l’estime de soi, (Odile Jacob)

Cessez d’être gentil, soyez vrai ! de Thomas d’Asembourg.
Pour reconnaître ses besoins et prendre soin de soi afin d’éviter malentendus et pertes d’énergie dans notre vie relationnelle (Éditions de l’Homme)

Son site : http://christopheandre.com/

Son blog : http://psychoactif.blogspot.fr/

Sur le blog : http://spinescent.blogspot.fr/search/label/Christophe%20Andr%C3%A9

Vous trouverez des nombreux vidéo et articles

 

 

Secrets et mensonges de la jalousie

Quoi de plus insupportable, et de plus banal, que de se croire trompé, remplacé, oublié, nié ?
En plus, c’est un sentiment inavouable. Sans doute parce qu’il cache des frustrations inavouées.
La jalousie, porte ouverte sur l’inconscient ?

Nous avons tous un jour éprouvé cette douleur terrible. Sous son emprise, il a même pu nous venir l’envie de tuer… ou de mourir. Pour, après coup, nous demander : mais qu’est-ce qui m’a pris ? La réponse sera différente pour chacun.

Rochers ponts

Car la jalousie est un sentiment aussi répandu que complexe et trompeur : elle cache souvent des frustrations, des désirs inavoués. Nul besoin de psys pour le deviner : elle nous vient de très loin, du fond de notre enfance. Parfois, la jalousie se cache elle-même, au point d’être méconnaissable.

En effet, de tous les sentiments humains, c’est sans doute celui qu’on (se) dissimule le plus. Parce qu’elle est mal jugée, on en a honte et on ose à peine s’interroger sur son fonctionnement. Pourtant, elle a beaucoup à nous apprendre.

D’où vient la jalousie ?

D’après les psychanalystes, on n’aurait jamais été jaloux qu’une seule fois, dans sa toute petite enfance. Une jalousie si terrible qu’elle nous a marqués à vie. Lorsqu’on est jaloux, on ne ferait jamais que revivre cette douleur-là, celle du tout petit enfant qui ne supporte pas de voir sa mère se détourner de lui. Tout d’un coup, son monde s’écroule : il se sent abandonné, trahi.

Pour Lacan, cette souffrance, nécessaire car elle permet de sortir de la fusion avec la mère, intervient à la fin de la période du sevrage, déjà difficile en soi, et au moment où l’enfant s’apprête à vivre un traumatisme important : réaliser qu’il n’est plus tout seul, qu’il existe un autre (par exemple, à l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille).

Tout dépend donc de la manière dont cette première blessure aura été vécue. Que certains avalent les couleuvres plus difficilement que d’autres, et les voilà marqués au fer rouge du manque. Aucun amour ne sera jamais assez grand. Aucun être ne sera jamais assez fiable.

Peut-on être jaloux parce qu’on se sent soi-même infidèle ?

C’est un phénomène assez courant. Avant son mariage, Jean-Jacques, grand séducteur, faisait du charme à tout va et accumulait les conquêtes. Depuis, il s’est « rangé ». Son épouse lui est fidèle. Elle s’habille avec sobriété et se comporte sans provocation.

Pourtant, Jean-Jacques, terriblement jaloux, blêmit dès qu’elle converse avec un autre homme.
« Ce que cet homme projette sur son épouse, ce sont ses propres désirs, commente Jean-Pierre Winter, psychanalyste. Pour lui, le désir équivaut au passage à l’acte. Donc il se sent coupable, refoule son envie de la tromper et la lui attribue. » Cette jalousie porte un nom : il s’agit de la fameuse « jalousie de projection » que Freud a définie dans son ouvrage
Névrose, psychose et perversion, Puf, 1992.

Les femmes sont-elles plus jalouses que les hommes ?

Non, mais elles le montrent davantage. A la différence des hommes, les femmes sont curieuses de leur rivale. Elles veulent tout savoir d’elle : la couleur de ses cheveux, son tour de taille, ses goûts… Les hommes sont davantage dans le déni : « Mon ami prétendait ne pas être jaloux, raconte Claire, et il était sincère.

Mais le soir où je lui ai avoué une aventure insignifiante, qui datait du moment de notre rencontre, il a vomi toute la nuit. Soi-disant une crise de foie ! » C’est typiquement masculin : les hommes restent longtemps indifférents puis, face à la réalité d’une tromperie, ils s’écroulent. Alors qu’une femme peut être jalouse d’emblée, même s’il ne se passe rien.

Peut-on ne pas être jaloux ?

Freud a été le premier à le dire : « La jalousie est, comme le deuil, un affect normal. Si elle fait défaut, c’est qu’elle a été l’objet d’un puissant refoulement. Elle joue alors dans l’inconscient un rôle d’autant plus grand. » Antoine, 33 ans, prétend ne plus être jaloux parce qu’il l’aurait été
« une bonne fois pour toutes dans son enfance » : aîné d’une famille de cinq frères, il s’est senti délaissé dès la naissance du second.

« La jalousie ? Je sais aujourd’hui la repérer et y opposer une contre-offensive imparable : l’indifférence. Dès qu’une femme à laquelle je tiens essaie de provoquer en moi ce sentiment,
je me sens anesthésié et glacé. Elle ne m’intéresse plus. Je cesse aussitôt de l’aimer : je la méprise. »

Si Antoine a l’impression de ne pas être jaloux, n’est-ce pas justement parce qu’il l’est terriblement ? S’il refoule sa jalousie, ne serait-ce pas parce qu’il sait inconsciemment qu’il aurait moins la force que d’autres de la supporter ? Toujours est-il qu’il ne l’a pas vaincue, mais transformée en haine froide.

Quand tombe-t-on dans le pathologique ?

« S’il est légitime, au cours de sa vie, de traverser un ou plusieurs conflits engendrés par la jalousie, estime Catherine Anthony, psychosociologue et auteur de L’amour aujourd’hui,
Le Cherche Midi, 1998, il faut s’alarmer de ne pas parvenir à quitter cet état de jalousie.

Par exemple, de ne pas réussir à se dégager d’un partenaire ostensiblement infidèle, ou bien de s’imaginer, à tort, et de façon obsédante, trompé par son conjoint. Au point de ne plus penser qu’à cela, d’en perdre son travail, ses amis… Dans les cas extrêmes, la psychose hystérique ou paranoïaque n’est pas loin, menaçant l’intégrité psychique de la personne et pouvant, au pire, la conduire au meurtre ou au suicide. »

En quoi la jalousie diffère-t-elle de l’envie ?

Certains ne sont jaloux qu’en amour, d’autres uniquement au travail… Mais dans le cadre professionnel, on parlera plutôt d’« envie ». La jalousie est « la crainte de perdre ce que l’on possède ». Tandis que l’envie est « la souffrance de voir quelqu’un d’autre posséder ce qu’on désire pour soi-même ».

Par ailleurs, la jalousie suppose un tiers rival, tandis que l’envie implique une relation à une seule personne. Mais ces deux sentiments sont intimement liés. Le mot « jalousie » ne vient-il pas du grec ancien zelos, qui signifie « envie ».

De quel genre de rival a-t-on peur ?

Il arrive que seul un certain type de rival nous inspire de la jalousie :

Le rival jumeau
Marc a vécu avec une femme qui avait des relations multiples, alors que lui était fidèle. Cela ne l’a pas du tout gêné… tant que ses rivaux ne lui ressemblaient pas : « Il s’agissait de relations bien différentes de celle vécue avec moi, ils ne me menaçaient pas. Mais, un jour, un autre homme, plus proche de moi, est entré dans sa vie.Et là, j’ai beaucoup souffert. »

« Marc jouit d’une grande assise narcissique, note Jean-Pierre Winter. Il est convaincu que personne ne vaut mieux que lui. Or le rival apparaît ici comme un double qu’il suppose plus parfait que lui et qui menace de prendre sa place. D’où l’explosion de sa jalousie. »

Le rival opposé
A l’inverse, Sylvain, professeur de français, ne peut supporter un rival qui soit son contraire :
« L’ex-époux de ma femme n’avait éveillé en moi aucune jalousie jusqu’au jour où je suis tombé sur une de ses lettres, truffée de fautes d’orthographe. Ça m’a anéanti. Je ne comprenais plus rien. Si elle avait pu aimer cet homme, comment pouvait-elle m’aimer moi qui suis si différent ? »

« Il y a, derrière cette réaction, estime Jean-Pierre Winter, l’incertitude d’être véritablement l’objet du désir de l’autre : “Si ce que je lui donne n’est pas ce qu’elle désire, alors que me veut-elle ? Que veut-elle ? Et moi, qui suis-je ? Que me manque-t-il ?” Il s’agit à la fois d’un effondrement de son identité et d’une blessure narcissique. »

Puits

Pourquoi est-il si difficile de renoncer à la jalousie ?

Pour beaucoup, la jalousie est une preuve d’amour. Si notre partenaire en est dénué, il n’est pas rare qu’on le lui reproche. C’est à son aune que nous mesurons la force de la passion. La jalousie fait donc partie du plaisir de l’amour : elle réveille, galvanise, érotise ! C’est un aphrodisiaque. Relancer son désir sur la jalousie est d’ailleurs une pratique courante.

La violence du désir est décuplée, liée à l’agressivité, à l’envie d’écraser, le rival… « Mon mari m’a toujours fait des scènes de jalousie tout à fait injustifiées, raconte Marie. J’en étais très agacée jusqu’au jour où je me suis rendue compte qu’il aimait cela. Après ces scènes, il me faisait l’amour avec une ardeur accrue. »

Mais la jalousie n’est pas gouvernée par la seule passion. Pendant des siècles, elle a été avant tout une affaire d’honneur à régler entre hommes. Le Méditerranéen, par exemple, se doit d’être jaloux : cela relève du code social. « Mais, aujourd’hui, les codes se transforment, tournant souvent le dos à l’héritage culturel », explique Catherine Anthony.

Nous avons tous des stratégies – inconscientes – de protection. Certains se blindent au point qu’ils ne peuvent ou ne veulent plus tomber amoureux : leur refus d’aimer est un refus d’être trahi. D’autres parviennent à se convaincre qu’ils gardent toujours la place préférentielle.

D’autres encore s’inventent des échappatoires assez surprenantes : ainsi Henri pousse sa femme dans les bras d’un autre et désire assister à la scène. « Ce n’est pas qu’il ne soit pas jaloux, souligne Michèle Montrelay, mais sa jalousie est au contraire si aiguë qu’il lui faut à tout prix y échapper. En lui appliquant des figures concrètes, il l’exorcise… »

Il existe d’autres remèdes… L’écriture, par exemple, a apaisé bien des jaloux. « Écrire, c’est
tuer ! » pour reprendre les mots d’Henri Michaux. Combien de pièces de théâtre, de romans, de scénarios n’ont-ils pas été bâtis sur ce sentiment ! Nathalie, elle, est entrée en psychothérapie :
« Cela m’a aidée à changer de regard, à prendre du recul et, surtout, à mieux supporter les moments de crise », confie-telle.

« Mais on ne “guérit” pas de la jalousie, prévient Jean-Pierre Winter. Pas plus qu’on ne guérit de l’amour. L’analyse n’est pas une anesthésie. » En clair, nous ne pouvons pas refuser d’être jaloux, mais nous pouvons refuser de nous laisser détruire par la jalousie.

Monique Ayoun

 

Ces fausses preuves d’amour

On a souvent tendance à les prendre pour des preuves d’amour. À tort. Ces sentiments font disparaître l’autre et nous ramènent à nous.

Jalousie, surprotection, dépendance, hyper intensité, possessivité. Leur point commun ? Ces émotions font toutes partie du sentiment amoureux, mais ne peuvent pas être considérées comme l’expression de l’amour vrai. « Chacune d’entre elle a pour particularité de faire disparaître l’autre et de le ramener au même, c’est-à-dire à soi », explique le psychanalyste Jean-Michel Hirt. Il met en lumière les enjeux inconscients qui se cachent dans ce que l’on prend trop vite pour des preuves d’amour.

La jalousie

Il est insupportable, le regard de l’autre qui s’attarde sur un ou une autre que nous. Plus la morsure de la jalousie est douloureuse, plus l’amour semble profond. Mais si la jalousie est indissociable du sentiment amoureux, elle est loin d’en être le critère majeur. Dans l’amour vrai, deux parties se jouent simultanément : entre sujets,
« j’aime », et entre objets, « je suis aimé ». Or dans la jalousie, seule la dimension « objet d’amour » est active. Parce que le jaloux se vit principalement comme objet d’amour de l’autre, il ne supporte pas que son regard se détourne de lui. Il croit aimer, car il souffre à la pensée de ne plus l’être.

Mais qu’en est-il de son amour à lui ? Telle est la question que la jalousie élude. En réalité, la jalousie excessive ignore l’autre tout en s’en nourrissant. Elle ne parle que de soi, de ces blessures narcissiques, de cette difficulté à se constituer comme un être autonome, comme un sujet. Dans cette relation, l’autre n’est aimé que parce qu’il donne au jaloux une consistance d’être qui lui fait défaut. La jalousie vient également soutenir ou renforcer le désir érotique en introduisant dans la relation, même en fantasme, un tiers rival.

La surprotection

Je m’inquiète pour toi, je te rends la vie douce, je te protège… « Ti voglio bene », « Je te veux du bien », veut également dire « Je t’aime » en italien. À première vue, rien de plus altruiste et authentique que cet amour qui s’exprime dans le soin de l’autre et dans une certaine abnégation de soi. Pourtant, l’inconscient n’a que faire des dons, qui ne lui rapportent rien; il ne recherche en réalité que des gratifications personnelles.

Même s’il n’est pas facile de l’admettre, l’amour soignant s’adresse en fait à nos propres images parentales intérieures à qui l’on donne une bonne leçon, sur l’air de : « Voilà comment vous auriez dû traiter l’enfant que j’étais, mauvais parents ! » Quant à notre partenaire, il lui dit : « À ton tour maintenant de prendre soin de moi. »

Ou encore : « Tu n’as pas intérêt à partir, nul ne te traitera mieux que moi. » Dans tous les cas, il apparaît clairement qu’il s’agit d’une alliance qui vise, et réussit parfois, à soigner des blessures d’enfance : abandon, maltraitances physiques ou psychiques. Il ne s’agit pas tant de dépasser, ni même d’oublier, que de redresser les torts du passé.

La dépendance

« Ne me quitte pas (…) Laisse-moi devenir (…) L’ombre de ta main, L’ombre de ton chien… », chantait Jacques Brel, faisant l’éloge de la dépendance affective. Être dépendant, c’est être prêt à tout pour ne pas se retrouver confronté à l’insupportable vide de soi qui survient quand l’autre s’éloigne. Tel l’enfant qui ne se sent vivant et en sécurité que lorsqu’il est relié à sa mère.

La dépendance amoureuse parle d’amour, mais d’amour déçu, blessé, floué. Comme si, au tout début de sa vie, l’enfant avait été trompé sur la marchandise « amour » (sa mère était-elle vraiment présente dans ce corps à corps, vraiment aimante ?) et qu’il s’en était, plus tard, en partie rendu compte. Ayant été mal nourri affectivement, il ne peut se suffire à lui-même.

C’est pourquoi la dépendance amoureuse traduit, à l’âge adulte, le désir de réparer la blessure profonde occasionnée par cette toute première fusion « ratée ». Mais cette réparation est vouée à l’échec, car la fusion totale et permanente avec l’autre est impossible.

L’hyper intensité

La relation amoureuse se vit exclusivement sur un tempo appassionato, « passionné ». C’est sans doute ce qui fait
dire : « C’est le grand amour, le vrai », tant les sensations et émotions qu’il provoque sont bouleversantes. La temporalité s’en trouve modifiée, il y a désormais le temps d’avant la rencontre, un passé vide de vrai sens, et le présent, haletant, qui dévore tout sur son passage. Parce qu’il est animé par le besoin et non par le désir, qui se nourrit d’attente et de manque, cet amour se consume aussitôt après avoir été consommé.

Ce mode d’amour, dans lequel les mots sont souvent source de conflits, est celui des adolescents et de tous ceux qui redoutent la mise à nu de soi qu’implique une vraie intimité avec l’autre. Le fracas de la passion recouvre tous les autres sons. En soi et autour de soi. C’est ainsi que, un temps au moins, elle peut masquer le vide, l’impasse ou les malentendus d’une relation.

La possessivité

Le désir de possession est l’une des composantes de l’amour, mais lorsqu’il est central et permanent, ce n’est plus d’amour qu’il est question, mais de peur. Posséder, c’est ne pouvoir aimer qu’à portée de main et de regard. Sans l’impression de contrôler le périmètre vital de l’autre, la peur panique, irrépressible, jaillit des profondeurs du psychisme. « Parce que cet autre me constitue, je ne peux le laisser s’éloigner. » Le possessif, à la différence du dépendant, ne recherche pas la fusion : il ne peut pas fusionner avec quelqu’un qu’il considère comme faisant partie de lui, tel un membre ou un organe. La possessivité, plus archaïque que le sentiment de jalousie, vient toucher aux limites du corps, à ses représentations psychiques.

Ainsi, quand le possessif perd le contrôle de l’autre, il se sent menacé dans sa vie même, comme si son partenaire le laissait exsangue, vidé de sa substance vitale.

Flavia Mazelin-Salvi 

Jean-Michel Hirt  L’Insolence de l’amour, fictions de la vie sexuelle (Albin Michel, 2007).

 

 

Les différents types de personnes « nuisibles »

Voici les principales caractéristiques des différents types de personnes toxiques, leurs motivations et comment leur faire face.

Le Dénigreur

Il ne rate jamais une occasion d’écraser les autres. Il adore tourner les gens en ridicule. Il vous dénigre parce qu’il se sent menacé face à ce vous représentez. Il doit donc vous déprécier pour pouvoir se valoriser.

Utilisez la technique de l’interrogation calme et ce afin de déterminer ce qui le dérange vraiment. Exemple : « Pourquoi t’acharnes-tu ainsi sur moi ? Ai-je fait quelque chose qui ta déplu ? »

Le Critique

Ours

Il se sent oblige de vous trouver des défauts. Il passe son temps au comptoir de réclamations. Il critique tout, même les choses les plus insignifiantes, parce qu’il est constamment frustré. En effet, rien n’est jamais assez parfait à ses yeux, ce qui le rend très insécure. Pour contrer ce sentiment, il cherche donc à avoir raison à tout prix.

La technique du désamorçage, ainsi que celle de l’interrogation calme apparaissent comme les plus efficaces. Exemple : « Tu crois que c’est de ma faute si nous sommes en retard ? » « Chéri ne crois-tu pas que les trois coups de téléphone que tu as donnés juste avant notre départ ont aussi quelque chose à voir avec notre retard ? »

Le Dominateur

Il mène tout le monde à la baguette. Il n’a aucun esprit d’équipe et répugne à déléguer son autorité. C’est parce qu’il souffre d’une profonde insécurité que le dominateur se croit obligé de contrôler tout ce qui gravite autour de lui.

Au moindre signe de comportement dominateur réagissez en utilisant la technique de l’affrontement. Vous devez fixer des limites avec ce type de personne. Quitte à avoir recours à la technique de la furie pour lui faire comprendre que vous n’aimez pas être contrôlé.

Le Compétiteur

Il cherche depuis toujours à être le premier. Il saisit toutes les occasions de se montrer plus malin que vous. Parce que le compétiteur manque d’estime de soi, la seule façon pour lui d’entrer en rapport avec vous consiste à tout transformer en compétition.

Recourez à la technique de l’interrogation calme. Exemple : « Est-ce que tu te sens mieux à présent que gagné ? »

Le Moulin à paroles

Il impose le flux de ses paroles, la plupart du temps inutile. Il est si absorbé par ses récits interminables qu’il ne voit pas votre air ennuyé. Si le moulin à paroles bavarde inlassablement, c’est pour être accepté et aimé, pour se sentir important.

La technique de l’expiration de la tension est la première à utiliser afin de garder votre calme. Par la suite, utilisez la technique du désamorçage : commencez par lui dire gentiment et poliment que vous l’appréciez (si c’est le cas), mais que parfois il parle trop.

Le Fauteur de troubles

C’est une commère qui souffre d’indiscrétion aiguë. Il ne semble vivre que pour semer la zizanie.
Le fauteur de trouble se comporte comme il le fait afin d’avoir le sentiment d’être important.

La technique de l’interrogation calme met généralement un terme à son comportement, car il se rend compte vous n êtes pas dupe de son petit jeu.

Le Plaisantin

Plaisantent

Il lance des piques en recourant à un humour sarcastique, pour ensuite prétendre qu’il plaisantait.
Il est incapable de parler sérieusement. Il se comporte ainsi parce qu’il est incapable de faire face aux émotions authentiques, qui lui sont trop douloureuses. Il camoufle donc sa blessure derrière une façade d’humour.

Utilisez la technique de l’affrontement. Ainsi, vous lui ferez savoir que vous ne le trouvez pas drôle que vous n’avez pas à subir ses sarcasmes.

L’écervelé

Il se met toujours les pieds dans les plats. Il dit toujours ce qu’il ne faut pas dire. L’écervelé est semblable a un enfant de quatre ans : il vous dit tout ce qui lui passe par la tête, sans aucune considération pour vos sentiments.

Commencez par la technique de l’expiration de la tension, car l’écervelé est effroyablement exaspérant : Passez ensuite à la technique de l’affrontement pour l’informer que son comportement est blessant et inacceptable.

Le Nombriliste

Il est incapable de parler de quoi que ce soit qui ne se rapporte pas à lui-même. Il monologue au lieu de dialoguer avec vous. Son égoïsme est dû à sa peur, à son insécurité de ne pas être aimé et accepté. Sachez que l’ego du nombriliste est généralement aussi fragile qu’une coquille d’œuf.

Parce que vous savez pourquoi il se comporte ainsi, utilisez la technique du désamorçage il vous sera ainsi plus facile de traiter avec lui. Mais sachez qu’il vous faudra cependant user de beaucoup de patience pour arriver à le supporter.

Le Fuyard

Il prend ses jambes à son cou à chaque fois qu’il se trouve dans une situation stressante.
Il ne prend jamais position et est allergique aux engagements. La vie du fuyard est assujettie à la peur : celle de déplaire aux autres, celle de commettre une erreur celle de ne pas être à la hauteur. Alors il fuit.

La seule technique qui semble valable auprès de cette personne est celle de l’affrontement
(si bien entendu vous parvenez à le coincer). Faites-lui comprendre que vous refusez d’accepter ce comportement.

L’hypocrite

Il utilise contre vous les confidences que vous lui faites. C’est un caméléon qui change de discours en fonction de ce qu’il croit que vous aimeriez entendre. Il éprouve du ressentiment à votre égard, mais il n’a pas le courage de vous avouer qu’il vous en veut ou qu’il vous envie.

Utilisez la technique de l’affrontement en lui disant que vous êtes conscient de son hypocrisie.
Ne laissez pas passer un tel comportement.

L’exploiteur

C’est un éternel quémandeur. C’est un ami des beaux jours qui ne s’intéresse à vous que tant que cela lui convient. Il ferait n’importe quoi pour réussir, car son estime de soi est en jeu. La technique de l’affrontement est la plus indiquée. Dites à cette personne que vous vous sentez exploité et que son comportement vous blesse. Si l’exploiteur tient à sa relation avec vous, il fera son propre examen de conscience.

La Victime

Elle réussit toujours à vous déprimer en vous racontant ses innombrables malheurs. Elle invente d’avance les pires scénarios et s’apitoie sot son sort. Son but est d’attirer votre attention. Mais parce qu’elle se sent incompétente et qu’elle est convaincue que la vie est injuste, elle ne s’intéresse nullement aux conseils que vous pourriez lui offrir.

C’est la technique de l’expiration de la tension qui est la plus utile quand on est en contact étroit avec une victime. Rejetez l’énergie négative qu’elle vous a transmise, autrement c’est votre propre moral qui va y passer.

Marie-Josée Turcotte

Ces gens qui vous empoisonnent l’existence, Lillian Glass Éditon Marabout