L’Impératrice

Assise sur son trône couleur chair (nous nous accomplissons dans notre corps), avec deux colonnes qui ressemblent à des ailes, elle tient un sceptre, une référence à l’élément Feu, l’énergie, dont elle possède la maîtrise.

L’Impératrice est enceinte des œuvres de l’Esprit car son rôle premier est de le faire descendre dans la matière, spiritualiser celle-ci, la féconder. Elle manifeste l’Esprit dans la matière, fait passer les concepts de l’invisible au visible, accueille les intuitions créatrices.

Sous son bras, un aiglon, encore trop petit pour voler, elle le couve pour qu’il puisse se transformer en aigle, symbole de la vision haute et claire, de la lucidité, la capacité à se connaître.

Si je me connais, je comprends mieux les autres. Dans cette acception, l’Esprit est très proche de la Conscience et il s’offre à nous par étapes :

  • L’idée, la prise de conscience
  • La formuler, la définir pour soi, verbaliser son projet. Ce qui est nommé est déjà en cours de l’incarnation
  • Passer à l’action, poser les actes, concrétiser. Prendre le temps pour mettre au monde, celui de la gestation. C’est pour cela aussi que L’Impératrice est enceinte.

Bien que femme et féconde, elle a le cou marqué par la pomme d’Adam, qui la rend androgyne, lui permet de concilier le yin et le yang en elle. Le petit trait c’est le symbole de la lettre hébraïque Yod, Dieu incarné dans la matière.

La gorge, lieu d’expression d’où sort la parole fécondante car  L’Impératrice est une créatrice et une co-créatrice du plan Divin. Elle manifeste la joie de l’expression, de la communication, de la créativité, la joie de vivre.

Les rois et les reines oints (qui ont  reçu une onction sainte), étaient élevés par ce sacre. J’en parlerai davantage au sujet de l’Empereur mais dans ces temps anciens, comme dans L’Égypte des pharaons, ceux qui gouvernaient un pays, motivés par la notion du service, s’isolaient souvent pour se recueillir, prier, honorer Dieu afin de recevoir la guidance.

Le  mal-vécu de L’Impératrice peut se manifester par une confusion mentale, un manque de concentration et du discernement, la difficulté à rassembler et exprimer ses idées, ainsi que par celle de poser l’acte, mettre au monde un projet.

Les maladies liées à la gorge et à la thyroïde. L’énergie bloquée qui provoque le mal-être.

Je conclurai par mon laïus habituel : ici encore, ce ne sont que quelques généralités de cette Lame qui ne sera jamais vécue de la même façon par différentes personnes.

La place qu’elle occupera dans un thème, comme ses interactions avec d’autres Arcanes déterminera aussi ma manière de l’interpréter.

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10 réflexions sur “L’Impératrice

  1. PS : pour moi cette lame symbolise la colonne de la rigueur , féminin et Aimante. C’est la puissance de la féminité dans son sens le plus noble. L’Impératrice opère sur l’invisible au plan astral et vibratoire. C’est beaucoup de non dit. C’est le secret de la terre qui couve en son obscurité la graine, qu’elle nourrit en secret. C’est l’intime. C’est aussi la prochaine naissance. C’est la beauté de la vie souterraine.
    Certaines « choses » ne doivent pas voir le jour avant l’heure, sous peine de mourir avant d’avoir vécu. C’est pour cela que la discrétion est de mise ; pour ne pas déflorer l’accomplissement personnel de chacun. C’est le respect d’un rythme, c’est le respect de … VIE en toi en moi en l’autre. La vie a ses mystères qu’il ne faut pas violer.
    Oh !! Tu vois Elisabeth, comme ma tendresse coule vers toi et t’inonde, je ne sais pas pourquoi.

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  2. C’est la seule lame qui m’a interpellée par l’entrée négative. J’y ai retrouvé là ma mère, ma famille (confusion mentale, manque de concentration et du discernement, difficulté à rassembler et exprimer ses idées, ainsi que par celle de poser l’acte … alors pour le projet, n’en parlons pas !) J’étais un crabe du panier, alors je ris en prenant les petits crabes et en les remettant un à un à leur mer, avec tendresse. C’est tout.
    Et curieusement, là où j’ai choisi d’aller, on parle d’un certain devoir non imposé. La notion de service y est une principale, une de celles que quand elle n’est pas là tout le reste s’effondre et ce n’est plus la peine.
    Nous avons tous un nœud quelque part et le mien est tapi dans la gorge. Je le sens s’activer à chaque respiration, quelle que soit celle que je sollicite (le corps, l’âme, l’esprit). Apprendre à vivre avec ses limites je sais qu’on en a tous et que certains talons sont très abîmés (abîmés, l’abîme se révèle alors par intermittence selon la remontée ; chaque prise de conscience et chaque éclairage le réduit peu à peu ; nous en sommes tous là alors soutenons-nous.
    Chanter la joie de vivre si morte à l’intérieur. Travail en arrière-plan dans le secret. Car la prise de conscience et l’idée n’étaient pas qu’en germe. Cela a foisonné très vite en buisson. Formuler, définir, tailler, faire grandir … Il se trouve en plus que ma famille d’esprit, de choix, de coeur est discrète non par pudeur, mais surtout parce que l’on considère que le chercheur qui le voudra trouvera et qu’il se rendra de lui-même où il faut. Ne pas parler de ses amis sans leur consentement. Ne pas parler non plus d’expérience difficile à formuler. Oui, la recherche se fait dans la chair et passe par la psyché, entre les deux colonnes ou de l’une à l’autre en alternance et elle tend à réveiller l’esprit. Vie de cherchant en voie de fécondation, tendue vers l’invisible, manifestée par les échanges et le vécu avec les pairs. Il y a comme une intimité à cacher là, comme pour la protéger. L’aiglon est là qui attend sans intention de sortir en vie « profane » les outils du sacré. L’antichambre et la chambre du seuil le protègent. Ce qui y a été fait est porté et il n’y a que par cet intermédiaire dans ce cas-là que les aimés et le monde peuvent en bénéficier. C’est un vraiment Bien-Fait mais je n’en suis que le gardien-dépositaire, à moi de le faire fructifier, rejaillir sur autrui. En parler c’est comme si je coupais la tige pour en voler le suc.

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    • Chère Prunelles, tu as très bien décrit le mal-vécu de cette Lame, que j’effleure à peine. Il m’est presque insoutenable de lire cette phrase : « parfois j’ai l’impression d’être si morte à l’intérieur, et ce depuis si longtemps que j’en ai oublié l’origine »…
      Mais elle est suivie de ce celle sur le travail de prière et de méditation que tu fais et sur cette corde d’argent qui relie ton âme à l’invisible.
      Ta capacité d’expression existe bel et bien, déjà dans tes écrits, dans tes magnifiques poèmes dans ta communication avec la nature.
      Que tu sois lente, ce n’est pas un problème, à chacun son rythme extérieur et intérieur.
      Et tu as bien compris le caractère sacré de ce que l’Impératrice garde en soin sein. Reste donc cette gardienne-dépositaire, qui le fait fructifier et rejaillir sur autrui.
      Tendresses à toi

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  3. ps : je précise : quelque chose d’inné ne l’est jamais ad vitam aeternam
    je veux dire qu’il faut aussi le consolider, l’oublier pour mieux s’en souvenir, pour le graver profondément,
    ce n’est pas quelque chose de stable mais de vivant qui s’approfondit, qui se fait sentir davantage à certains moments, puis qui s’éloigne sans jamais être hors de portée
    et ce n’est pas parce que c’est inné qu’on s’en sert, mais c’est quand même mieux de s’en servir c’est pour ça que j’ai d’abord dit « pourrais être »
    et en écrivant ces mots je prends conscience de quelque chose d’éminemment personnel que je ne peux dire ici, et je ne peux que te dire merci pour cela !

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    • Très touchée Marie, encore une belle réflexion. Qui me fait penser à ces paroles de la Bible « Qu’as tu fait de tes talents ? ».
      Rien n’est permanent ni stable et la seule chose qui ne change jamais est que tout change…
      A nous de cultiver la graine pour qu’elle pousse dans un sol fertile.
      Heureuse pour cette prise de conscience, le Tarot est d’une aide immense pour cela.
      Merci encore, Marie.

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  4. ah ben je comprends pourquoi je ne la sépare pas de la papesse : à un autre niveau, elle a le même rôle
    à elle aussi l’enseignement non pas des premiers pas, mais des premiers mots
    femme de pouvoir, elle reste repère, plus en avant que la papesse tout en ayant volonté de s’effacer quand l’enfant saura ce qu’il a à savoir …
    oui, pour cette carte aussi, peu de mots, et une évidence : je pourrais aussi bien être la papesse que l’impératrice… non, je le suis déjà dans ma vie, mais c’est quelque chose d’inné chez moi, quelque chose qui vient de loin
    sourire

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    • Alors tu vis d’abord l’Archétype de la Mère, dans le sens large du mot.
      Certes, l’Impératrice est enceinte mais elle l’est des œuvres de l’Esprit qu’elle incarne dans la matière.
      Et ce quelque chose d’innée est peut-être ta capacité d’expression et de la créativité dont tu fais preuve tous les jours…
      Aussi en venant partager ici à ma grande joie. Merci, Marie, ton prénom évoque aussi notre Grande Mère Divine.

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