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Comment savoir quelle est ma mission de vie ?

Photo FotoliaJ’entends si souvent cette question qui m’est posée, dans vos courriels aussi.

Et c’est fou, le nombre de résultats obtenus, quand vous la tapez sur Google.

Beaucoup de personnes attirées par cette fameuse « spiritualité » veulent se sentir chargées d’une mission.

Je l’ai cherché aussi. J’ai même consulté des guides, y compris ceux de l’invisible 🙂

Bah oui, cela fait partie des égarements sur le chemin…

Et le plus sensé m’a dit : tu as toutes les réponses en toi et nul besoin de me contacter, fais-toi juste confiance et sois à l’écoute car ton cœur te parle, en permanence.

Depuis, je ne la cherche plus et même, je n’aime pas ce mot qui dénote souvent l’exigence du « petit moi ».

Se sentir investi d’une mission nous donne de l’importance, quand ça ne nous gonfle pas d’orgueil…

  • Je vais aider les autres
  • Soutenir ma famille
  • Faire le bien
  • Répandre plein d’amour autour de moi
  • Changer le monde
  • Sauver la planète
  • Guérir les gens car bien sûr, j’ai un don

Donc, nous ne serions là que pour aider les autres, les secourir, et même parfois les sauver…. d’eux-mêmes.

Surtout ceux qui ne nous ont rien demandé…

Rien de mal dans ce désir « d’être au service » mais ne pouvons-nous pas le faire tout simplement, et en commençant par s’occuper de nous… d’abord, avant de nous attaquer à tous les malheurs de la terre ?

Car, notre première mission est bien plus simple qu’on ne le pense et elle est à la portée de tous.

Ne sommes-nous pas tous sur cette planète pour notre propre évolution ?

Cette croyance de devoir assumer une charge d’ordre « supérieur » est très ancrée dans la littérature du développement personnel, comme dans tous les courants « ésotériques ».

Avec, encore à la clé tous ses dangers…

Si vous voulez sans cesse aider les autres, n’oubliez pas que vous le faites d’abord pour vous, et demandez-vous ce que cela vous apporte, en satisfaction personnelle.

N’êtes-vous pas tombé dans le rôle du sauveur ?

La majorité des gens vivent pour quelqu’un d’autre, s’ils sont suffisamment honnêtes avec eux-mêmes pour l’admettre.

Ou bien, n’osent pas déployer leurs talents, jouent des rôles, mettent des masques.

Être soi-même c’est n’avoir rien à prouver, personne à convaincre, ni encore moins exercer un contrôle.

Contribuer au bien commun est « faire sa part du colibri », sans chercher des actions grandioses, visibles aux yeux de tous.

Pour devenir un héros, en somme…

Et si vivre quelque chose de simple, mais d’indispensable, continuer notre route, en tâchant de l’ennoblir, d’améliorer la façon dont nous y cheminons, vivre le quotidien avec bonne humeur, avec amour, était suffisant ?

En créant de bons contacts avec notre entourage, en faisant en sorte que nos proches se sentent bien avec nous, en développant la compréhension, l’empathie envers leur vécu, en s’employant à ne pas juger ou à vouloir les changer.

Apprendre à surmonter nos échecs, en faire des leçons, découvrir des habiletés nouvelles pour résoudre nos problèmes, et le faire de bon cœur,  en tirant le meilleur pour notre évolution.

Tous les humains ont en réalité la même raison d’être, la même tâche : vivre toutes nos expériences dans l’accueil et l’acceptation qui mènent à l’amour véritable.

Vous saurez que vous en approchez quand vous arriverez à établir une harmonie en vous, qui ne dépendra plus du regard extérieur et vivrez une vie quotidienne qui vous procure toute la satisfaction dont vous avez besoin.

Quand vous ne vous sentirez plus coupables et que vous ne culpabiliserez plus les autres.

Même si vous n’êtes pas d’accord avec une situation ou une personne ou encore si vous ne les comprenez pas, vous serez dans cette acceptation.

N’est-il pas plus bénéfique d’honorer qui nous sommes, en étant conscients aussi bien de nos qualités que de nos défauts ? Sachant que ce que nous considérons comme tels a toujours deux facettes.

Si je suis sensible, cela me donne la capacité d’écoute et d’empathie, à condition de ne pas verser dans la « sensiblerie » qui m’ôte tous les moyens d’agir.

Les véritables enseignements sont d’ailleurs destinés à faire de nous de meilleurs êtres humains.

Et notre première et la plus importante tâche sera d’expérimenter par nous-mêmes ce que nous souhaiterions enseigner aux autres, d’en acquérir une bonne maîtrise dans notre propre vie.

Et si, plus tard, nous avons des occasions de communiquer ces valeurs à autrui, par des moyens qui correspondent aux talents que nous avons, il leur sera plus facile de nous comprendre car nous leur paraîtrons crédibles, grâce à notre vécu.

Et nous serons tout simplement ce que nous irradions autour de nous par notre manière d’être.

Sans chercher à se poser en exemple, notre façon de nous comporter pourra être une source d’inspiration à plus d’un.

Un autre aspect de cette mission arrive quand les « folies de grandeurs », sous-tendues par cette « spiritualité » mal comprise s’en mêlent.

Il sera alors question d’entendre l’appel de son âme, d’apporter la Lumière, accomplir le Plan Divin, ou être aligné à son être supérieur…

A l’aide, bien évidemment des esprits de la Hiérarchie Spirituelle, des Maîtres de Sagesse qui supervisent le bien-être de notre planète. Et pourquoi pas des extraterrestres qui nous parlent ?

Et si vous n’y répondez pas, et bien ce refus vous exposera invariablement aux difficultés et aux souffrances, qui pourraient être évitées, en modifiant vos « vibrations ».

Et cet appel de l’âme, s’impose, faisant fi de votre libre arbitre.

Vous désireriez avoir des « visions », entendre des appels, des voies, par la clairaudience ou autres facultés extrasensorielles. Pour :

  • Éveiller les autres
  • Les servir par votre lumière croissante qui se propagera par la télépathie et ces vibrations élevées
  • Devenir un transmetteur d’énergies spirituelles, mises à la disposition de tous ceux qui vous entourent…
  • Ou encore être un « canal » de je ne sais quelle entité céleste.
  • Et, délire suprême : une mission encore plus supérieure, celle de vivre sa dernière incarnation, entrer dans la peau d’un Immortel ou d’un Être de Lumière !

Et pourquoi pas, marcher sur l’eau, pendant qu’on y est ?

Je me fais l’avocat du diable, encore… mais il serait peut-être recommandé de redescendre sur terre, non ?

On ne se réveille pas un matin en disant : ça y est, j’ai trouvé !

Et si nous ne « trouvions » pas vraiment notre mission de vie car … c’est plutôt elle qui nous trouve…

Et la chose essentielle à accomplir sur cette terre est d’apprendre à s’aimer, et rien que cela, peut occuper toute une vie.

Alors cheminer, sans chercher inlassablement à vous sentir investis d’une mission car, la première et la plus importante est celle de vivre, tout simplement mais pleinement, ça vous parle ?

Et si vous y tenez vraiment, il serait peut-être préférable de remplacer ce mot par celui de donner du sens à sa vie ?

Mais là, encore, c’est un autre sujet…

Pourquoi je ne suis pas « spirituelle »

L'ImpératriceRevenons à la base : en latin spiritu =esprit. In spiritu : « en esprit », veut dire le souffle, l’air, l’âme, l’esprit dans la matière. Mettre la spiritualité, ainsi que son adjectif à toutes les sauces est devenu source de confusion et des malentendus.

Et je demeure toujours très prudente face à ce mot, ainsi qu’envers les personnes qui l’emploient. J’en ai connu qui disaient : « nous sommes dans la spiritualité », à quoi je répondais : on peut être dans la boulangerie, dans l’informatique, dans le vente, spiritualité… connais pas.

Avoir de l’esprit, implique dans le langage courant une faculté, comme une remarque spirituelle, donc riche, drôle, imaginative, enlevée. Cela est l’acception couramment admise.

Concernant l’autre vision, je préfère largement me définir comme un être sur le chemin vers moi-même, poussé par le désir de me relier à Plus Grand que moi.

Et comme j’aime à me référer toujours à ces Archétypes intemporels, je reviendrai vers l’Impératrice du Tarot de Marseille qui nous enseigne que nous sommes là pour incarner l’Esprit dans la matière. Sans quoi notre quête n’aura pas de fondement.

Si nous sommes venus vivre les expériences de la vie, c’est pour accepter, expérimenter, aimer cette matière, ici et maintenant, bien enracinés dans la Terre. Et c’est la condition sine quoi non de toute évolution et de l’élévation vers ce que vous pouvez nommer comme bon vous semble, Dieu, la Source, l’Univers…

Être avec soi et les autres, cela implique vivre en conscience de qui nous sommes ou désirons devenir, échanger, partager, en admettant et respectant nos différences.

Laisser tout un chacun suivre son chemin, dans la tolérance et sans jugement. Et les aider quand ils nous sollicitent. S’ils ne demandent rien, ne surtout pas s’imposer, ne jamais forcer, laisser libre…

Juste se construire pour rayonner ce véritable état d’Être.

Alors voilà pourquoi ce blog ne s’adresse pas :

  • Aux « flottants au plafond », comme j’aime à les nommer, tant ils sont déconnectés de la matière. Avec pour corollaire que le désir et le matériel sont la source de toutes les souffrances
  • A ceux qui croient aux canalisations, messages des maîtres célestes, galactiques, aux prophéties et surtout à la divination
  • A ceux qui cherchent des méthodes infaillibles pour vivre dans l’abondance, acquérir le bonheur le plus intense et le plus durable possible ou les promesses d’un éveil, en huit étapes, clés en main, et… satisfaits ou remboursés, bien sûr…
  • A ceux qui veulent « ascensionner », passer dans la 5e 6e ou 8e dimension, atterrir sur Sirius ou ailleurs. « Nous sommes tous des poussières d’étoiles », et personnellement, cela me convient très bien.

Et vous ?

Ces intemporelles leçons de vie

Sagesses

La certitude et le doute

Un matin, le Bouddha était en compagnie de ses disciples quand un homme s’approcha.
– Dieu existe-t-il ? demanda-t-il.
– Il existe, répondit le Bouddha.
Après le déjeuner, un autre homme s’approcha.
– Dieu existe-t-il ? demanda-t-il.
– Non, il n’existe pas, répondit le Bouddha.
A la fin de l’après-midi, un troisième homme posa la même question.
– Dieu existe-t-il ?
– C’est à toi de décider, répondit le Bouddha.
Dès que l’homme fut parti, un disciple s’exclama, révolté :
– Maître, c’est absurde ! Pourquoi donnez-vous des réponses différentes à la même question ?
– Parce que ce sont des personnes différentes, chacune parviendra à Dieu par sa propre voie.
Le premier me croira.
Le second fera tout ce qu’il peut pour prouver que j’ai tort.
Le troisième ne croira qu’à ce qu’il choisira lui-même.

La joie et l’amour

Un fidèle demanda au rabbin Moche de Kobryn :
– Comment dois-je mener ma vie pour que Dieu soit content de mes actes ?
– Il n’y a qu’une voie : cherche à vivre avec amour, répondit le rabbin.
Quelques minutes après, un autre disciple posa la même question.
– Il n’y a qu’une voie : cherche à vivre avec joie.
Le premier disciple s’étonna :
– Mais le conseil que vous m’avez donné était différent !
– Bien au contraire, dit Moche de Kobryn. C’était exactement le même.

L’ombre et la lumière

Un vieil homme Cherokee apprend la vie à son petit-fils. «  Un combat a lieu à l’intérieur de moi, dit-il au garçon. Un combat terrible entre deux loups. L’un est mauvais : il est colère, envie, chagrin, regret, avidité, arrogance, apitoiement sur soi-même, culpabilité, ressentiment, infériorité, mensonges, vanité, supériorité et ego.
L’autre est bon : il est joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et foi.
Le même combat a lieu en toi-même et à l’intérieur de chacun. »
Le petit-fils réfléchit pendant une minute puis demanda à son grand-père : « Quel sera le loup qui vaincra ? »
Le vieux Cherokee répondit simplement :
«  Celui que tu nourris. »

Le chemin vers une liberté retrouvée

Parfois méprisé, souvent galvaudé, le pardon est un terme mal compris et associé à bon nombre d’idées reçues. Olivier Clerc, fondateur des Journées du pardon, suggère de redéfinir le sens du pardon pour le considérer comme un chemin vers la guérison intérieure.

Don du pardon

On a tous plus ou moins connu une expérience douloureuse qui a laissé en nous un tatouage d’amertume, de haine ou de souffrance qu’on croit indélébile. Il nous parait impossible de pardonner à l’auteur de ces blessures et de tourner la page. Ce serait bien trop facile, pense-t-on. Et puis à quoi bon pardonner ?

Pardonner c’est oublier, c’est céder, c’est cautionner son agresseur. Et si paradoxalement, le pardon était la voie vers la guérison et vers une liberté retrouvée ? Olivier Clerc anime des ateliers du pardon. Dans son nouveau livre, Peut-on tout pardonner), il ouvre la réflexion pour, peut-être, nous inviter à penser autrement. Top Santé l’a rencontré.

Vous invitez à repenser le terme de pardon, qui est selon vous, mal compris et mal interprété. Quelle est la vraie définition du pardon ?

Le mot pardon est entouré d’un flou considérable. Si vous interrogez les gens autour de vous, chacun aura une définition et une compréhension différente selon qu’il a eu une éducation religieuse, des parents athées ou psys. En fait il faut redéfinir ce qu’on entend par le pardon.

Pardonner c’est le chemin vers la guérison des blessures du cœur. Un cœur blessé a besoin d’un baume pour guérir et cicatriser les plaies dont suppure du poison émotionnel fait de haines et de ressentiment. On utilise le pardon comme un baume qui va nous aider à nous libérer de ces émotions négatives. Cette libération s’apparente à ce que j’appelle « une douche du cœur ».

Le pardon serait une question d’hygiène du cœur ?

Absolument. Le pardon lave notre cœur du « cholestérol émotionnel » qui encombre nos artères. Avec cette hygiène émotionnelle, on évite que notre cœur se dessèche. On réapprend à s’ouvrir aux autres sans être dans une position de vulnérabilité ni de victime. Au final, on parvient peu à peu à retrouver la capacité d’aimer.

Le pardon serait donc une démarche personnelle, indépendante du fait de pardonner à la personne qui a pu nous blesser ?

Entrer dans la démarche de pardon nécessite d’inverser notre rapport à celui-ci. Autrement dit on ne pardonne pas à quelqu’un mais on demande pardon. Cette inversion du processus du pardon correspond à l’approche que j’enseigne dans mon livre et que j’appelle « Don du pardon ».

Pourquoi demander pardon et non pas pardonner me direz-vous ? La nuance est importante. Elle insiste sur le fait qu’on doit se libérer de l’illusion que l’autre a le pouvoir de nous guérir. En fait la cicatrisation de nos blessures ne dépend que de nous.

Pour prendre un exemple, on ne va pas demander à celui qui nous a blessé le bras avec un cutter de venir nous soigner. Demander pardon, c’est un processus personnel qui vise à se libérer de l’intérieur, du jugement et de la prétention de vouloir pardonner.

Est-ce un processus forcément long ?

Cela varie d’une personne à l’autre. Pour certains, ce peut être instantané, pour d’autres cela prendra des mois ou des années. Ce travail de pardon est personnel mais peut se faire seul ou à plusieurs dans des groupes de pardon à travers les cercles de pardon que j’ai initiés par exemple. Une certitude, le processus sera d’autant plus long si on a une mauvaise conception du pardon et si on n’identifie pas les obstacles au pardon.

Quels sont ces principaux obstacles ?

Il en existe plusieurs. Par exemple on a tendance à penser que le pardon est religieux. Or on peut panser ses blessures quelles que soient ses croyances et sa philosophie. Le pardon ce n’est pas prier et espérer que la grâce spirituelle nous tombe dessus !

Un autre obstacle classique est de croire que le pardon est un cadeau fait à l’autre. Ou encore que pardonner revient à cautionner ou oublier ce que nous a fait l’autre. Or on peut tout à fait pardonner et entamer ce travail de guérison émotionnelle sans que cela conduise à accepter, cautionner ou excuser des actes qu’on juge intolérables.

Le pardon s’assimile à un yoga du cœur dont la pratique régulière apporte une grande force et beaucoup de courage.

Avez-vous un conseil simple à utiliser au quotidien pour pratiquer ce yoga du cœur ?

Chaque jour on peut faire ce travail de pardon en y consacrant un moment chaque soir avant de s’endormir. Pour cela, on récapitule mentalement ce qui s’est passé dans la journée pour évacuer tous les non-dits, les tensions, émotions négatives ou problèmes non résolus dans notre sommeil et s’endormir léger.

Par Emilie Cailleau pour Top Santé

Olivier Clerc Peut-on tout pardonne, éditions Eyrolles

 

 

 

 

Les clés de la guérison du cœur

Guérison du coeur

« Pardonne même à tes ennemis », « Si on te frappe sur la joue droite, tend l’autre joue » : lorsqu’on a été élevé dans la religion chrétienne, comme ce fut mon cas, ce sont des choses qu’on a entendues des centaines de fois. Bien : mais comment les appliquer ?

Comment puis-je pardonner quand je me retrouve personnellement confronté à une situation très douloureuse, voire traumatisante ?… On sait bien que le cœur n’obéit pas à la volonté et que vouloir pardonner ne marche pas. D’où le risque que je m’en veuille et que je culpabilise parce que je n’arrive pas à pardonner !… 

C’est Don Miguel Ruiz qui m’a offert ma première clé du pardon, au Mexique, en 1999. J’étais alors directeur littéraire chez Jouvence. Nous venions avec Maud Séjournant de créer la collection « Le Cercle de Vie » et j’avais traduit en français Les Quatre Accords Toltèques.

En partant rencontrer Don Miguel à Teotihuacan, je ne me doutais pas qu’il me ferait cadeau d’un rituel de pardon aussi simple que puissant, que j’ai nommé Le Don du Pardon. En moins d’une heure, il m’a fait franchir les quatre étapes croissantes de ce rituel :

  • Demander pardon aux autres.
  • Demander pardon au « diable » (à nos boucs émissaires, à nos projections négatives, à ceux qu’on juge responsables du mal sur Terre).
  • Demander pardon à « Dieu » (au plus grand que soi, à la Vie).
  • Enfin et surtout, se demander pardon à soi-même

La magie de ce rituel, c’est qu’il ne s’agit plus de pardonner, mais bien de demander pardon à chaque étape. Demander pardon à tout ce qu’on a utilisé comme prétexte à garder le cœur fermé, à rester dans la haine, le ressentiment, la rancune. Ce rituel nous restitue notre liberté d’aimer, il nous redonne notre pouvoir, il met fin à l’illusion de croire que ce sont les autres ou encore notre passé qui doivent à jamais déterminer l’état intérieur dans lequel nous sommes.

Le Don du Pardon guérit notre cœur, il en cicatrise les blessures… mais il ne nous empêche pas de faire preuve de discernement – d’utiliser aussi notre tête – pour déterminer pour chaque relation ce qu’il est sage de faire. Pardonner n’est pas cautionner. Pardonner n’est pas oublier. Pardonner n’empêche pas au besoin de faire un procès, mais dans un esprit de justice et non de vengeance. 

Puis, voici trois ans, j’ai découvert l’Ho’oponopono, ce formidable outil qui nous vient d’Hawaï et qui permet lui aussi de travailler sur le pardon, mais pas seulement. Il utilise en effet quatre phrases-clés : « Je suis désolé. Je te demande pardon. Je t’aime. Merci ».

Autrement dit, il allie le sens de la responsabilité et l’empathie (Je suis désolé), au pardon, à l’amour et à la gratitude. Comme le Don du Pardon, l’Ho’oponopono permet de guérir nos blessures et de transformer notre cœur et nos relations, par nous-mêmes, même en l’absence des personnes concernées. Il nous restitue aussi notre responsabilité et notre liberté intérieure.

Plus récemment encore, je suis tombé sur le livre de Colin Tipping Le pouvoir du pardon radical qui propose encore une manière différente d’aborder le pardon. Colin Tipping s’occupe depuis plus de 15 ans de personnes en fin de vie. Quand il ne nous reste plus que quelques mois ou semaines à vivre, et que la question du pardon prend une importance cruciale pour mourir en paix, il n’est plus temps de tergiverser, plus temps de remettre à un lendemain  hypothétique la guérison des blessures de notre cœur. C’est maintenant ou jamais.

Du fait de cette pression du temps, il s’avère possible d’entreprendre ce travail radical sur le pardon que propose Colin Tipping, et qu’en d’autres circonstances on refuserait peut-être. Que dit Colin ? Qu’on peut accéder à une compréhension élargie des choses où nous discernons soudain comment nous avons attiré toutes nos expériences, y compris les plus douloureuses, car elles étaient nécessaires à notre évolution et même à notre guérison.

Dès qu’on accède à cette compréhension, le jugement d’autrui et sa condamnation disparaissent… tout comme le besoin de pardonner. Si l’événement n’est plus perçu comme une offense, il n’y a plus lieu de pardonner. Radicale, cette approche l’est à n’en pas douter : elle vise effectivement à aller jusqu’à la véritable racine de notre souffrance et de ses causes
(radix = racine). 

Jésus disait d’ailleurs « Moi, je ne juge pas ». Et sur la croix, il n’a pas dit « Je vous pardonne, car vous ne savez pas ce que vous faites », mais bien « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Même lui a fait appel à plus grand que soi pour le pardon.
Quelle leçon immense il y a là ! 

Olivier Clerc

Olivier Clerc Le don du pardon – Un cadeau toltèque de Don Miguel Ruiz Guy Trédaniel
Colin Tipping Le pouvoir du pardon radical Guy Trédaniel

http://www.olivierclerc.com/

 

 

 

Le pardon : le plus grand cadeau à offrir aux autres… ou à soi-même

Pardon

Lorsqu’on cherche un cadeau à offrir, il en existe une catégorie qu’on néglige parfois, alors qu’ils sont gratuits et immensément appréciés. Ce sont bien sûr des présents d’amour, de gentillesse, de bonté, et autres qualités. Voici 16 ans, il m’a été fait don d’un merveilleux cadeau de ce genre, par Don Miguel Ruiz, l’auteur des Quatre Accords Toltèques, un livre que je venais de traduire et de publier en français. J’ai appelé ce cadeau le Don du Pardon.

Au cours d’un atelier d’une semaine au Mexique, de manière tout à fait inattendue, Don Miguel m’a fait vivre un rituel de pardon devant tout notre groupe. À mon étonnement, il ne m’a pas invité à pardonner à ceux qui m’avaient fait du mal au cours de ma vie. Il m’a au contraire invité à faire plusieurs demandes de pardon successives, en quatre étapes, culminant par le plus difficile : me demander pardon à moi-même, pour tous les jugements que je portais impitoyablement sur moi-même.

Arrivé au bout du processus, j’ai vécu une expérience paroxystique : mon cœur s’est ouvert, enfin libre du ressentiment, des griefs, de la colère et de la haine qui avaient fini par l’étouffer à moitié, depuis bien longtemps. J’ai eu l’impression de vivre une renaissance, tandis que mon cœur et mon corps étaient traversés d’une nouvelle énergie non entravée.

Au-delà de ce moment unique, il m’a été fait don d’un outil que j’ai pu utiliser à de nombreuses reprises pour garder un cœur ouvert et ne plus laisser des sentiments négatifs l’obstruer progressivement. Mais, surtout, j’ai pu partager oralement ce rituel avec de nombreuses personnes qui, à leur tour, ont pu en bénéficier tout autant que moi.

Après dix ans de maturation, j’ai finalement suivi le conseil de Miguel Ruiz en couchant par écrit cette expérience, pour en faire un petit livre qui permette de partager ce Don du Pardon avec beaucoup plus de gens.

Alors, qu’est-ce qui rend ce Don du Pardon si spécial ?

C’est en réalité un renversement complet de notre approche habituelle du pardon. Bon nombre d’entre nous ont appris durant l’enfance qu’il fallait « pardonner à ses ennemis », voire « tendre l’autre joue », mais il s’avère en réalité bien difficile d’agir ainsi. Vouloir pardonner à quelqu’un suffit rarement.

Les sentiments n’obéissent pas à la volonté : ils ont leur vie propre. De plus, on peut avoir le sentiment d’être dans son bon droit, et qu’au fond l’autre ne mérite pas notre pardon. On se sent même supérieur à lui. Je suis bon ; lui est méchant.

La pratique du Don du Pardon inverse totalement notre perspective. Nous ne siégeons plus sur le trône de notre bon droit. Nous n’essayons plus de déterminer s’il faut ou non faire preuve de largesse et pardonner à ceux qui nous ont fait du tort. Au contraire, nous prenons conscience de nos propres jugements.

Nous réalisons que ces derniers nous ont conduits à fermer notre cœur et ainsi à nous faire encore plus de mal, en prenant les actes d’autrui comme justification à notre enfermement. Alors, nous leur demandons pardon, au lieu de chercher à leur pardonner.

En agissant de la sorte, on passe de l’orgueil à l’humilité. On descend de notre tour d’ivoire, et quelque chose s’ouvre soudain en nous. En nous libérant de notre armure et de nos griefs, nous retrouvons la liberté et la capacité d’aimer pleinement.

Comme le dit Don Miguel : la partie la plus importante du pardon ne concerne pas les autres ; elle nous concerne nous, ainsi que les jugements sans merci que nous portons si promptement sur nous-mêmes. (« Je ne me pardonnerai jamais d’avoir dit… été… fait… cela ! »)

Depuis que j’ai découvert ce rituel, je ne cherche plus à me pardonner pour ce que j’ai pu faire ; au lieu de cela, je me demande humblement pardon de m’être jugé. Et sitôt que je le fais, tout l’acte d’accusation et les charges qui pèsent contre moi se dissolvent et disparaissent.

L’objectif principal du Don du Pardon est de restaurer le débit maximal d’amour à travers notre cœur, que nous avons laissé se réduire – voire se geler – à la suite des souffrances que nous avons vécues. Sitôt que nous cessons d’aimer, nous sommes les premiers à en souffrir. On devient froid, sec, sur la défensive. On perd une part de notre joie naturelle. Le pardon nous protège de cet écueil.

Alors, pourquoi ne pas offrir l’occasion d’une renaissance à notre cœur, en faisant don aux autres comme à soi-même de ce Don du Pardon, l’une des clés de la guérison du cœur ?

Olivier Clerc Le don du pardon – Un cadeau toltèque de Don Miguel Ruiz Guy Trédaniel

Croître ensemble, progresser l’un par l’autre

Croître ensemble

L’acte sexuel peut donc être dissocié du mariage sans attirer pour autant la condamnation. Mais la voie normale passe par l’amour durable entre un homme et une femme, l’amour conjugal. L’amour est en lui-même un aspect de la voie : croître ensemble, progresser l’un par l’autre.

Malheureusement un amour conjugal réussi est, aujourd’hui, très rare. Si cet accomplissement est possible, il n’est pas probable. Tous les mariages ne sont pas des échecs mais bien peu ont une valeur suprahumaine et ont apporté tout ce qu’au fond d’eux-mêmes l’homme et la femme en attendaient.

Il n’y a sexualité parfaite que dans l’amour parfait, celui auquel rien ne manque, celui qui nous engage et nous anime entièrement, sans aucune frustration ou insatisfaction sur quelque plan que ce soit. La relation conjugale, la relation entre l’époux et l’épouse est la plus complète et la plus riche.

Une femme devrait être pour son mari tout ce que l’homme attend de la femme. Un époux devrait être pour son épouse tout ce que la femme attend des hommes. L’épouse doit être à la fois une maîtresse, une sœur, une mère, une fille, une amie, une infirmière, une associée et un juge ; l’époux, un amant, un frère, un père, un fils, un ami, un infirmier, un associé et un juge.

Toutes les relations possibles entre un homme et toutes les femmes, entre une femme et tous les hommes, sont réunies — ou devraient l’être — dans le couple. Le meilleur critère pour savoir si l’on s’aime et si on peut valablement se marier est de se demander honnêtement si toutes ces conditions sont remplies.

Sinon l’homme gardera toujours quelque part en lui la nostalgie de la maîtresse passionnée, possédant les attributs érotiques qui l’attirent le plus subjectivement et le plus intimement; la nostalgie de la femme camarade avec qui on peut être complice, parler, rire, partager ; de la femme mère qui sait servir, réconforter, consoler, rassurer; de la femme fille qu’il puisse protéger, guider, enseigner, à qui il puisse faire découvrir le monde et ses richesses ; de la femme sœur, qui partage ses rêves, dont il sent qu’elle et lui ont des affinités profondes, font partie de la même famille, qui lui donne la tendresse paisible et l’affection ; de la femme associée, qui comprend ses problèmes professionnels, l’aide et partage ses activités ; de la femme qui soigne, qui panse, qui secourt; de la femme en qui il a confiance pour l’aider à progresser, pour l’aider à se voir tel qu’il est, pour lui dire lucidement : « C’est ainsi » ou : « Ce n’est pas ainsi. »

Si une de ces femmes manque en la sienne, ou bien il la cherchera consciemment ailleurs, ou bien il niera, refoulera son regret et il la cherchera inconsciemment ailleurs. Il reprochera à son épouse de ne pas être aussi celle-là et son don à elle dans l’union sexuelle ne sera jamais parfait. Inversement, il en est exactement de même en ce que la femme doit trouver chez son mari.

Il semble qu’aucune femme et aucun homme ne soit assez complet pour assumer toutes ces tâches (dharma). En fait, un conjoint les accomplira d’autant mieux qu’il est plus libre intérieurement et son partenaire le ressentira d’autant mieux qu’il est lui-même aussi plus libre de sa subjectivité et de son mental.

L’époux et l’épouse doivent remplir l’un pour l’autre ces différentes fonctions. Mais celles-ci devraient être impersonnelles : la mère, la sœur, la fille. Plus le conjoint attend inconsciemment une certaine mère particulière, une certaine sœur, une certaine fille, moins il y a de chance, en effet, que son attente soit satisfaite.

La loi du mariage est la loi générale de l’être et de l’avoir : je suis un mari, et non pas : j’ai une femme. Ou encore : je suis son mari, et non pas : c’est mon épouse. Seuls peuvent obéir à cette loi des êtres libres et adultes. Tant que : « je t’aime » signifie « aime-moi », aucun mariage heureux et durable n’est possible. Une exigence infantile est condamnée à être déçue…

Arnaud Desjardins, extrait de Les chemins de la sagesse

 

Cinq critères d’un couple véritable

Swâmiji m’avait un jour énoncé cinq critères grâce auxquels on peut reconnaître la valeur profonde d’un couple. Ces cinq critères sont en fonction d’une durée, d’un chemin à suivre ensemble : to grow together, croître, grandir, s’épanouir ensemble, progresser sur la voie de la maturité, de la plénitude.

Couple vrai

Feeling of companionship Le sentiment d’être des compagnons

Le premier de ces critères est le sentiment d’être deux compagnons. Avoir un compagnon, c’est ne plus se sentir seul(e). Il y a quelqu’un à mes côtés qui me comprend, avec qui j’aime échanger, avec qui j’aime partager, avec qui j’aime agir, faire les choses ensemble.

Le mari ou la femme doit être aussi notre meilleur ami. L’épouse doit pouvoir jouer pour le mari tous les rôles qu’une femme peut jouer pour un homme ; et le mari doit pouvoir jouer pour sa femme tous les rôles qu’un homme peut jouer pour une femme. L’homme — ou la femme — se sent comblé et n’éprouve plus la nostalgie de trouver ailleurs ce qui ne lui manque plus.

Si ce sentiment d’avoir trouvé un véritable compagnon existe, il s’enrichit avec les années, avec les expériences partagées, avec les souvenirs, contrairement à la passion amoureuse ordinaire condamnée à perdre son intensité comme un feu qui se consume et s’éteint.

At easeness Être à l’aise

Le deuxième critère est encore plus simple. Aisance : le fait que les choses soient faciles, aisées. On se sent bien. C’est une relation qui ne nous amène pas à gaspiller une grande quantité d’énergie en émotions. Or, trop souvent, dans la fascination amoureuse, il y a émerveillement, il y a des moments intenses, mais il n’y a ni aisance ni facilité ; ou encore une certaine facilité de relation s’établit mais dans la routine, dans la monotonie et il reste au cœur un manque.

Two natures which are not too different
Deux natures qui ne soient pas trop différentes

Il est normal qu’il y ait une différence et une complémentarité entre un homme et une femme. Nous ne trouverons jamais notre alter ego : un autre nous-même qui, à chaque instant, soit uniquement l’incarnation de notre projection du moment. Nous ne trouverons jamais une femme qui sera toujours exactement ce que nous voulons, aura toujours exactement l’humeur ou l’état d’âme que nous souhaitons, l’expression ou le timbre de voix que nous espérons et prononcera les mots que nous attendons — jamais. Et cela, il faut le savoir.

C’est une demande infantile, indigne d’un adulte, destructrice de toute tentative de couple, de vouloir que l’autre soit uniquement le support de mes projections et réponde à chaque instant à ce que mécaniquement je demande. C’est une illusion que vous devez réussir à extirper. L’autre est un autre. Et, même si une communion s’établit, l’autre n’aura jamais notre inconscient, notre hérédité. Il y aura toujours une différence.

Mais si les natures sont trop différentes, aucune vie commune n’est possible et cet amour sera battu en brèche par la réalité. Les cas extrêmes vous paraîtront évidents. Si un homme est plutôt solitaire, aime les longues marches dans la campagne, la vie dans la nature, et qu’une femme ne rêve que de mondanités et de réceptions, il est certain que les natures sont trop différentes. Malheureusement, cela n’empêche pas de tomber amoureux.

Deux natures qui ne sont pas différentes, cela n’existe pas. « Deux natures qui ne soient pas trop différentes », sinon l’entente est au-dessus de nos capacités respectives. Il faudrait être bien plus avancé sur le chemin de la liberté intérieure pour pouvoir former un couple paisible avec un partenaire dont la nature est radicalement différente de la nôtre. La fascination amoureuse ignore superbement l’incompatibilité de deux natures.

On croit de bonne foi pouvoir s’aimer mais il n’y a pas de possibilité d’une véritable entente. La complémentarité de l’homme et de la femme repose sur la différence mais elle repose aussi sur la possibilité d’association, d’imbrication, de complicité.

Complete trust and confidence Une foi et une confiance totales

Bien sûr, beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui sont blessés jusqu’au fond de l’inconscient par des trahisons passées vécues dans l’enfance ou la petite enfance. Ce genre de blessure ne facilite pas la communion, l’approche ouverte, le don mutuel de soi dans l’amour.

Est-ce que cette personne a su m’inspirer une réelle confiance ? Du fond de moi monte ce sentiment : elle peut faire des erreurs, elle peut se tromper, elle peut même accomplir une action qui me créera une difficulté momentanée mais elle ne peut pas me faire du mal. Fondamentalement, ce qui domine, c’est cette certitude.

Le mariage ne peut pas être une voie spirituelle vers la sagesse si cette confiance et cette foi n’existent pas, si vous vivez dans la peur. Vous avez à être plus forts que votre infantilisme et à ne pas détruire vous-mêmes une relation précieuse par une méfiance qui n’est en rien justifiée. Il faut que les partenaires ne soient plus totalement infantiles, aient une certaine compréhension de leurs propres mécanismes et décident de les dépasser, d’être plus adultes.

Seule cette confiance complète élimine le poison de l’amour, la jalousie. Je ne dis pas que c’est un vice ou un péché, c’est une émotion particulièrement infantile dans laquelle le mental invente ce dont il n’a aucune preuve. Rien n’est plus destructeur de l’amour que cette jalousie.

Strong impulse to make the other happy
Une forte impulsion à rendre l’autre heureux

Ce critère exige une approche adulte du couple. La demande d’être heureux grâce à un autre est naturelle, normale, légitime chez un homme ou une femme qui n’a pas encore atteint le bout du chemin et qui se sent encore incomplet. Mais il y a une manière tout à fait égoïste de vouloir rendre l’autre heureux, dans laquelle l’autre n’est pas vraiment en question.

C’est l’autre tel que je le vois à travers mes projections, mes demandes à moi, que je cherche à rendre heureux en lui offrant ce que j’ai envie de lui offrir, en faisant pour lui ce que j’ai envie de faire, et sans tenir compte de ses véritables demandes. On ne peut sentir ce dont L’autre a vraiment besoin que si l’intelligence du cœur est éveillée.

Ce bonheur est aussi une réalité simple, quotidienne, faite d’une accumulation de petits détails, et pas seulement de s’entendre dire « je t’aime ». Un être a besoin de respirer à chaque minute, et il a besoin de respirer l’amour tous les jours. Cette envie de rendre L’autre heureux ne se fabrique pas artificiellement, elle est là ou elle n’est pas là.

« Une forte impulsion à rendre L’autre heureux » est un sentiment permanent : « J’existe pour lui, que puis-je faire pour lui ? » Cette intelligence du cœur s’éveillerait très naturellement si les émotions ne venaient pas corrompre la possibilité d’un véritable sentiment.

Ces critères sont simples. Mais, s’ils sont réunis, tous les autres en découlent, y compris l’entente sexuelle.

Arnaud Desjardins Extrait de Pour une vie réussie, un amour réussi

http://www.svami-prajnanpad.org/index.html

Pour une vie réussie, un amour réussi

Couple

Le mariage est une union sacrée et pourtant, en Occident actuellement, on se marie, on se sépare, on change de partenaire, on divorce avec beaucoup de désinvolture et ceux qui restent ensemble ne sont pas pour autant heureux.

L’explication tient sans doute dans le fait que nous confondons la fascination amoureuse, la passion qui illumine un instant l’existence mais qui ne résiste pas aux années, avec l’Amour.

Il y a cinq critères qui permettent de savoir si deux êtres sont « faits l’un pour l’autre » et si leur union les conduira au bonheur, à l’amour éternel et non à la souffrance, aux brouilles, aux réconciliations, à ces amours agitées, meurtries, douloureuses qui durent parce qu’on n’a pas le courage de les rompre et qui n’apportent rien de ce à quoi aspire celui qui est engagé sur le Chemin de la Sagesse, la paix, la sérénité, la stabilité intérieures, la possibilité de s’épanouir et de communier véritablement.

Cette communion, qui est la culmination de l’amour ou du couple s’établit au cours des années et conduit à un accomplissement qui n’est pas banal : « une seule âme et une seule chair ».

La fascination amoureuse ne conduit jamais à cette véritable communion ; elle engendre une illusion de non-dualité qui maintient la séparation. Dans la mesure où cette non-dualité, cette véritable communion – un avec – peut s’établir entre l’homme et la femme, le mariage a été considéré comme une voie spirituelle, autant que la voie monastique.

Une relation de couple durable est un chemin qui conduit à la purification des émotions et à un effacement de l’ego. C’est une voie vers la destruction du mental, manonasha, et la purification du psychisme, chitta shuddhi.

Il existe deux types d’attraction sexuelle :
– l’attraction sexuelle immédiate, de surface, fondée sur les attributs érotiques purement physiques et qui ne conduira jamais qu’à une sexualité limitée.
– une autre attraction qui ne cessera de grandir et qui peut conduire à des sommets de vie érotique, qui est basée justement sur la satisfaction des cinq critères (à lire dans l’article suivant)… 

Cette attirance vient de la profondeur de l’être et non plus seulement de la fascination de surface. Elle conduira aisément à la fidélité. Sauf rares exceptions, un couple durable ne peut unir que deux êtres humains suffisamment adultes.

Car pour « faire », dans quelque domaine que ce soit, il faut « être ».

Une des grandes illusions de l’être humain est de tenter de changer sa manière de faire sans changer son être.

Pour changer son être, il faut d’abord comprendre et se comprendre. « Vous ne changerez pas ce que vous n’avez pas vu, ce que vous ne connaissez pas et que vous n’avez pas compris. » Autrement dit, un commencement de maturité sur la Voie, un commencement de sagesse, un peu moins d’infantilisme, un peu moins de vulnérabilité émotionnelle sont nécessaires pour réussir une vie à deux.

Celui qui veut rencontrer l’amour, le vrai, celui qui dure, doit comprendre que la première démarche c’est de changer suffisamment pour être digne de cette rencontre. Il faut se préparer, se libérer des comportements mécaniques, si on ne veut pas aller d’échec en échec.

La relation de couple, vue sous cet angle est donc un « Chemin » qui mène à la plénitude, à l’Amour et qui permet non seulement de « croître ensemble » mais aussi de croître ensemble dans la relation avec les autres. C’est donc une Voie spirituelle équivalente à la Voie monastique…

Arnaud Desjardins Extrait de Pour une vie réussie, un amour réussi

 

La voie brûlante de l’Amour

Conscience pure

C’est par la conscience que nous pénétrons au cœur de la vie. C’est elle qui perçoit avec clarté et force, sans juger, sans exiger, sans figer ou tendre vers un but. Il nous faut découvrir cet observateur silencieux de nos pensées, de nos sentiments, de nos tensions, de nos souffrances, et comprendre que c’est l’esprit seul qui bloque ce flux naturel en s’y identifiant au point qu’il ne laisse plus aucun espace.

Nous devons permettre à la conscience d’apparaître à chaque mouvement de notre intériorité et d’entrer au cœur de chaque évènement qui se présente. C’est elle qui nous dévoile la réalité et nous fait accéder à ce que la vie a de plus profond. Lorsque nous vivons en pleine conscience le silence du jour qui se lève, souligné par le trille mélodieux d’un merle, nous sommes au cœur de l’absolu.

Lorsque nous regardons la beauté simple et reflétons son harmonie, lorsque nous ressentons le lien qui nous unit au cosmos, nous exprimons la vie. Tout ce qui vient à nous est une manifestation de l’énergie pure : nos joies, nos chagrins, nos rencontres, les choses les plus banales, les gestes quotidiens les plus anodins.

Tous les phénomènes qui s’offrent à notre regard, à notre écoute, à notre contact, sont l’absolu qui se révèle. Voir ainsi, juste avec la conscience, sans l’interférence des pensées qui parasitent la perception pure, rend la vie plus vivante, moins terne. Tout devient radieux autour de nous, plus expressif, les couleurs des fleurs, les chants des oiseaux…

« Voir ainsi est amour. Tout autre regard reste en surface… », nous dit Krishnamurti. L’amour, c’est l’espace de la vie, silencieux, libre, sans cause et sans but. C’est l’énergie de l’univers, intemporelle, impersonnelle, qui se meut en elle-même, sans direction. Nous l’incarnons lorsque nous épousons le mouvement de la vie, lorsque nous nous abandonnons à sa totalité et offrons à tous ceux que nous côtoyons notre espace de paix.

L’amour n’est pas un sentiment envers quelqu’un, encore moins un attachement. Il n’est pas l’expression de l’ego, ne résulte pas d’un processus mental. Nous le rencontrons à chaque seconde de notre existence si nous savons regarder. Il est au creux d’un regard saisi, d’une conversation anodine.

Il s’exprime dans chaque petite chose ordinaire, dans la tendresse de nos gestes, dans la patience de notre écoute, dans la douceur de nos paroles, dans la simplicité de notre esprit. Il est dans le respect du chemin de chacun, dans l’attention sensible à la souffrance des autres, dans le soin à un corps affaibli, dans l’acceptation de l’impermanence au cœur des êtres et des choses.

Il n’y a rien de personnel à vouloir. La vie est son propre but. Elle s’expérimente elle-même lorsqu’elle suscite des occasions, propose des situations, place des évènements sur notre parcours terrestre. Elle se révèle à elle-même là où nous nous trouvons. C’est l’intelligence contenue dans cette énergie universelle qui réalise en nous selon son intention, qui nous porte selon son dessein, sans que nous n’ayons rien de particulier à faire, si ce n’est calmer notre vacarme mental.

Nous sommes si ignorants que nous croyons que nous avons le pouvoir de programmer notre existence ! Nous ne nous posons jamais la question : qu’est-ce que la vie attend de moi pour pouvoir se réaliser ? Non, nous nous disons : je veux faire ceci de ma vie. Mais tout peut arriver… et arrive !

Nicole Montinéri

Extraits du livre Déraciner la souffrance

http://www.laconscience-espace.com/index_fr.html